REBECCA de Daphne du Maurier


Franchement ? Vous ne trouvez pas que la couverture de cette vieille (très vieille) édition fait très années 60 ? Limite chabada de Lelouch ? Quand on sait (après avoir ouvert le livre) que l’action se déroule dans les années 30-40, avec ambiance marquée de l’époque victorienne dans l’Angleterre bourgeoise, on se sent…volé sur la marchandise… D’autant que j’avais gardé un vague mais bon souvenir du film, là, avouons-le, c’est presque mièvre, de belles images certes, mais …

« J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley« . Cette petite phrase  et le simple nom de Manderley font se pâmer la moitié de la planète (j’exagère) (toujours un peu). C’est LA phrase culte et  c’est vrai que Manderley est une très belle propriété, qui fait rêver les jeunes filles… « Je me rappellerais l’été dans la roseraie et les chants d’oiseaux à l’aube, le thé sous le marronnier et le murmure de la mer derrière la courbe des pelouses. »

On pourrait croire avec cette introduction  (la première phrase du livre surtout) que l’on rentre dans une sublime histoire d’amour, qu’elle prend naissance là sous nos yeux rêveurs. Pas tout à fait (ou alors sublime mais contrariée) car la jeune narratrice dont on ne saura jamais le prénom, en épousant à Monte-Carlo, le riche veuf Maxim de Winter, accessoirement propriétaire de Manderley va nous raconter sur la première (large) moitié du roman qui compte 506 pages la longue épreuve qu’ont été les trois premiers mois de ses noces malgré son amour pour le ténébreux Maxim. Elle n’a que 21 ans et lui vingt de plus, il semble tourmenté par la disparition neuf mois plus tôt de sa somptueuse épouse, mystérieusement noyée en mer alors qu’elle faisait du bateau dans la crique privée de Manderley (oui, il y a aussi la plage privée). Manderley est un mausolée à la gloire de Rebecca dont personne ne lui parle, surtout pas Maxim (qui est quand même son mari ne l’oublions pas). Que peut-il lui trouver, à elle, petite fille pauvre, timide, empêtrée dans ses rougeurs et mal fagotée ? Elle vit dans l’ombre du souvenir de ce « grand R penché sur les autres lettres avec hauteur ». Elle ne cesse de faire la comparaison entre elle et la morte tout en essayant de répondre à ses questions. Elle pense même que Maxim, déçu par elle, la considère comme le chien de la maison :  » Comme une petite tape sur la tête de Jasper. Là, tu es un bon chien, couché, ne me dérange plus. (…) Je regardai Maxim mais il lisait son journal, il avait tourné la dernière page. » Pour couronner le tout, au retour du voyage de noces, la rêche Mrs Danvers, gouvernante de la maison, les accueille, le regard plein de haine et de mépris pour la jeune épousée :« Ses yeux ne quittaient pas mon visage. Je voyais bien qu’elle me méprisait, marquant avec tout le snobisme de sa classe que je n’étais pas une grande dame, que j’étais humble et timide. Mais il y avait autre chose que du mépris dans ses yeux, quelque chose d’hostile, de malveillant. »

Il va falloir attendre les pages 350 pour que Maxim se déclare, lui dise que c’est elle qu’il aime et avoue qui était vraiment Rebecca. Le rythme s’accélère et nous glissons (enfin) dans une atmosphère à suspense qui redonne un peu de souffle à cet amour contrarié et…unilatéral (en apparence). Pendant ce temps, la vie à Manderley est quadrillée par les rites victoriens les plus résistants : la cérémonie du thé (un grand moment du livre) à 16 h 30 précises, servie par deux domestiques est éloquente. Le progrès est entré puisqu’ils aiment rouler vite en voiture, ils fument cigarette sur cigarette (je ne sais pas si c’est le cas dans des traductions plus récentes), ils dorment dans la même chambre (arrgh ! déjà ça de pris). Bien sûr je ne vous en dirai pas plus sur les rebondissements et sur l’épilogue. Très prévisible et très classique bien que frustrant. Mais pourquoi ça finit ainsi ? Daphné du Maurier n’est plus là pour me répondre…

J’ai trouvé la traduction de 1939 de Denise Van Mopès vraiment datée, mauvaise et surtout ampoulée. L’abus d’imparfaits du subjonctif, de plus-que-parfaits est aussi nuisible que leur absence totale, (comme c’est souvent le cas dans beaucoup de romans  contemporains). Ici, cela alourdit et allonge le texte (voire le dilue), l’essentiel tout en cassant le rythme du livre que l’on devine plus harmonieux s’il avait été bien traduit. Bien sûr les descriptions de Manderley et l’étude psychologique sont détaillées, belles et évocatrices mais là encore, un phrasé plus « light » m’eût convenu. Mais c’est un livre d’ambiance également, nous sommes oppressés bien souvent, agacés aussi par les comportements de l’Homme à cette époque… Et moi je me souviendrai de la scène du bal costumé, de la Vallée Heureuse et du parfum des azalées que l’on froisse entre les doigts, de l’aile Ouest du manoir. Je n’en ai pas moins lu ce livre en quatre jours (et quatre jours très occupés !). Vous avez envie de romance et de détente, lisez-le mais pas cette traduction !!! Et attention, un petit détail pour certains mais dans mes souvenirs je me suis aperçue que je confondais Jane Eyre et cette histoire ! Mon érudite (et néanmoins) très chère amie Lili Galipette, au détour d’une conversation m’a confirmé que Rebecca était notoirement inspiré de Jane Eyre ! Haaa, tout est plus clair maintenant !

Daphné du Maurier est né en 1907 et décédée en 1989 en Angleterre. Elle avait par son père des  origines françaises. Je n’ai rien trouvé de particulier sur Wiki (je n’ai pas trop investigué non plus), mais ayant encore La maison sur le rivage, L’auberge de la Jamaïque et Le Bouc Emissaire dans ma PAL, j’y reviendrai !

Lu dans le cadre du mini-challenge de juin de Missbouquinaix « PAL EXPRESS », deuxième, je n’ai pas compté Sagan, un chagrin immobile qui était un cadeau de Lili mais qui faisait déjà partie de ma PAL !

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63 réflexions au sujet de « REBECCA de Daphne du Maurier »

  1. Dommage que la traduction soit mauvaise, je garde un puissant souvenir de ma lecture ! 🙂
    De cette auteure, j’avais été déçue par « L’auberge de la Jamaïque ». Ça ne se passe pas du tout en Jamaïque !!

    • Je pense que l’histoire et le décor ne sont pas prêts de s’effacer mais la lecture a été un peu gâchée ! Me restent La maison sur le rivage et Le bouc émissaire, je vais voir ! 🙂 (Je reviens de ma PAL !!)

  2. ah la la, dommage pour ta traduction, j’ai adoré ce livre et l’ai lu et relu. Je ne vois pas très bien en quoi il est inspiré de jane Eyre, par contre, je n’avais jamais songé à rapprocher les deux…que j’aime pourtant beaucoup beaucoup !
    mais j’avoue,le film d’Hitchcock est mieux (et si, soupiiiiiiir), la caméra sert à merveille l’angoisse, l’évolution de la jeune femme, la folie de la gouvernante…je l’ai revu il y a peu. Une de mes amies qui vient de finir le livre pense comme toi, sur les longueurs et la traduction…et vous avez la même !
    biz

    • Comme quoi la traduction a son importance et ce, même si on ne parle pas anglais couramment, on s’aperçoit que certaines choses « clochent » ! Mais ça ne m’a pas coupé l’envie de continuer à la lire !!! 🙂 Bises ma korrigane ! ♥

  3. Non tu ne parviendras pas à détruire mon mythe autour de « Rebecca », mais quelle idée de lire ce roman dans une vieille traduction !!!! avec « Jane Eyre », ce roman fait partie de mes lectures endiablées de mon adolescence voire pré-adolescentes, et a sans doute un peu conditionné mes goûts littéraires. Je t’ordonne de le relire dans une autre traduction 😉 !

    • Mais je ne veux pas détruire le mythe ! Et c’était un acte de bon sens pour ma vieille PAL !!! Voilà ce qui arrive ! D’ici quelques temps j’aurais envie de le relire dans une version…épurée ! Je regarderai bien avant d’acheter ou d’emprunter, sois en sûre !!! 🙂

  4. J’avais beaucoup aimé la lecture de Rebecca et j’ai adoré aussi L’auberge de la Jamaïque! Mais j’étais jeune alors, et exaltée par tout ce qui ressemblait de près ou de loin à l’Aventure… 😉

    • L’histoire m’a plu bien sûr et tout ce qu’elle véhicule de rêves… Mais je t’assure que cette traduction, pfff ! C’en était gênant ! Jane Eyre m’avait « exaltée » !!! 🙂

    • Ado ou pré-ado cette traduction pouvait encore passer (quoique aujourd’hui ça ne le ferait pas du tout !) mais c’est resté mythique et on a du mal à voir s’effriter nos mythes, parfois mieux vaut ne pas relire… (dans ce cas là, je relirais volontiers une version plus jeune !!!) 🙂

  5. Je dois le lire, puisqu’il est sur ma liste des livres à avoir lus (liste que je traîne depuis un certain temps, mais je n’aime pas me forcer à lire ^^), si je comprends bien, il va falloir que je trouve une bonne traduction !

  6. J’ai adoré ce roman. L’ambiance en est si belle … Et le style est un régal.
    Si tu veux en savoir plus sur les origines français de Daphné « Du Maurier », je te conseille de lire Mary Ann, où elle raconte la vie d’une de ses ancêtres…

    • Les veufs ne sont pas tous pareils heureusement et là c’est un veuf quasi « victorien » alors … Je suis sûre que tu aimerais même si certaines choses ne seraient plus crédibles à l’heure de l’ADN et autres technologies… Il faut se laisser emporter par le souffle romanesque et ne pas décortiquer !!! 🙂

  7. toujours en attente de lecture…mais promis, je m’engage à le lire très très vite….dans une traduction trèèèès récente, livre réédité il y a peu 😉

  8. J’avais lu ce livre quand j’étais au collège et j’en garde un excellent souvenir. J’aime beaucoup Daphné du Maurier depuis, notamment Ma cousine Rachel que j’ai dévoré. Dommage que la traduction vieillotte t’ait gâché le plaisir 😦

    • Moi je n’avais vu que le film et j’avais gardé un meilleur souvenir de Jane Eyre mais bon, la traduction ici y est pour beaucoup, n’empêche que j’ai aimé quand même, malgré mes bémols !!! 🙂

    • Question piège l’Or !!! 😉 Je dirais oui pour Jane Eyre en premier et Rebecca dans une version…récente ! Les deux ont quand même leurs particularité, une atmosphère, après c’est le style qui fait la différence, je chipote, je chipote ! Jane Eyre est peut-être moins « démodé » par certains côtés également, plus intemporel mais on ne peut oublier Manderley, donc…même daté, un livre-culte le reste ! 🙂 Est-ce que tu es plus avancée ?^^

  9. Oui, c’est vrai, c’est un peu prévisible, mais toujours tellement bien trouvé. J’avais adoré ma lecture et je suis prête à tous les lire. Il faut dire que je m’attendais à un petit truc mièvre, et passé les 50 premières pages, j’ai découvert quelque chose de plus intéressant.
    En tout cas, je te rassure pour l’avoir lu tout récemment en livre de poche (celui qui vient de ressortir), la traduction a subit un sérieux lifting apparemment 🙂

    • J’espère pour le lifting car dans mon édition il y a des passages « mièvres », enfin limite…ce qui n’enlève pas à la beauté « globale » mais tout juste ! Je vais quand même lire ceux qui me restent mais comme ce sont aussi de vieilles éditions, je crains le pire….

  10. J’ai lu le même que toi ! Même couverture ! Et j’en ai un souvenir vivace, j’avais adoré !!! J’aime D. du Maurier sans restriction. Je ne me souviens pas avoir été dérangée par le style à l’époque, mais je parle d’un temps que les moins de 20 ans…Aujourd’hui je pense que j’y serais plus attentive. Malgré mon souvenir enthousiaste je pense comme notre Bigoudène, le film que je revois régulièrement apporte un plus au roman. Hitch a vraiment su tirer le meilleur du roman. Il faut que tu vois ça !

    • J’ai vu le film mais comme tu dis dans une autre vie, un temps que les moins de vingt ans… Il m’avait marquée, à revoir ! Par contre cette traduction est épouvantable !!! Il faut que je revois le film !

  11. Grands dieux que j’ ai aimé ce livre, lu et relu (je me foutais des mauvaises traducs à cette époque là!) et le film …Mrs Danvers me terrorisait (plus tard, elle me faisait rire…mais beaucoup plus tard…). J’ ai aimé itou L’ Auberge de la Jamaïque.
    Je ne sais pas si les ados de maintenant se retrouveraient là dedans …

    • Bah tu vois je ne m’en souvenais pas tant que ça, je confondais avec Jane Eyre ! Le film d’Hitchcok m’avait embrouillé plus qu’autre chose… Mais Manderley reste un rêve d’adolescente ! Par contre la fin ne serait absolument pas crédible aujourd’hui avec l’ADN et tutti quanti, les jeunes rigoleraient mais les ados romantiques qui liraient une version « épurée » rêveraient tout autant… Quoique…la soumission n’est plus trop dans les moeurs non plus…

  12. J’avais zappé cet article. Comme je te le disais en privé, je ne sais pourquoi mais j’ai un souvenir très fort de cette histoire vue dans une adaptation télé quand j’étais ado, je l’ai vue plusieurs fois et j’étais fasciné par cette jeune femme malheureuse et torturée, je me souviens de Manderley……tous les noms me reviennent….c’est le genre d’histoires qui sont faites pour moi….
    Aujourd’hui j’attaque les Hauts de Hurlevent…bises miss.

    • Je ne doute pas une minute que ce soit le genre d’histoires faite pour toi mais alors, prend la dernière traduction car tu vas choper de l’eczéma avec les eusse-asse et autres temps qui ici alourdissent le récit ! J’ai aussi prévu Les Hauts de Hurlevent pour juin mais je m’aperçois que j’ai deux SP en retard et 4 LV à écluser, donc dur dur !!! Si je peux en cours de route, je te rejoindrais !! Bises boy ! 🙂

  13. J’essaye pour la 5e fois de poster mon commentaire (un de ces jours, mon ordi va passer par la fenêtre !). J’ai tenté de lire L’auberge de la Jamaïque du même auteur, je n’ai pas réussi à arriver au bout. Je n’avais qu’une envie : coller une baffe pour réveiller l’héroïne ! On m’a dit que Rebecca était bien mieux. Je veillerai à ne pas prendre cette traduction, merci du conseil.

    • On se calme, on se calme ! 😆 Il est déjà passé ce matin ton comm !!! Merci pour ta ténacité en tout cas !!! Je ne connais pas l’auberge de la Jamaïque mais j’avoue que tu es la deuxième à me dire qu’il n’est pas bien, je me rabattrai donc sur La maison sur le rivage, en espérant que la traduction soit meilleure vu que c’est également une vieille édition !!! Bonne fin de soirée ! 🙂

        • Mais tu ne me harcèles pas ! 😆 Je ne vais pas lire La maison sur le rivage de suite, j’ai des tas de LV en retard et deux SP, il faut quand même que je m’y mette… Donc tu peux lire Rebecca dans un premier temps dans la dernière version ! 🙂

    • J’avais aimé à l’adolescence mais quelques années après (beaucoup d’années^^), je trouve cela peu crédible mais la part de rêve reste malgré tout, c’est le principal ! J’espère juste que mon exemplaire de La maison sur le rivage sera moins daté que Rebecca…

  14. J’ai bien aimé Rebecca, pas un coup de coeur mais l’écriture de Daphné Du Maurier est agréable. Je m’attendais à un peu plus d’angoisse quand même. Je pense en lire d’autres de cette auteur que je découvrais avec cette oeuvre.

  15. Ping : BILAN DE JUIN, Bilan du régime palesque…de Miss Bouquinaix ! |

    • @ Enigma : attention, les vieilles traductions sont…ampoulées, je n’ai pas aimé la mienne, disons qu’elle m’a gâché la moitié du plaisir ! Je ne me souviens plus trop du film, à revoir également ! 😉

  16. Incroyable, moi j’ai été emballée, peut-être n’avons nous pas la même traductrice, mais j’ai adoré, (et oui ils fument tous comme des pompiers…j’apprécie je dois dire). La traduction a-t-elle autant d’importance où sont-ce nos avis qui sont divergents?

    • Galéa, ma traduction m’a vraiment gâché la lecture car j’ai bien aimé malgré tout ! Cette image de Manderley reste gravée à jamais comme la lande chez les Soeurs Brontë mais il y avait des passages vraiment mièvres ! Pour le fait qu’ils fument tu te doutes bien que ça ne me dérange pas ! C’est dans les livres non-fumeurs que je voie les aberrations du politiquement correct, comme si l’Amérique avait cessé de fumer d’un coup ! Ou ailleurs… C’est vraiment pas crédible ! Bref ! 😀 Je le relirai dans quelques années mais dans une version moins vintage, que j’adore certes mais trop lourde….

  17. Je suis fan de Daphne du maurier! Elle a un style je trouve si contemporain. Rebecca est mon perfere. Je les ai tous lus en anglais. Si je peux conseiller en nouvelles de l’auteur, « the doll and other short stories » pour les bilingues (le vocabulaire n’est pas trop complique donc meme pour les un peu moins bilingues). Certaines sont vraiment bien. Je n’ai pas lu les oiseaux. Quand on realise toute l’atmosphere que du maurier instaure dans ses bouquins, c’est sans surprise qu’on comprend combien Hitchcock aimait ses nouvelles pour les adapter au cinema.
    Les traductions oui c’est terrible parfois et c’est impossible de savoir quand on choisit le livre de savoir si c’est une bonne traduction ou non.

    • J’avoue que cette relecture a été un peu gâchée par la traduction mais bien sûr j’ai adoré ! J’ai un peu de mal avec les autres, je n’accroche pas facilement… Et en anglais ce n’est même pas la peine !!! 😆 Mais j’ai vu tout Hitchkock dans ma jeunesse ! 😉 Les oiseaux m’avait tellement traumatisée que je n’ai jamais tenté le livre…:)

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