Le 400ème billet avec Edith Wharton !


Deuxième version de ce 400ème billet qui a « disparu » pendant la nuit, pas même une sauvegarde pour le récupérer en entier ! Merci WordPress de me faciliter la tâche. Et d’avoir perdu deux heures…à le refaire ! Aussi, pour bien fêter l’évènement, autant le faire avec un roman, Été, d’Edith Wharton, que j’ai beaucoup aimé. Je remercie LiliGalipette qui me l’a offert à Noël dernier. Comme George nous le demande pour son challenge Edith Wharton, ICI,  je vais  juste faire un résumé de l’histoire et insister sur le personnage féminin principal, Charity Royall …

Résumé

Charity Royall, adoptée en bas âge par Mr Royall, avocat et notable d’un tout petit village de Nouvelle-Angleterre, North Dormer, est une jeune fille qui a « horreur » du monde qui l’entoure et rêve d’autre chose sans que cela ne soit clairement défini au départ. Elle sait qu’elle vient de la Montagne, zone de non-droit où seul le pasteur se risque, elle sait que c’est un endroit honteux et qu’elle doit remercier le Ciel d’avoir une si belle maison (un toit sur la tête). Elle apprendra plus tard que sa mère y était prostituée et qu’elle l’a littéralement « donnée » à Mr Royall pour la sauver de ses racines. Mais Charity est fougueuse, orgueilleuse et va connaître les affres et les délices d’un premier amour, elle voudra aller plus loin que son rêve mais la réalité la rappellera à l’ordre. Si je ne veux pas déflorer le roman, je ne peux guère vous en dire plus…

Le personnage de Charity Royall

La quatrième de couverture nous avise qu’il s’agit d’un roman « qui traite franchement de la sexualité féminine, vue comme force vitale puissante et constructrice ». Ce roman était « fort moderne lorsqu’il fut publié la première fois en 1918 ».

Je n’y ai vu aucune allusion « sexuelle » proprement dite, mais la forte sensualité qui se dégage du personnage de Charity est très animale, palpable à la lecture ; elle se sent en osmose avec la nature dès que le printemps arrive et adore se coucher dans l’herbe. On la sent prête dès le début à rencontrer l »amour. Après avoir repoussé les avances de son vieux tuteur, elle va s’éprendre d’un jeune homme, étranger au village, qui incarne tout ce qu’elle aimerait avoir : partir de ce village calme et ennuyeux, fuir son tuteur et ennemi, se frotter à la dimension d’une ville… L’orgueil et la haute idée qu’elle a d’elle-même, malgré la honte de ses origines seront-ils suffisants pour qu’elle échappe au sort des femmes séduites ? Tomber enceinte, se faire avorter puis se faire épouser rapidement par le premier venu… Que nenni ! On sent également qu’Edith Wharton insiste sur l’inculture de Charity, dans la façon indifférente que cette dernière a de considérer les livres, l’inutilité d’une bibliothèque par exemple alors qu’elle est censée y travailler (et éventuellement y prendre du plaisir). De détail en détail, Charity nous apparaît somme toute assez frustre pour échapper au joug d’un homme et revendiquer son indépendance. Elle avait des atouts et des traits de caractère pour lui permettre de résister mais sans la culture et l’éducation, elle ne coupera pas au sort réservé aux femmes de cette époque qui ont mis la charrue avant les boeufs. Et encore, Mr Royall est bien gentil de lui assurer la paix et la sécurité d’un toit malgré ses tocades… et ses origines.

Certes, la fin est triste, douloureuse même quand on pense que les jeunes filles de la fin du XIXème, début du XXème siècle ne pouvaient s’offrir le luxe d’un amour d’été, d’un amour tout simplement hors mariage. Et que le « travail » que l’on réservait à une jeune fille peu éduquée (sur le plan scolaire) relevait presque de la charité (au mieux d’une occupation) ! L’obsession de Charity de ne pas faire comme celles qui sont en disgrâce car tombées enceintes (et passées chez la faiseuse d’anges) se ressent comme une tension permanente, comme si l’amour était indissociable de « faute ». Charity ne nous est pas très sympathique tout au long du livre mais c’est la société qui n’était pas sympathique pour les femmes de cette époque. Le personnage de Mr Royall n’est pas odieux non plus mais vu par les yeux d’une très jeune fille, il n’inspire ni l’amour, ni la promesse d’un nouveau matin… Ce n’est pas le perdreau de l’année. Ce tableau social de la pauvre jeune fille recueillie par un notable riche, et qui finit mal, ne devait pas être la fin que recherchaient les lectrices de l’époque dans les romans, ce n’est d’ailleurs toujours pas la fin que l’on attendrait. Edith Wharton a vraiment un style à la fois ciselé et mordant, tout en finesse pour nous amener à une réflexion pertinente sur le sort de son héroïne. C’est le premier que je lis de cette auteure, je n’ai pas de recul sur son oeuvre, mais j’y ai senti passer un souffle acidulé, sans langue de bois qui me donne envie de continuer ma découverte !

Lu dans le cadre du Challenge Edith Wharton de George, ma première participation !

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40 réflexions au sujet de « Le 400ème billet avec Edith Wharton ! »

  1. je te plains car faire un article et le voir disparaître a de quoi de mettre les nerfs en pelote!!
    Je ne connais pas du tout cette auteure alors pourquoi pas? Lecture d’été?
    Bisous et à bientôt

    • Grrr (j’en râle encore)! Je ne connaissais pas non plus et je suis ravie de ma découverte ! Lecture pas vraiment d’été malgré le titre… Ce n’est pas un « tourne-pages »… 😉

  2. J’aime beaucoup cette auteure. J’ai adoré lire « les boucanières ». J’en ai un en attente de lecture faut que je me motive. Je termine « Nord et Sud » et je m’y colle.

  3. Une histoire qui me plairait très probablement mais j’ai déjà 10 livres en attente donc je me mets en pause sur les possibilités futures de lecture…dis moi c’est intéressant et marrant comme formule » le perdreau de l’année »…j’aimerais bien que tu développes un peu l’idée…

    • Je développe : passé 20 ans, tu n’es plus un perdreau de l’année !! Ou une perdrix…a fortiori quand tu es très jeune, les vieux sont toujours très vieux ! Mais je peux te donner des exemples…en privé, pour ne vexer personne ! 🙂

  4. Été est celui que j’ai le moins aimé , c’est dire comme tu devrais apprécier Edith Wharton ! J’ai (presque ) tous ses livres, si tu en as besoin ! ( à partager avec aymeline ! ) et j’ai adoré « fièvre romaine », « le temps de l’innocence », « vieux nyork » » les boucaniers »…tout quoi !!!! Bouillie ma chouanne préférée et bravo pour ce beau billet

  5. Ping : Challenge Edith Wharton by George | Les Livres de George

  6. Les billets qui disparaissent, je ne connais que trop !
    Je croule sous les livres, je ne sais même pas quand je parviendrai à lire un roman d’Edith Wharton – dans six mois ?

  7. Cette Edith Wharton est dans ma ligne de mire….mais pas pour tout de suite. 400 billets ! Je suis vraiment une petite joueuse à côté de toi. Le vent chouan décuplerait-il les capacités de rapidité de lecture et d’écriture ??? bises la belle ♥♥♥

    • Si tu le veux, tu me demandes, là il part chez Aymeline, donc tu pourras le lire après… Bah tu vois que je travaille mine de rien ? Bon, certes il n’y a pas que des billets de lecture loin s’en faut mais faut tenir le rythme ! Et ce n’est pas le vent, hi hi !! La disponibilité peut-être… Gros bisous ma belle ! ♥

  8. J’aime beaucoup Edith Wharton, j’ai pour le moment énormèment apprécié  » Chez les heureux du monde » qui ne termine pas très bien non plus. J’ai acheté « les boucanières » récemment. Je note celui-là pour un prochain achat!
    ps: très bel article =)

  9. Ping : BILAN D’AVRIL & Requêtes diverses! |

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