Demain dès l’aube… la poésie du jeudi


chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Je fais dans le très classique aujourd’hui ! Tout le monde sait que Victor Hugo ne s’est jamais remis de la mort de sa fille Léopoldine et que c’est à elle que ces vers sont adressés. Je pense que beaucoup d’entre nous les ont appris à l’école ou les ont lus au moins une fois, si ce n’est pas le cas, ces trois quatrains d’alexandrins croisés devraient pallier ce manque ! A noter que ce poème n’a jamais eu de titre mais l’incipit du poème suffit pour que nous nous en rappelions…

Aujourd’hui avec moi poétisent : MarieetAnne et La promenade de Verlaine, Modrone-Eeguab avec l’Évadé de Boris Vian. Soène avec La rose-thé de Théophile Gauthier, Béné avec Barbara de Jacques Prévert, Lili (La petite marchande de prose) et À une raison d’Arthur Rimbaud . Secrète Louise et un texte de Jacques Brel. Natiora avec Bêtise de la guerre de Victor Hugo (décidément, deux fois que nous choisissons le même poète sans nous consulter !). Pyrausta et Le feu d’Aragon (vidéo-version chantée). J’ai créé une Page Poésie du jeudi (sous le bannière), où vous serez gentils de me laisser vos liens, afin que ceux qui ne font pas poésie le même jour puissent aller voir les autres et puis ça nous permettra de tenir un Cahier de poésie, afin que nous ne les mettions pas en double ! Même si, vu que nous ne nous consultons pas avant, il est possible de choisir le même poète et pourquoi pas le même poème ? Le hasard a des méandres…

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo, tiré du recueil des Contemplations.demain dès l'aube vanishingintoclouds

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77 réflexions au sujet de « Demain dès l’aube… la poésie du jeudi »

  1. Villequier où s’est passé le drame n’est pas très loin de chez moi, j’y vais quelquefois et c’est impossible de ne pas y penser, surtout en visitant la maison de Victor Hugo. Tout en est imprégné, c’est une histoire tellement poignante. Le poème est magnifique.

  2. Très bon choix, Miss Aspho
    J’avais appris cette poésie mais il n’y a pas très longtemps que j’ai fait enfin le lien avec sa Léopoldine…
    J’ai fait cavalier seul aujourd’hui, je cours de tonner mon lien 😉
    Bon courage et gros bisous d’O.

  3. Bonjour Miss Aspho
    Je ne poétise pas en novembre mais bientôt…..
    j’aime beaucoup le poème que tu as choisi
    voici le début du poème de Hugo que je préfère

    Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
    De venir dans ma chambre un peu chaque matin ;
    Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère ;
    Elle entrait et disait : « Bonjour mon père » ;

  4. J’aime beaucoup ces textes d’Hugo sur Villequier. J’ai écrit un poème sur ce Hugo là mais je ne le retrouve plus. Bises.

    • Soène, tu as bien fait, l’erreur est humaine, surtout quand je n’ai ni le lien ni le titre et que je dois compter uniquement sur ma mémoire qui part dans tous les sens, avec tout ce que j’ai en tête !!! 😆 Bises

  5. Même si on le sait par cœur, c’est toujours agréable de se redire ce poème si beau! Je n’ai pas pris encore le pli du poème du jeudi mais ça viendra, c’est sûr. Avant c’était le dimanche et j’ai encore un peu gardé cette habitude. Ça va changer: juste encore un peu de temps peut-être!

  6. Pour une fois, je connais ce poème et disons son histoire. Je n’ai jamais lu Hugo, j’ai tenté vainement de lire deux ou trois de ces romans mais une biographie pas trop fouillée de lui me plairait peut être.

  7. ça me fait tout chose de le relire aussi longtemps après…la première fois je n’avais pas d’enfant, alors maintenant forcément, je le lis différemment, une délicieuse piqûre de rappel me concernant. Grâce à la blogo je me remets à lire des vers à droite à gauche, ça me fait un bien fou…on oublie vite le pouvoir de la poésie

  8. Désolée de mon retard et de participation et de notification ici même..Pas mal de choses à faire …tu comprendras en venant voir mon choix..:)
    « Demain dès l’aube.. » Mon bout de chou de 9 ans l’a récité en hommage à son arriere grand mère…Alors ce poème là est bien présent dans ma mémoire malgré les années écoulées.
    Gros bisous Asphodèle.

    • Je sais Lydia, l’homme a des aspects bien sombres qui n’enlèvent rien à son génie littéraire, je crois qu’il l’a payée cher cette absence …mais j’en connais moins que toi sur la vie des grands hommes ! 😉

      • Eh bien, entre autres anecdotes, il a vécu à Bruxelles (quand il était réfugié…) Aimait Bruxelles, tout en se plaignant, avait, paraît-il (dixit un de mes professeurs d’unif de critique historique) un coffre plein d’or à la Banque Nationale… Avait enfermé Juliette Drouet par jalousie, mais la trompait éhontement, etc. etc. (Je n’ai pas pu m’empêcher de mettre mon grain de sel o;)))

        • Ah, merci Pivoine ! Je me sens moins seule d’un coup ! On me critique toujours parce que je touche à un « monument ». Mais lorsqu’on connaît sa vie, c’est autre chose ! Oui, sa femme se privait, ne mangeait pas à sa faim, raclait les fonds de tiroir pour nourrir ses enfants pendant que Môssieur, toujours en fuite d’ailleurs, menait la grande vie… Il suffit de lire les livres d’Henri Gourdin, bien documentés, s’appuyant sur les correspondances et sur tous les documents fournis par les descendants, pour faire tomber l’Aura du sieur Victor.

          • Lydia, d’abord toutes mes excuses pour cette réponse tardive ! 😦 Tu fais bien de mettre ton grain de sel, c’est bon à savoir tout ça !!!! Comme Rousseau qui a abandonné ses enfants : cela permet de voir le « génie » sous un autre angle… J’avais lu des « trucs » concernant l’Algérie, il n’avait pas été clean non plus !!! Les poètes ne devraient pas se mêler de politique et le talent n’excuse pas tout ! 😉

            • Mais tu n’as pas à t’excuser Aspho, je comprends très bien !
              En fait, comme tout le monde, je mettais Hugo sur un piédestal, tout simplement parce que mes profs me l’avaient fait connaître sous l’angle du génie. Et puis, en grattant un peu, j’ai découvert qu’on était très loin de cette image et que l’homme ne valait pas tripette. J’ai été affreusement déçue. Habituellement, je dissocie – du moins, j’essaie – l’auteur de sa vie privée. Mais le problème, c’est que lui-même a tenu a nous faire participer à la sienne. J’adorais le « Demain dès l’aube » (qui m’a arraché des larmes à l’époque), mais lorsque j’ai appris qu’il n’était pas allée à l’enterrement de sa fille (de façon volontaire, hein, pas parce qu’il était en fuite. Il est allé à Paris ce jour-là et a envoyé des amis pour représenter la famille. Sa femme n’y était pas non plus. La petite a été enterrée sans personne de sa famille) et n’était allé sur sa tombe que trois ans plus tard, je me suis dit que c’était bien la peine, tiens !!!

              • Lydia, je pense que les profs nous ont tous masqué cet aspect des choses !!! On tient toujours pour acquis ce qu’ils nous disaient, je m’aperçois que c’est de moins en moins le cas et les idoles ont des pieds d’argile… Tu as bien fait de me dire tout ça, je ne remettrai pas de Hugo sur mon blog ! Na ! 🙂

                • Je ne sais même pas s’ils le savaient eux-mêmes car il faut faire des recherches pour ça. Mais il est vrai que l’on garde très souvent l’impression de nos profs. Tiens, par exemple, au lycée, j’en avais un qui détestait Baudelaire. Tant et si bien qu’il avait réussi à nous le faire détester aussi. Arrivée à la fac, bien évidemment, je me tape deux mois sur Charles ! Heureusement que le prof était un passionné qui a réussi à me le faire aimer. C’est pour ça que de mon côté, lorsque je dois faire étudier un auteur que je n’aime pas, j’essaie de rester neutre (même pour Hugo).
                  Si Lili Galipette voit qu’à cause de moi tu ne mettras plus d’Hugo sur ton site, elle va me trucider ! Tous aux abris !!! 😆

                • Lydia, c’est ce que j’allais te dire, les moyens de recherche n’étaient pas les mêmes « autrefois » (:) ) ! Je n’ai pas de souvenir d’avoir été influencée si ce n’est en philo où j’ai eu droit à Freud pendant 3 mois (avec analyse de nos rêves etc)^^… Depuis que je sais pour Rousseau, je n’ai même pas envie de le relire car son propos est vraiment en inadéquation avec ses actes et sur toute une vie ! Si Lili passe par là, à cette heure ? Pas de risques ! 😀 Sors quand même ta cotte de mailles, on sait jamais !!! 😆

                • Rousseau… je le déteste !
                  Bon, j’ai sorti la cotte de mailles, le heaume et le bouclier… On n’est jamais trop prudente ! 😆

                • Lydia, hi hi, je t’imagine dans cette tenue et je rigole, Lili te reconnaîtrait de suite !!! 😆 Mais au moins tu serais protégée !

                • Lydia je ne peux pas m’empêcher de rigoler, ha ha un heaume maintenant !!! C’est bien, avec la chute des températures, au moins tu seras au chaud avec ton attirail !!! 😆 Bises et bonne nuit !!!^^

                • Lydia, je savais que ça te plairait, mouhaha !!!! 😆 En même temps il n’y avait pas de fashion-week à l’époque mais les vêtements étaient conçus pour durer : la preuve par toi !!! 😀

                • Lydia, warf ! Alors va vérifier ton tétanos !!! 😀 Finalement, c’est bien que ça tombe en hiver votre duel, en été tu nous aurais fait un choc thermique !!! ^-^

        • Pivoine, tout d’abord toutes mes excuses pour le retard mis à te répondre ! je sais qu’Hugo n’était pas très reluisant en tant qu’homme mais je ne connaissais pas tous ces détails ! Ca gâche un peu le génie, comme Rousseau qui a abandonné ses enfants…

  9. c’est un magnifique poème en effet ,je ne l’ai pas oublié je l’apprécie plus aujourd’hui car adulte la réalité de la vie lui donne plus de force, maman et grand maman je serais folle de désespoir, de plus je sais que la perte d’un enfant n’a rien de commun avec elle d’un conjoint,une ami a perdu son fils elle ne s’en remet j’ai encore pensé a elle en lisant ces lignes c’est elle que je vois bonne soiree
    pas gai tout çà

    • Je n’ai pas vécu ça mais je pense que c’est la perte la plus importante (avec celle de nos parents) mais là justement ce n’est pas dans l’ordre des choses et on ne l’accepte pas : ceux qui acceptent arrivent à continuer, les autres survivent dans un temps arrêté…

  10. Bonjour, nous sommes vendredi et à peine j’envoie mon commentaire, je n’ai pas pu avant….Quelle coïncidence! mercredi soir, je me suis couchée en me récitant ce poème, je l’adore! et c’est souvent ainsi que je plonge dans un recueil de poésies, les plus classiques,les plus belles, et me les récite….avec délectation….Je m’étais mëme dit de le mettre sur mon blog pour le faire partager, Mais le temps m’a filé entre les doigts…Merci Asphodèle ,pour Victor, et pour les lecteurs qui ont su en profiter…..
    Bon vendredi!
    J’apprécie beaucoup Victor Hugo, Ainsi que les poésies du jeudi….
    Ethunelle

    • Il faut insérer une « balise » après ton premier paragraphe, je ne le fais pas pour tous mes billets, des fois je le fais quand le billet est passé. Alors, dans ton tableau de bord quand tu tapes un texte, entre le « ABC » et le « lien cassé », tu as la « balise » ! Tu te positionnes là où tu veux couper ton texte et tu insères, c’est tout simple ! Ca permet d’avoir plusieurs billets sur la page d’accueil, aussi… si tu le programmes : dans Général, tu peux demander 20, 30 billets sur la page d’accueil, je ne me souviens plus trop où mais c’est par là… 😆 Pour la balise, c’est sûr ! Bonne soirée l’Or !

  11. ………………………………………attends! je reprends mon souffle.
    Mon Barbu a envoyé ce poème là à mes amis très chers après la disparition de cette jolie petite fille. Il est toujours épinglé au mur de la grande cuisine depuis 21 ans .
    Je t’ embrasse, mon Aspho.

  12. C’est mon poème préféré, celui dont je me souviens le mieux après l’avoir appris en primaire et avoir découvert ce jour là ce qu’était la bruyère. Merci de faire revivre ce souvenir

  13. Moi aussi, je l’ai appris en seconde, ce poème, l’année que nous appelons « la Poésie » en Belgique (enfin, que nous appelions ainsi, quand j’étais beaucoup plus jeune!) Parce qu’on étudiait la poésie cette année-là et le discours… en Rhétorique (votre Terminale). J’ai pris l’habitude, tout un temps, quand il allait m’arriver quelque chose d’extraordinaire, le lendemain, j’écrivais dans mon journal… « Demain dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne »… Je suis heureuse de voir que les Plumes à thème continuent – je pensais que ce n’était que pendant les vacances ? Et une rubrique poésie ? Je vais voir ça :)))

    • Non non Pivoine, les Plumes c’est uniquement pendant les vacances ! Là j’étais décalée d’une semaine par rapport aux date mais le jeudi-poésie c’est tous les 15 jours, donc là ce sera pour jeudi prochain (le 21) ! Tu es la bienvenue si tu veux participer, j’ai créé une Page (sous la bannière, encore en construction vu les circonstances mais au moins les liens des autres y sont !!! 🙂 Depuis jeudi dernier et ça me permettra de faire un cahier de poésie par auteurs ! 😉

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