LA PATIENCE DES BUFFLES SOUS LA PLUIE de David Thomas


Comment résumer 69 nouvelles (franchement l’auteur aurait pu se fendre d’un texte supplémentaire ! J’ai lu sur Google, un peu partout qu’il y en avait 73, j’ai compté et recompté, il n’y en a dans cette version que 69 !) qui tiennent en à peine 150 pages ! Ce qui donne déjà une idée de la concision des « nouvelles » que je rebaptiserais bien volontiers de « brèves »…  Des fulgurances sur la vie, l’amour, le temps, l’ennui, la sexualité, sur tout ce qui nous interroge au quotidien et dans nos réflexions. Avec douceur ou avec l’extrême réalité d’une conscience aigüe et sans compromis.

C’est souvent bien vu, parfois moins, le verbe est vert, sans chichis et les images, les émotions sont violemment restituées. Tous les textes sont écrits à la première personne, sauf que ce « je » n’est pas toujours l’auteur mais une femme, un autre…un sujet dont il a envie de parler…

David Thomas peut nous raconter les « maigres » comme cela, p 78. :  » Son ventre est creux, sa fesse triste, ses épaules en forme de portemanteau, ses pectoraux dégoulinent, il pisse entre parenthèses et on ne lui demande jamais de radio pour vérifier l’état de ses côtes ». (Quand je vous dis que le moindre sujet est abordé).

Ou quand il évoque le « Passé » p.89 : « J’aimerais que ce jeune type avec mes vingt ans de moins ne me juge pas. J’aimerais qu’il me pardonne de l’avoir trahi. » Quand je vous dis qu’il ne se complaît pas et qu’il ne se fait pas de cadeau… C’est fort pour certains textes et si juste ! Chacun à un moment peut s’y reconnaître. Ce sont presque nos propres réflexions mises en mots simples, efficaces, « droit-au-but »… Même si certains textes sont bof-bof, les bons rattrapent la moyenne !

Jean-Claude Dubois qui a écrit la préface est dithyrambique : « Quand vous lisez cela (…), vous allez bel et bien entrer dans les communs de l’humanité, découvrir les replis des corps et des esprits, ces endroits embarrassants que l’on fait rarement visiter. L’homme y est souvent inégal, mesquin, plus petit que lui-même. (…) fait partie de ces livres formidablement simples et sobrement raffinés qui nous rendent intelligibles à nous-mêmes… » Certes, nous sourions « jaune » parfois, certaines images peuvent nous sembler cliché mais la sincérité de l’auteur est trop criante pour que nous soyons dupes, ni de lui, ni de nous, pas même de cette humanité qui sait se montrer si formidable et si terrifiante quand une faille est mise à nu…

Pour la fin, un de mes passages préférés, mais ce livre est noyé sous les post-it, à lire, relire quand on veut se réconcilier avec soi-même, p. 55 : «  Je n’en ai jamais parlé à personne. Mais tu vois, quand je me sens éloigné de tout, même de ma propre respiration, ou de la caresse de mes doigts sur ma barbe, quand je me sens si loin de ce qui fait de moi un être vivant, j’entends la détonation d’un fusil de chasse ».

SUR L’AUTEUR

Né en 1959, et après dix-huit ans de journalisme, il se consacre à l’écriture depuis 2007. Il a remporté le Prix de la Découverte 2009 de la Fondation Pierre de Monaco pour « La patience des buffles sous la pluie » et le Prix Orange pour son roman « Un silence de clairière » paru en 2011.

Lu dans le cadre du R.A.T.  le mois dernier et un grand merci à Jeneen de me l’avoir offert. Clara, Liliba et Yv ont également beaucoup aimé ! Il entre dans le Challenge de Sharon « Animaux du monde« .

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62 réflexions au sujet de « LA PATIENCE DES BUFFLES SOUS LA PLUIE de David Thomas »

    • Je pense qu’en parler ne suffit pas, il faut les lire !! Il y a du moins bon mais dans l’ensemble, c’est bien ! Et puis on parle toujours des gros, alors un petit focus sur les maigres de temps en temps hein ?^^ Si tu veux, je peux te le prêter ?

  1. Je l’ai déjà aperçu à la médiathèque mais pas trop envie de ça en ce moment. Il me faut du consistant! Mais je le note, pour une période plus légère peut-être. Ou plus introspective! 🙂

  2. C’était bien comme lecture pour le RAT, mais pas très envie de ça en ce moment. Et pas très envie de quoi que ce soit d’autre…mais ça va revenir ! Je crois bien que je vais rester sur les extraits que tu donnes et le magnifique titre. bisous ensommeillés

    • Tu viens hier, tu me parles d’un « charmant » voisin et aujourd’hui tes bisous sont ensommeillés, comment veux-tu que je ne m’inquiète pas ??? Il te faudrait la patience d’un buffle sous la pluie mais tu crois qu’une vache fera l’affaire ??? (nous ne sommes pas en Afrique), la poésie en moins certes ! 😆

        • si c’est le même plan que celui de la vendénne, c’est pas gagné !!! y sokup que des poubelles ! (euh, les poubelles en plastiques, m’enfin !)
          bon avec ça, j’oublie de parler de ce billet : on a pensé la même chose, nos billets se répondent !
          biz geekette

          • Meuh non ce n’est pas le même plan ! Moi mon voisin est gentil et pas bruyant !!! J’ai beaucoup aimé ce livre, nous sommes d’accord ! Bises korrigane sur les dents !!! ♥

  3. Comment ça 69 c’est un beau chiffre : c’est celui du Rhône 😆
    Contrairement à Somaja, le titre ne m’incite guère… Ca veut dire quoi en fait « la patience des buffles sous la pluie » ?… Moi qui suis Taureau (un peu vache, donc !) la pluie me fait perdre patience, justement, j’en peux plus, hier c’était le déluge, aujourd’hui c’est gris et refrisquet… je m’énerve rien que de l’écrire ! Faudrait mieux que je sois buffle, alors ?…
    Ayé, tu vas encore te casser une côte à rire…
    A oui, les « maigres » !… vaut mieux être enrobée…
    Tiens donc, M. Thomas qui parle de tout, ne parle pas des « grosses » ?… c’est un mec, courageux mais pas téméraire, hein 😆
    Bisous

    • Alors, je réponds dans l’ordre (vais essayer), 69, disons que j’aime les chiffres ronds, je n’ai rien contre le 69 ! Pour les buffles, as-tu déjà été en Afrique (ou vu des reportages sur Arte ?) ? Un buffle c’est plus élancé qu’une vache (plus poétique disons) et quand il pleut en Afrique en pleine savane, mieux vaut être patient… Cela dit ici c’est une image comme une autre… Et toi je ne te vois ni en buffle ni en vache mais tu dois être Taureau ascendant Zébulon pour avoir autant de « ressort » !!! 😆 (Bah quoi, c’est beau la pluie qui tombe, ah ne me tape pas !). Vu la photo de Monsieur Thomas je pense que ce n’est pas un « graisseux » et s’il parle des maigres, il parle de ce qu’il connaît à mon avis, pourquoi parler de ce qui nous est étranger totalement ??? Ce n’est pas toujours facile d’être maigre, contrairement à ce que l’on pense ! On parle toujours des « gros » alors ça change !!! 🙂 Bisous ma bufflette arrosée !!! :D♥

  4. Alors celui là je viens de le noter sur sur un post-it…je sens que je vais l’aimer…je suis perplexe vu le nombre de pages pour 69 nouvelles : y a t-il une chute à chaque fois? Mais les extraits suffisent…sans parler de ton ressenti. Le titre est très vendeur en plus.
    J’ai déjà fait remarqué à Soène que le 69 n’était pas seulement le numéro du département du Rhône mais elle persiste….enfin c’est un autre sujet…

  5. Je note !!!!!! J’adore les nouvelles très très brèves… Avant je n’arrivais pas à écrire autre chose, d’ailleurs ! Mais 😥 il me faudra bien 3 jours pour éplucher mon Google Reader après mes exams…

    • Tu vas être servie par la brièveté !! Et je pense bien à toi en ce moment, et ta tête qui penche tellement elle est chargée de connaissances !!! 😆 Pas d’abus avec le GR, ça rend sourd !!!^^

      • Merciiii Aspho, ça fait chaud au coeur ! 🙂 Dans 30 min, une ancienne de l’IESSID (mon école moisie) vient m’aider à comprendre cette saleté de cours de Gestion numérique des connaissances… J’ai déjà la tête comme un seau… 😦

    • Mais bien sûr Béa, il part chez MTG lundi, donc il te l’enverra ensuite ? Ca te va ? Je peux lui demander (il ne lit pas toujours vite), tu passes en premier et lui après ? Tu me dis ! 🙂

        • Il part demain chez MTG dans l’Ariège et je lui mettrai un mot avec ton adresse pour qu’il fasse suivre !!! Tu sais que je me sers de ton marque-pages, il est pratique et vraiment chou ! Je n’en ai pas parlé hier car beaucoup de soucis de connexions en ce moment avec le mauvais temps et je fais mes billets en quatrième vitesse !!! (en 5ème même) 😆

  6. J’avais beaucoup aimé ce recueil de nouvelles également. J’ai eu l’impression de regarder un album photo, des instantanés de vie glanés à gauche et à droite… Lecture très agréable.

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