LILETTE de Claude Durand


Lilette claude durandCe livre me laisse le sentiment étrange d’être passée à côté. Je ne sais pas si j’ai aimé ou pas, c’est dire ! C’est mon partenariat de décembre avec le Livre De Poche et je l’avais choisi pour ses 136 petites pages, pensant qu’il serait lu très vite (avec les Fêtes j’avais anticipé) mais que nenni ! Je vous dis pourquoi.

Tout d’abord, l’histoire qui avait tout pour me plaire : sur une île caraïbe fictive mais où les noms résonnent assez fort pour nous faire penser à celles que l’on connaît et qui ont encore un volcan en éruption… Un jour le volcan se réveille et emmène tout dans une coulée de lave, faisant de Lilette la seule survivante, immobile sur son « rocher plat au Bout du Bout »… Un journaliste arrive alors sur cette île dévastée et propose  à Lilette de lui raconter son histoire. Et c’est là que ça commence à coincer : les courts débuts des chapitres sont racontés par Lilette (en italiques) et ensuite, le journaliste dans un langage recherché nous raconte la suite. Il n’aurait pu en être autrement, Lilette étant analphabète, elle ne sait que compter, elle qui a six doigts à la main gauche  « ce qui devait lui être d’un certain secours, plus tard pour débarrasser les tables ou servir la clientèle de L’Huître perlière, l’hôtel sans étoile où elle allait passer la plus grande partie de sa vie » (…). P. 21.

Lilette n’est pas jolie, ce qui la rend transparente et falote dans ce décor exubérant, elle a appris à soigner avec les plantes, dresse des iguanes, est un peu medium quand elle a ses règles (comme ses ancêtres féminines avant elles) et connait donc son passé et son avenir de malheur. Rien d’extraordinaire dans la vie quotidienne de Lilette qui orpheline de mère dès la naissance et  née « de père disparu ». Seul son fils Frito qui apparaît dans les dernières pages du roman lui redonne chair et consistance. La fin m’a laissée bouche bée pour ne pas dire perplexe comme mon amie LiliGalipette qui a lu ce livre elle aussi, je me demande si j’ai bien compris mais le retour à la nature semblerait être la seule rédemption qu’ait trouvé Lilette pour être enfin apaisée… Il faut dire que Claude Durand nous brosse aussi un tableau peu folichon de ces îles du bout du monde, envahies par les promoteurs immobiliers véreux, les trafics en tous genres, l’envers de la carte postale n’est guère reluisant mais réaliste.

Ce livre m’a fait penser à un tableau de Gauguin comme celui représenté sur la couverture mais avec des couleurs fanées presque sépia et malgré l’empathie que nous avons pour Lilette et sa pauvre destinée, les émotions ne sont pas passées, je suis restée au bord. Je pense que la voix du journaliste (puisque c’est quand même lui qui écrit l’essentiel) m’a mise à distance, que le vocabulaire très exigeant n’a pas toujours aidé : munissez-vous d’un dictionnaire si  vous ne savez pas ce que sont les « pisquettes », les « barbarins » et autres vocables endémiques aux îles. Sans parler des phrases interminables fort bien maîtrisées, c’est indéniable mais j’en ai relevé une sans point de la page 98 à la page 100 : j’étais en apnée, j’ai failli avoir besoin de ventoline quand le point est arrivé…

Un livre à lire en été peut-être quand le soleil alanguit les mouvements et favorise la contemplation, allongée sur une chaise longue pour  mieux profiter de l’ambiance…

Je remercie Marie-Pauline du Livre De Poche et puisqu’elle nous quitte à la fin du mois, je lui souhaite bonne chance dans ses nouvelles fonctions !logo ldp

L’avis de LiliGalipette ICI !

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42 réflexions au sujet de « LILETTE de Claude Durand »

    • Aifelle, je te dirai pour Cypora… J’ai reçu un mail de Marie-Pauline disant qu’elle nous quittait fin janvier, j’espère que ce n’est pas une hallu !!! 😆 Je vais aller vérifier, tu me mets le doute !

    • Martine, la couverture est une toile de Gauguin (Trois Tahitiens) ! L’ambiance des îles est très bien restituée, l’écriture bien q’exigeante est belle mais il manque de l’émotion, un petit nerf aussi pour dynamiser l’ensemble…

    • Gwen, je t’assure que je commençais à chercher l’air, Proust à côté est un gamin ! C’est un reproche sans en être un car tenir deux pages sans point est un bel exercice de style mais parfois le style nuit au récit et empêche les émotions de passer !

  1. Quand tu as lu les monologues de Belle du Seigneur, les phrases sans points c’est plus un problème. Dommage mais on ne peut pas aimer tous les livres que l’on choisit de lire et comme tu le sais, les romans où ils faut un dictionnaire à coté m’horripilent en général.
    Belle journée !

    • Mindounet, je suis d’accord, après BDS tout devrait pouvoir passer mais non justement ! ici le style recherché, académique sans l’être puisque justement il s’accorde des ponctuations rythmiques a freiné mon regard sur Lilette, elle est émouvante cette femme et pourtant on reste à distance… Bref ! Bisous♥

  2. Bon , je passe mon tour hein, j’ai besoin de lectures recommandées par des lecteurs enthousiastes en ce moment. Des bises

    • Jobougon mais ce livre mérite d’être lu, je pense que chacun l’aborde différemment… Ce qui ennuie certains peut en passionner d’autres, heureusement d’ailleurs ! 🙂

  3. Je l’avais emprunté à la médiathèque, j’ai dû lire à peine 30 pages. Le style est tellement ampoulé que j’avais trouvé ça affreusement mal écrit, une horreur !

    • Jérôme, effectivement le style est soit trop travaillé et il nuit au récit, trop de mots endémiques aux îles qu’on comprend dans le sens général de la phrase mais qui restent en suspens. Soit il masque la simplicité de l’héroïne et ne fait pas lien pour transmettre son histoire. Dans les deux cas, on s’ennuie ferme ou on abandonne… Et Erik Orsenna a a-do-ré ce livre ! Va savoir… C’est peut-être trop pour les simples lecteurs que nous sommes ! 🙂

    • Keisha, vu que tu as l’occasion de lire beaucoup de nouveautés, effectivement ça devait coincer quand ils arrivaient en Poche ! Le choix ici est vaste (5 livres il me semble) dans des genres totalement différents… Enfin, ça dépend des mois ! Il m’arrive de passer mon tour ! Je suis contente, pour janvier j’ai « Le diable tout le temps » de Donald Ray Pollock… Depuis le temps que j’en entends parler ! 🙂

    • Merci Lili mais j’essaie toujours d’être le plus honnête possible dans mes billets ! 😉 Oui c’est Pauline-Marie PARAMO ! Tu ne reçois pas les mails à ce nom là ? De toutes façons ils changent tous les 6 mois, ce sont des stagiaires, dommage on s’attache ! 🙂

    • So, comme je viens de dire à Lydia, j’étais sûre de plaire au moins sur ce point ! Dommage d’ailleurs, c’est un livre de qualité… mais je me suis ennuyée royalement !

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