LIAN de Chen Jiang Hong

Un très bel album de l’école des loisirs !

Un conte magique ou l’histoire d’un pêcheur solitaire et pauvre, Monsieur Lô, dont la vie va être transformée grâce à une « très très vieille femme » qui, un jour lui donne des graines et lui conseille vivement de les semer ….

En une nuit les graines laissent  place à un champ de lotus magnifique. Entre les pétales d’une fleur, apparaît Lian, petite fille adorable, dotée de pouvoirs extraordinaires. Grâce à son lotus d’or, tout ce qu’elle touche se transforme en or. L’abondance va alors déferler sur la vie du pauvre pêcheur et des habitants de la province.

 

Mais tant de richesses  na va pas sans attiser la jalousie du roi lui-même et surtout celle de sa fille… Ils ont déjà le pouvoir et l’or, le lotus magique de Lian est donc hautement convoité pour des raisons encore plus hautes que l’argent .

Lian va peut-être perdre ses pouvoirs en se faisant voler le lotus, mais après tout, il est toujours possible de semer d’autres graines, d’amasser la fortune alors que… gagner un vrai papa et vivre comme une petite fille normale n’est pas forcément donné à tout le monde. C’est ce que nous dit la morale de cette histoire, joliment illustrée…

Une participation au challenge de Hérisson « Je lis des albums » et à celui de Catherine, dans la catégorie « Dragon de papier »… (il était temps !)

LA PATIENCE DES BUFFLES SOUS LA PLUIE de David Thomas

Comment résumer 69 nouvelles (franchement l’auteur aurait pu se fendre d’un texte supplémentaire ! J’ai lu sur Google, un peu partout qu’il y en avait 73, j’ai compté et recompté, il n’y en a dans cette version que 69 !) qui tiennent en à peine 150 pages ! Ce qui donne déjà une idée de la concision des « nouvelles » que je rebaptiserais bien volontiers de « brèves »…  Des fulgurances sur la vie, l’amour, le temps, l’ennui, la sexualité, sur tout ce qui nous interroge au quotidien et dans nos réflexions. Avec douceur ou avec l’extrême réalité d’une conscience aigüe et sans compromis. Lire la suite

THE SHOW MUST GO ON…with THE QUEEN !

Oui, bon, allez…facile mais pour les 60 ans du règne d’Elizabeth II, Jubilé de diamant oblige, je n’allais pas vous mettre Le God Save The Queen (que j’adore d’ailleurs), mais Queen et Freddie Mercury, toute une époque non ? Et, quoiqu’il arrive, eh oui, the show must go on !! Je voulais vous parler de Freddie Mercury mais les orages m’en ont empêchée, pfff ! Lire la suite

LE TEMPS GOGUENARD…

© Salvador Dali – 1931

A l’orée d’un âge qui s’enfonce déjà dans la nuit, ton visage s’est flouté avec les années. Pire que sur une photo jaunissante, le temps, méthodiquement s’est chargé d’en grignoter les contours comme les vagues gomment les bordures des falaises dentelées. Tu étais devenu mon confident éternel, tu m’avais emprisonnée à jamais dans un vêtement de deuil même si je m’habillais de blanc. Mon humeur alors versatile était devenue uniforme, recluse dans une forteresse capitonnée où les bruits de l’extérieur ne me faisaient ni bien ni mal. Surtout les stridences des sonnettes tirées par ceux qui se grisent d’amour. Ce sentiment mis à toutes les sauces du malmenage. Il reste une manne inépuisable pour les psys en tous genres ; il réanime à point nommé les manchettes ennuyées des journaux. Dès qu’arrive l’été, les pipoles de la planète s’habillent léger, suivi par de blondes hétaïres, gloussant sur commande avant de rouler sous la table, noyées de vodka-coke. Mais je m’égare mon amour. Reprenons. Le temps, ce petit salopard m’arrache jusqu’au souvenir du malheur ! Ce flou qui s’obstine n’est-il pas plus terrifiant que la netteté du cliché ? Il faut dire que l’odeur du bonheur est plus légère, plus volatile que celle des charniers.

Mais je n’ai pas voulu incarner la nostalgie à moi toute seule. Ressembler à ce courant d’air qui s’était engouffré pour balayer ce qui restait de nous et me surprendre à mâcher du vide. Rester béante  à panser mes cloques. A en devenir démagogue pour m’arranger avec ma bonne conscience (la mauvaise a fait pschitt toute seule !). Ce n’était plus une saine occupation mais un délitement sans issue. Mes illusions brisées sur les murs froids du silence jamais ne reviendraient… Et quand j’aperçois encore ton regard qui s’éloigne, je sais que les yeux de l’absence auront toujours la couleur des tiens, coulés dans le bronze de ma peau.

Ce que j’ai fait n’est pas trahir je pense. Tant d’années ont passé. Tu comprends ? Lui… Il est autre. Il est présent. Il aime. Il est vivant…

C’était ma participation à l’atelier d‘Olivia, « des mots, une histoire ». Les mots imposés étaient : versatile – hétaïre – uniforme – vêtement – cloque – jaunissant – démagogue – manne – goguenard – tablette – illusion – forteresse – confident – griser – manchette – occupation – orée – sonnette.

Je n’ai pas utilisé tablette, désolée !