LA POÉSIE DU JEUDI con José Agustín Goytisolo y Paco Ibañez


chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Le mois espagnol a commencé chez Sharon et si je n’ai pas publié dimanche la recette de mes « magnifiques » empanadas (je le ferai dimanche prochain), je ne pouvais pas passer à côté de la poésie espagnole qui m’a autant nourrie que la française. Je vous présente aujourd’hui un poète moins connu que Federico Garcia Lorca ou que  Antonio Machado, Pablo Neruda. C’est Paco Ibañez, chanteur engagé contre toutes les dictatures, ami des poètes qui l’a fait connaître et lui a consacré un album entier en 2004, je vous le mets en V.O (pour la chanson) et je vous offre « ma » traduction (avec ce qu’il me reste d’español) (les puristes m’excuseront) de cette version raccourcie de Paco Ibañez. Qui ne vaudra jamais la version originale mise à la fin dans son intégralité. José Agustín Goytisolo est mort défenestré en 1999, il s’agit vraisemblablement d’un suicide mais sa famille a soutenu la thèse de l’accident.a José Augustin Goytisolo

Ont poétisé avec moi aujourd’hui  et je les en remercie d’autant plus qu’en avril, il y a eu 5 jeudis qui en ont perturbé certains…. :

1 – Nadael : une cité idéale de Georges Perec
2 – Monesille : Le vaisseau d’or d’Emilie Nelligan
3 – Valentyne : Où est le rêve et où est la réalité d’Antonio Machado.
4 – Soène : La rose thé de Théophile Gautier
5 – Mademoiselle La Démone : Le défilé des bonbons de Corinne Albaut
6 – Modrone-Eeguab : Les feuilles mortes de Rémy de Gourmont.
7 – Sharon : Romance de la garde civile espagnole de Federico Garcia Lorca, tiré du recueil Romancero Gitano.
8 – Lylouanne : Poème extrait des Chants du crépuscule, de Victor Hugo.

DES MOTS POUR JULIEa poésie julia ne pas se retournerTu ne peux revenir en arrière
Parce que la vie te pousse à avancer
Dans un hurlement interminable,
Interminable.

Tu te sentiras prise à la gorge
Tu te sentiras perdue, ou seule
Au point de souhaiter  ne jamais être née,
Ne jamais être née.

Et puis, souviens-toi toujours
De ce qu’un jour j’ai écrit
En pensant à toi, en pensant à toi,
Comme j’y pense maintenant.

La vie est belle et tu verras
En dépit des choses qui pèsent
Tu auras des amis, tu trouveras l’amour
Viendront des amis…a poésie amitiéUn homme seul, une femme
Pris ainsi, un par un
Sont comme la poussière, ils ne sont rien
Ils ne sont rien…a poésie un homme une femme sous la pluieEt puis,  souviens-toi toujours
De ce qu’un jour j’ai écrit
En pensant à toi, en pensant à toi,
Comme j’y pense maintenant.

Les autres espèrent que tu sois forte
que  ta joie les porte,
et les aide ta chanson parmi les leurs.a poésie pieds dansentNe te livres jamais comme ne t’isoles jamais
Sur le chemin, ne dis jamais :
« je n’en peux plus je reste là
Je reste là.

Et puis, souviens-toi pour toujours
De ce qu’un jour j’ai écrit
En pensant à toi, en pensant à toi,
Comme j’y pense maintenant.
a poésie homme embrasse mainLa vie est belle et tu verras
En dépit des choses qui pèsent
Tu auras des amis, tu trouveras l’amour
Viendront des amis.

Pardonne-moi, je ne sais rien te dire
de plus, mais tu dois comprendre
Que moi aussi, je suis sur le même chemin…

(REFRAIN)

Ci-dessous la version longue avec les strophes qui ont été enlevées de la version de Paco Ibañez (et que j’ai traduites aussi, comme j’ai pu…)logo mois espagnol de sharonMa première participation au mois espagnol de Sharon, pour jouer des castagnettes ce mois de mai, n’hésitez pas à consulter le programme, chez Sharon !

  PALABRAS PARA JULIA

Tú no puedes volver atrás
porque la vida ya te empuja
como un aullido interminable.

Hija mía es mejor vivir
con la alegría de los hombres
que llorar ante el muro ciego.
(Ma fille, il est meilleur de vivre
Au milieu de la joie des hommes
Que de pleurer contre un mur aveugle.

Te sentirás acorralada
te sentirás perdida o sola
tal vez querrás no haber nacido.

Yo sé muy bien que te dirán
que la vida no tiene objeto
que es un asunto desgraciado.
(Je sais très bien qu’ils te diront
Que la vie est sans objet
Que c’est une entreprise désenchantée).

Entonces siempre acuérdate
de lo que un día yo escribí
pensando en ti como ahora pienso.

La vida es bella, ya verás
como a pesar de los pesares
tendrás amigos, tendrás amor.

Un hombre solo, una mujer
así tomados, de uno en uno
son como polvo, no son nada.

Pero yo cuando te hablo a ti
cuando te escribo estas palabras
pienso también en otra gente.
(Mais moi quand je te parle à toi
Quand je t’écris ces mots
Je pense toujours à un genre meilleur d’humanité)

Tu destino está en los demás
tu futuro es tu propia vida
tu dignidad es la de todos.
(Ton destin dépend des autres
Ton futur est dans tes propres mains
Mais ta dignité est l’affaire de tous.)

Otros esperan que resistas
que les ayude tu alegría
tu canción entre sus canciones.
(Les autres espèrent que tu sois forte
que les aide ta joie,
ta chanson parmi les leurs)

Entonces siempre acuérdate
de lo que un día yo escribí
pensando en ti
como ahora pienso.

Nunca te entregues ni te apartes
junto al camino, nunca digas
no puedo más y aquí me quedo.

La vida es bella, ya verás
como a pesar de los pesares
tendrás amor, tendrás amigos.

Por lo demás no hay elección
y este mundo tal como es
será todo tu patrimonio.
(Pour  autre chose , il n’y a pas de choix
Et ce monde tel qu’il est
Sera ta seule richesse)

Perdóname no sé decirte
nada más pero tú comprende
que yo aún estoy en el camino.
(Pardonne-moi, je ne sais rien te dire
de plus, mais tu dois comprendre
Que moi aussi, je suis sur le même chemin.)

Y siempre siempre acuérdate
de lo que un día yo escribí
pensando en ti como ahora pienso.

 

autógrafo
José Agustín Goytisolo

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41 réflexions au sujet de « LA POÉSIE DU JEUDI con José Agustín Goytisolo y Paco Ibañez »

  1. Que je suis loin de l’actu bloguesque en ce moment…
    Et je n’ai que quelques souvenirs de mes années d’Espagnol. Je n’étais pas du tout assidue à l’apprentissage de cette langue, je préférais l’Anglais.
    Bravo pour tout ce travail, Miss Aspho, malgré tout le reste…
    Gros bisous

    • Ma Soène, moi aussi je suis moins proche de « l’actu bloguesque » qu’il y a un mois mais ce qui se passe chez Sharon est proche alors quand même ! 🙂 Moi j’adorais l’espagnol, j’en avais fait ma 1ère langue ! Il faut dire que je n’ai pas été gâtée avec les profs d’anglais, ceci explique peut-être cela ! Je n’ai eu que des « carnes » dès la 6ème alors qu’en espagnol…tout le contraire…
      Gros bisous 🙂

    • Claude moi c’est l’inverse, nous traversions l’Espagne chaque année (aller-retour en voiture) quand nous vivions au Maroc (4 ans) alors forcément ça m’a donné envie d’approfondir en grandissant ! c’est une langue latine, riche et belle… avec des auteurs magnifiques ! Bises et à ttds :).

    • Doucement Mahie, doucement mais j’arrive à en faire un minimum… Merci à toi ! J’aurais voulu avoir ton avis sur ma « traduccion » mais bon, si tu as le temps de t’y pencher, mon espagnol est si loin (et je le déplore)…

    • Rp, la poésie espagnole a été « censurée » pendant si longtemps par le franquisme, que les poètes ont usé de beaucoup de métaphores, de stratagèmes pour faire passer des messages. Une vraie leçon pour notre époque où nous somme seuls à nous censurer…ou pas ! 😉

    • Merci Nadael, j’avais déjà changé ton lien deux fois (en le copiant qui plus est), je pensais que ça venait de WP, là il fonctionne ! Sinon on connaît Goytisolo à travers le chanteur Ibanez, si tant est que l’on connaisse Ibanez qui n’est plus un jeune homme ! 😉

    • Mindounet, dans le contexte de l’Espagne de l’époque, quand on sait que sa mère est morte sous les bombardements franquistes (i avait 10 ans, elle s’appelait Julia) et qu’il a volontairement appelé sa fille Julia, à qui ces mots sont adressés, il y a presque une double lecture… mais c’est avant tout les mots d’un père pour sa fille, assez impuissant devant le désespoir même s’il veut lui faire croire qu’elle aura aussi de beaux moments…

  2. J’adore Paco Ibanez ! Le poème est sombre, surtout si l’on considère ce que tu dis sur la fin de vie du poète. Etait-ce son propre état d’esprit, alors que là, il s’efforce de contrer le désespoir de quelqu’un (si j’ai bien saisi).

    • Aifelle, Goytisolo était un « viveur » comme on disait à l’époque, buveur, fumeur et assez dépressif… Tout laisse à penser qu’il est tombé par la fenêtre en réparant un volet mais ceux qui le connaissaient y voient autre chose. Ces mots à sa fille (qu’il avait prénommée comme sa mère, morte sous les bombardements de Franco quand il avait 10 ans, en 38), ces mots sont avant tout réalistes et que surtout, en sous-jacence, son amour de père devra toujours l’accompagner, la soutenir, dans tous les moments de sa vie… La version d’Ibanez est bien mais amputée de quelques strophes, somme toute stratégiques, pour une bonne compréhension de l’ensemble ! 😉

  3. Ce poème, c’est beauté de ce qu’un père souhaiterait dire à sa fille, en toute humilité »je suis sur le même chemin ».
    J’ai complètement zappé la poésie du jeudi! Grrr!
    Ici, c’est jeudi gastro, tout un poeme😄😄😄
    Prends bien soin de toi,
    Gros bisous

    • Emilie tu as tout compris, tant qu’elle était enfant il pouvait lui inventer des histoires, là c’est la même histoire qui abrite leurs vies…
      On poétise comme on peut, j’ai entendu dire aussi que la gastro de printemps fleurissait un peu partout, prends soin de tes pitchounes ! 😥 gros bisous 😉

  4. Une bien jolie découverte pour moi mon amie, j’ai adoré ce poème, je l’ai lu plusieurs fois, oui j’ai aimé !
    Merci de ce rendez-vous qui me tient à coeur, merci de ton commentaire chez moi (tu as vu ils sont peu nombreux, mais les copinautes qui sont passées ont bien aimé, c’est l’essentiel).
    Prends soin de toi surtout, gros bisous et bon long week-end.
    Lylou

    • Merci Lylou, il n’a pas été facile à traduire mais je suis contente qu’il plaise ! 😉 Peu importe le nombre de commentaires, c’est la qualité de ceux qui sont là qui importe ! 😉 Bises ma Lylou et prends soin de toi, toi aussi ! Ils nous annoncent deux jours ensoleillés ce week-end, ce sera mieux que les 4 jours de pluie de la semaine dernière, qu’on profite un peu du jardin ! 🙂

    • Ave le père qu’elle a eu, bien qu’aimant mais à la vie quelque peu bohème et dissolue (buveur, viveur, fumeur, dépressif), je ne sais pas si on peut appeler ça de la chance ! Etre aimée à ce point est la plus belle chance qui soit donnée à un enfant, à mon avis… 😉 Je te somme d’apprécier la VF, ça m’a pris, au bas mot 3 heures pour une traduction correcte ! 😆 Et je ne parle pas du reste, la mise en page, les liens etc ! Il faut aimer la poésie, j’te le dis ! 😀

  5. Très beau choix de poème , Asphodèle 🙂
    Un message d’espoir pour sa fille …

    « La vie est belle et tu verras
    En dépit des choses qui pèsent
    Tu auras des amis, tu trouveras l’amour
    Viendront des amis. » Est si vrai

    Bisessss

    • Val, « a pesar de los pesaros », traduit littéralement donnerait « en dépit des soucis » mais comme « pesar » signifie aussi « peser », j’ai traduit comme ça… Message d’espoir, de lucidité surtout ! 😉 Bisous

  6. Merci pour ce merveilleux poème interprété par Paco Ibañez que j’aime depuis les années 70 .
    C’est la chanson la plus sensible de son répertoire ,je ne m’en lasse pas !

    • Bonjour et bienvenue ici Madolonga ! En tant que fan de Paco Ibanez (les années 70 aussi pour moi^^) depuis de longues années, je trouve aussi que c’est une de ses plus belles chansons, la mélodie reste longtemps en mémoire…

      • Nous sommes bien d’accord ! Je lis depuis longtemps votre blog , j’y trouve toujours
        des livres,musique ,photos…..que j’apprécie .

        • Hé bien alors merci de tout coeur ! J’aime aussi de temps à autre savoir qui peut bien se cacher derrière ces lectrices et lecteurs de l’ombre qui n’en sont pas moins assidus ! 😉 Ce qui leur plaît…ou pas ! ^^

  7. Des souvenirs de mon enfance de fille de républicain est monté à la surface grâce à toi merci

    Ce n’est pas un poète espagnol, mais malgré tout il pourrait y figurer Leny Escudero

    Je viens partager ici « Vivre pour des idées »

    Bisoutes ma belle

N'hésitez pas à me laisser un commentaire, il sera toujours bienvenu !

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