Love Me Do, I’m beatlemaniaque !

Non, je ne me suis pas trompée de jour, nous ne sommes pas dimanche, je sais, mais un petit billet musical s’imposait car la chanson Love me Do est sortie le 5 octobre 1962 et fête donc son demi-siècle aujourd’hui, fraîche comme une bergère ! L’occasion de vous parler des « quatre garçons de Liverpool », juste un peu, et admettre qu’ils ont quand même révolutionné la société en proposant cette musique pop-rock différente de celle qui circulait à l’époque. Quelques anecdotes après la chanson ! Lire la suite

LA CITATION DU JEUDI avec Laura Kasischke

Je viens de terminer « Un oiseau blanc dans le blizzard », et je suis subjuguée par le style de Laura Kasischke ! Ce qui est un fait divers banal mais important puisque la mère de l’héroïne choisit de disparaître du jour au lendemain se transforme sous la plume de l’auteur en un conte léger et brûlant comme ces flocons de neige qui se déposent en tournoyant dans ses pensées… Je vais vous en parler très vite, en attendant, un extrait sur la vision des hommes de cette adolescente qui vit dans un milieu propret ! © crédit photo, clic ! Lire la suite

LE SPECTATEUR TRISTE de Claude Baugée

Un homme se promène dans les rues de New-York ou d’ailleurs, des images en noir et blanc, des images en couleur plein la tête. Celles de ses idoles passées qui restent gravées sur des affiches de cinéma intemporelles. Il est le spectateur triste d’un Hollywood qui n’est plus, qui ne fabrique plus de légendes comme par le passé. Le cinéma des années 20 à 60 (environ) a façonné son regard sur le monde en y laissant des souvenirs indélébiles dans un recoin de sa mémoire. Lire la suite

LOU ANDREAS-SALOMÉ d’Isabelle Mons

J’ai juste deux mois de retard pour cette chronique et je m’excuse auprès de Babelio et des Editions Perrin qui m’ont adressé ce livre. Une fois n’est pas coutume, je vais vous citer le début de la très longue quatrième de couverture pour vous présenter Lou Andreas-Salomé, une femme qui a marqué la fin du XIXème et le début du XXème siècle :

 » Enfant de Russie, européenne dans l’âme, voyageuse au long cours, Lou Andreas-Salomé (1861-1937) fut tout à la fois muse, écrivain et psychanalyste, vivant de sa plume à une époque où cela ne se faisait pas. Auprès de Nietzche, rencontré en 1882, dont elle est l’indispensable disciple, Lou prend son envol. Chroniqueuse littéraire, elle fréquente l’avant-garde parisienne, viennoise et munichoise, écrit ses premiers ouvrages. Mariée, elle vit sa vie comme elle l’entend jusqu’au jour où elle croise le chemin de Rainer Maria Rilke, en 1897. S’ouvrent alors trois années de passion absolue entre la femme écrivain déjà célèbre et le poète ».

Nous en apprenons déjà beaucoup par ce résumé mais quand on sait que l’auteure est Docteur en littérature comparée et enseignante, qu’elle « consacre ses recherches à l’écriture féminine et au rapport de la littérature à l’art », vous comprendrez aisément que ce livre tient plus de l’essai destiné à des étudiants préparant une thèse qu’à la biographie romancée à laquelle je m’attendais ! En effet, en remontant à l’enfance en Russie et à l’impact qu’elle aura sur Lou sa vie durant, le ton clinique de l’analyse est donné puisque la fin de la vie de cette femme extraordinaire se conclura par sa rencontre avec Freud en 1911, se consacrant elle aussi à la psychanalyse, lui permettant d’approfondir le chemin parcouru, un chemin qu’elle a fait en femme libre, débarrassée des carcans sociaux de l’époque, vivant ses passions comme elle l’entendait. Mais en gardant la tête froide. « Elle vit dans l’indépendance le seul moyen de s’accomplir. Et pour elle, l’accomplissement était un développement et une évolution constante » p. 166.

L’évolution des sciences qui s’accélère à l’époque intéresse Lou par la liaison qui va s’opérer entre la médecine du corps et celle de l’âme,aboutissant sur une « science de la femme« . Bien que mariée à Friedich Carl Andreas à qui elle restera fidèle d’une certaine façon toute sa vie, Lou ne se contente pas des théories religieuses iranistes de son époux et continue de voyager, sa curiosité et sa soif de compréhension la portant toujours plus loin et surtout la menant vers sa propre vérité. L’épisode de sa passion avec Rilke pendant trois ans est plus intéressant que ses amours tourmentées avec Nietzsche. Rilke est de dix ans son cadet (environ), elle aura une emprise intellectuelle jusqu’à la fin de la vie du poète. Ce dernier restera marqué à vie par leur séjour en Russie, où ils expérimentèrent le « retour à la nature », dans l’esprit également du retour à la terre nourricière. Ce livre est joliment illustré en son centre par des photos, il comporte à la fin une cinquantaine de pages d’écrits de Lou (nous avons les rappels et des renvois de pages tout au long de notre lecture) mais ce genre de style, un peu compliqué a ralenti ma lecture :  » Lou Andreas-Salomé travaille avec Rilke à plus de sobriété dans l’expression ; en renvoyant une image hyperbolique de leur relation, il aspire à une vison sublimée de l’existence et de l’amour qu’elle lui porte.. Lorsque apparaissent les prémices d’une pensée esthétique liée à la quête de l’originel, Lou est simplement conquise. » p121. Affirmer que Lou était une cérébrale intellectualisant chaque phase de son existence est un euphémisme. Cet ouvrage très savant comporte également des inédits, notamment concernant les rapports, un temps ambigüs, de Lou avec le régime nazi, elle avait gommé toute trace de lointaines origines juives. Certes, sa rencontre avec Freud en 1911 est un aboutissement presque logique de l’existence de cette grande dame qui a fait, sans militer toutefois, beaucoup pour l’évolution et la reconnaissance de la condition féminine. C’était avant tout une théoricienne nourrie de philosophie, de mots et enfin de psychanalyse.

Un livre difficile pour qui, comme moi n’a pas un bac +10 mais très enrichissant sur la société des arts, des lettres et des sciences de l’époque. Pour un public exigeant… et rendre hommage à Isabelle Mons qui a accompli là un travail de titan !

Extrait d’un écrit de Lou sur l’Amour et plus particulièrement l’érotisme :  » L’érotisme occupe une position intermédiaire au sein des deux grands groupes de sentiments, l’égoïsme et l’altruisme. -pour le dire de manière moins équivoque : du rétrécissement, de la contraction de notre volonté individuelle jusqu’à la sécession, l’hostilité, ou de la dilatation par laquelle il s’intègre l’Autre (…). Pour se donner il faut pouvoir se posséder soi-même, et pour posséder il faut d’abord pouvoir recevoir des choses et des hommes ce qui ne peut pas s’acquérir par rapt, ce qui peut seulement être accueilli en présent, d’une âme ouverte. » p 315

Merci à Clément Vekeman des Editions Perrin et à Pierre de Babelio pour la coordination de cet envoi.

Lou Andreas-Salomé, Editions Perrin, 364 pages, © 2012, 23 €.

QUELQUES IMAGES DU LIVRE :

ci-contre, à g., l’enfance en Russie choyée par un père aimant. A dr., les fiançailles avec Friedich CarlAndreas.

Ci contre, à gauche : les années Rilke…

Et enfin ci-dessous les années psychanalyse avec Freud.

Je me souviens…

© David Hamilton

Gwen, hier pour l’atelier du dimanche, nous a demandé un simple texte à la façon du « Je me souviens » de Georges Pérec, et d’en profiter pour lui parler de notre enfance (quelle curieuse quand même 😉 )… Je m’y suis collée…mais je ne suis pas Georges Pérec !!! J’ai fait court parce qu’il y en avait vraiment trop à dire !

Je me souviens que d’abord
il y eût l’enfance.
Je me souviens mal de l’exil
Je me souviens mieux du retour
Je me souviens surtout
des souvenirs volés
et des blessures qui subsistent ;
Je me souviens du vert sur les arbres
après l’ocre du djebel
Je me souviens des balançoires
où je m’envolais en riant aux éclats
Je me souviens des livres sur les hautes étagères
que je lisais en cachette
Je me souviens de l’odeur
du gâteau aux pommes de ma grand-mère
Je me souviens que l’odeur de la pomme
a consolé l’enfance décousue.

Je me souviens qu’il y eût
L’adolescence
Je me souviens du premier baiser
qui n’était pas celui que j’attendais
Je me souviens des Doors sur la platine
et des posters de David Hamilton sur les murs
Je me souviens des après-midi au Champollion
des Marx Brother’s, de Love Story,
de Blow-up et d’Anny Hall,
Je me souviens du cinéma de ce temps là.

Je me souviens que c’est l’automne,
des attentes terminées
aux terminals des aéroports
impersonnels ;

Je me souviens des éternels retours
tu m’attendais dix ans après
derrière la porte qui coulissait…
Je me souviens qu’on n’oublie jamais
les couleurs des vertes années
surtout quand elles  se fondent avec le temps
qui passe…

Je me souviens que la balançoire
grince certainement
sous le vent
emportant les souvenirs
venus de trop loin…
Je me souviens des murmures qui

frissonnent sous les étoiles…
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