LES PLUMES DE L’ÉTÉ 20 – Les textes en T !


Tût tût ! Chaud devant ! Voici les 24 (moi comprise) participants à cette vingtième édition des Plumes, par ordre d’arrivée des liens : Violette Dame Mauve, Suzame, Marie-Floraline, Pierrôt Bâton, Oncle Dan, Janickmm, Ara, Mind The Gap, Marlaguette, Aymeline, Lilou, ChanoneCélestine, Cériat, Soène, Bettina, Jean-Charles, El Canardo, Jane, Jul (une revenante !), 32 Octobre (une autre revenante !) Nunzi .

Ci-dessous, mon texte et celui de Jakline que j’héberge toujours pendant les vacances…

Les 18 mots à placer étaient : temps, taillader, thé, triturer ou se triturer, titiller, tortue, talentueux, toucher, transfigurer, témoin, totem, table, turbulence, transfert, terre, tomate, tonneau, terminer.

Un jour, au bord de l’eau…

Ce soir là, je me penchais sur les rebords du temps et soudain le vertige me prit. Comme tailladé, mutilé, mon coeur ensommeillé se coucha face au vide que  mes doigts ne pouvaient saisir ni toucher. Là où je suis, seuls les nuages m’entourent, témoins silencieux des turbulences passées. Des portes sombres se referment derrière mes pas dans ce couloir glacé, doucement, sans claquer, sans pied de table pour les bloquer ; elles se referment sur elles-mêmes, sur ce qui n’est plus, sur des totems jadis vénérés que recouvre une fine poussière d’or.

Tu étais talentueux mon ami quand tu peignais au bord de la rivière, les reflets de l’eau scintillaient au bout de ton pinceau et ton visage, transfiguré d’avoir trouvé le juste trait semblait ne plus appartenir à cette terre. Tu ne finissais jamais le repas du pique-nique improvisé, le feu de la création te titillait, te dévorait, tu lâchais le pain et la tomate, abandonnés à notre vieille tortue. Tu retournais fébrilement triturer tes tubes de couleur pendant que je m’installais sur une pierre polie et chaude au milieu de l’eau, une rose thé piquée dans mon chapeau. Pour te regarder, inlassablement. Le temps n’existait pas, il s’étirait sensuellement autour de l’été qui tel un tonneau lancé du haut d’une colline, dévalait les pentes encore douces de nos jeunes années.

Beaucoup de temps a passé pour ensevelir ces souvenirs de l’aube. Hier j’ai subi un transfert. J’ai entendu le bruit du défibrillateur, les instruments métalliques dans l’évier et les gants qui claquaient, jetés rageusement à terre. T’ai-je dit mon ami, que là où je suis, seuls les nuages peuvent encore m’étreindre entre leurs voiles de coton ?  « C’est terminé », disaient-ils. Mais je sais que rien ne finit jamais quand nos rires et nos larmes se mêlent au souffle majestueux qui fait ruisseler l’eau vive des rivières….

Le texte Jackline
VACANCES DES THÉS.

C’était horaires d’été dans les services.
Faut dire que retourner les bordures de terre des plates-bandes, taillader, davantage que tailler, les tonneaux de roses fanées des tonnelles, arracher les tomates cerises agonisant sur le totem du rond point, au milieu des poivrons décoratifs grillés, titiller le râteau, triturer le rotofil, sortir et ensuite nettoyer avant de ranger la tondeuse autotractée…
Avec un temps pareil !
Même les outils thermiques se trouvaient en surchauffe.
Le plus talentueux des chefs jardiniers municipaux n’arriverait plus à toucher rien de bon :
Ni aux végétaux lyophilisés, ni aux employés de son service…
18 degrés Celsius la semaine dernière, 39 aujourd’hui, et à l’ombre !
Alors sur l’asphalte et le ciment des rues et trottoirs….

Témoin, ce matin, dès six heures, au dessus de sa table, sous le préau bien abrité, le thermomètre affichait ses premiers petits 24 !
Aucune turbulence des Açores prévues sous quinzaine !….
Pffff.

A 14 heures, service terminé, Tonio rejoint les locaux techniques où Toto, Jojo, Paulo et Léo s’étaient réfugiés avec son autorisation, voici déjà plus d’une grande demi-heure.
Ils paraissaient ragaillardis, tout transfigurés par la fraîcheur de la salle de cantine.

– Tiens vlà l’Titi !
– Une kro titi, cuit cuit ? Lança Léonardo, titubant devant la porte grande ouverte du réfrigérateur offert par l’amicale bouliste.
– Mais quoi ? Ça va pas ? un thé glacé, comme d’habitude ! Je vais me servir !
Vous avez attrapé une insolation ou quoi ? Vous cherchez un congé maladie ?
Non seulement vous travaillez comme des tortues frappées d’hémiplégie, mais vous avez bu ! Niez pas ! Et pas que de l’eau fraîche ! Et pendant le service !….
Vous êtes impossibles !
Je vous préviens, canicule ou pas, terminées vos idioties! Bande de tire-au-flanc !
Continuez comme ça, et c’est transfert garanti tous les quatre !
Sur le chantier de la piscine ; l’ancienne ; à démonter le cuvelage à la main, au marteau et au burin.
Avec un petit 51 degrés si ça veut rire, et je parle pas de la marque de votre apéritif !
C’est « Panthère rose » qui est chef d’équipe cette quinzaine….

– Oh non, pitié !
Demain on se tiendra sobres comme des dromadaires. Ne nous jetez pas dans la fosse avec la tigresse à casque ! fit Paulo.
– Juré ! On boira plus que de l’eau, aromatisée aux herbes de Provence et aux feuilles de tisane pendant les heures de boulot ! assura Toto.
– Que de la pure, l’eau ; sans anis, réglisse ou badiane étoilée ! Confirma Jojo.
– Mhhh….. ? Vraiment, une histoire à creuser !
Une fine équipe de grands gaillards sportifs comme vous, …, qui auraient peur d’une belle fille seule au bord d’une piscine!…..
Si c’est vrai, j’aurai vraiment tout vu !!!
A demain, 6 heures, éthylotest avant et après le service.
Pour mieux déterminer votre affectation d’après demain….

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60 réflexions au sujet de « LES PLUMES DE L’ÉTÉ 20 – Les textes en T ! »

  1. J’ai vu beaucoup d’images en te lisant, serais-tu talentueuse ?
    Et cette jolie phrase « seuls les nuages peuvent encore m’étreindre entre leurs voiles de coton ? » qui me fait penser au capiton de la caisse en bois.
    Bonne journée Choupinette. 😆

  2. Coucou Miss Aspho,
    Jean-Charles en doute encore de ton talent d’écriture… 😆
    Dans la première partie, ton texte est un tableau, les scénettes sont idylliques et nous transportent sans se forcer dans cette ambiance. Et puis, tu nous emmènes, par surprise, ailleurs, tu retournes la situation, du mouvement fébrile… au défibrillateur… Etrange et forte perspective, même si elle est un peu triste, car pour moi aussi tes voiles de coton me font penser au même capiton que Jean-Charles.
    Bonne journée, il fera plus frais vers toi
    Bisous

    • Sàène : Waouh !Ton commentaire est un vrai commentaire de texte, bravo !!! C’est ton « temps » qui m’a aidée mais le « transfert » a provoqué ce revirement !!! Et puis pas de capiton m’enfin, ce sont des nuages !!! 😆 Il fait plus frais, c’est encore bien plombé !!! Je ne sais pas quand je vais pouvoir ramasser mon linge !!! 😆 Bises et bonne journée !

  3. La mort du coeur comme la mort du grand cerf …
    Le temps qui n’existe pas dans ta deuxième partie se rappelle bientôt à notre bon (!) souvenir. La jolie rose thé ne fait pas le poids contre un défribillateur 😉
    « Le temps qui passe passe passe
    Avec sa corde fait des nœuds
    Autour de ceux-là qui s’embrassent
    Sans le voir tourner autour d’eux
    Il marque leur front d’un sarcasme
    Il éteint leurs yeux lumineux
    Le temps qui passe passe passe
    Avec sa corde fait des nœuds »
    Bon w-end (un peu plus frais, je pense. En tout cas, chez moi…)

  4. Ton texte est une nouvelle fois superbe et je ne le trouve pas triste, c’est ça que j’aime car on sent qu’elle s’y trouve bien, dans ces voiles de coton 😉
    De toute façon je suis friande de ce genre de poésie, car pour moi tu écris vraiment de la sorte, c’est doux, tendre, de jolis mots pour une belle histoire, belle car j’en retire que le positif par tes mots 🙂
    bisous et bon week-end !

  5. @ Jackline : oh ben ça rigole pas ici ! 😀 et soleil plus alcool ça fait pas trop bon ménage… il n’y a plus qu’à aller dormir ! 🙂 bon week-end bises

    • Merci Natiora, c’est un exercice imposé donc j’essaie de garder malgré tout une certaine harmonie mais je ne suis pas « égale » chaque semaine, loin s’en faut !!! 🙂

  6. Ping : Tambour battant | elcanard@ne

  7. Je me suis perdu dans les voiles de coton…. Un transfert que tu nous contes dans une douceur devenue palpable tant tu utilises bien les mots imposés. La froideur presque métallique de l’issue du texte est un sacré réveil !!!

  8. Pour moi la peinture est le plus mystérieux et le plus puissant des arts et ton texte est comme une aquarelle fraîche qui aurait pris un orage violent…réaliste et poétique…ça calme!!

  9. Commentaire pour le texte de Jackline : Oh la la … tu vas donner une drôle d’idée au gouvernement : des éthylotests au boulot ! :-O En tout cas, bien sympathique cette équipe 🙂

    Coincoins soufflés

    • SOS
      Tu me fiches trop le blouze!
      J’arrive pas à entrer dans ton « récit », trop peur!
      Se parece al SAS.
      Voui, super bien écrit, mais aglaglas, genre cannettes glacées, de trouille.

      • Jakline, tu ne peux pas laisser un comm sur le blog concerné ? Si tu ne peux pas, je te dirai comment faire quand tu les laisses ici !!! Je ne suis pas sûre que Canardo va comprendre !!! 😆

        • hihi… j’ai compris si si… Je comprends très bien l’Espagnol c’est ma langue natale. C’est le lieu du commentaire qui m’a un peu surpris 😉 Tu es trop cool Aspho : non seulement tu héberges les articles les textes de Jackline mais en plus tu reçois même les commentaires de textes édités ailleurs 🙂

          Coincoins españoles

          • Para Canardo de mi corazon : Que si que si ! Estoy buena, estara mi perdida ! Estaba convenido para Jackline de hacer aqui pero no conoces el modo de empleo de la blogosphera !!! 😆 Ay ay olvidado mi espanol (la tilde !) Me voy ahondar el problemo ! Buena noche amigo, manana es un otro dia… Besos besos besos !!! 😀

    • @ Claudia : J’ai vu que vous festivaliez à fond et Les Plumes m’ont happée !!! Je pause la semaine du 6 au 12 août mais ça reprend après, si vous êtes là, vous êtes toujours les bienvenus ! D’ailleurs Wens est devenu le personnage principal du feuilleton d’El Canardo et cette semaine, ça saigne dur !!! Bises Claudia, ta poésie me manque !!! 😉

  10. T’es pas ,…, vraiment passée, heu, comment dire, sur un chariot de feu?
    Ca fait peur!
    D’autant que t’as l’air bien vive!
    (impossible de faire un commentaire sur ton texte!….)

    • @ Jakline : je suis là ! Entre mes textes et la réalité, il y a parfois une graaande marge, je laisse aussi la parole à mon imagination !!! Ton comm est passé, tu vois pas de panique, faut juste cliquer sur « répondre » !!! 😀

  11. @ Jackline : Encore un bon dialogue qui décoiffe et qui appelle même une suite, afin d’en savoir plus sur celle qui fait peur aux Titis de tous poils. 😀

    • Merci Jane, j’espère que je me bonifie tant qu’à faire, à force d’écrire … on devient plus exigeant aussi, je ne sais pas, c’est un élan si spontané que d’écrire, si indispensable ! Et qui demande cependant du travail !!! 🙂 Bises 😀

    • Merci Jane, j’espère que je me bonifie tant qu’à faire, à force d’écrire … on devient plus exigeant aussi, je ne sais pas, c’est un élan si spontané que d’écrire, si indispensable ! Et qui demande cependant du travail !!! 🙂 Bises 😀

    • Merci Pierrot, l’habitude des hôpitaux, ça laisse des traces (surtout quand t’es encore dans les vapes et que les infirmières discutent à côté, c’est pas mal !^^)…

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