LE FRONT RUSSE de Jean-Claude Lalumière


Editions le Livre De Poche – 2011 – 210 pages – 6,10 €.
Non, ce n’est pas le billet le plus court de l’année mais presque… En fait, je l’ai fini il y a quatre-cinq jours environ et je n’ai rien eu envie d’écrire pendant ma  lecture et encore moins après. Il m’a laissée dubitative et ne m’a pas emballée plus que ça.

Roman écrit à la première personne.  Le narrateur est un enfant triste qui a grandi dans une famille bourgeoise moyenne avec pour consolation la lecture acharnée des magazines Géo. Pour réaliser ses rêves de voyage (et de petit garçon), il veut entrer au Ministère des Affaires Étrangères pour devenir  diplomate (le rêve ultime) afin d’arpenter les quatre coins de la terre.

Il y arrive presque, sauf que pour sa première nomination, à cause d’une mallette encombrante et chargée de symboles, il est envoyé dans un placard :« le front russe ». C’est une antenne du fameux Ministère mais on y gère « les pays de l’est  en voie de développement » et la Sibérie… Tout un programme. De désillusions en incompréhensions, il nous brosse le portrait d’un homme qui a souffert jeune et accumule les déconvenues avec cette machine sans âme : l’administration encore coincée à l’ère préhistorique, avec les mêmes critères d’avancement qu’il y a cinquante ans (au moins !).  Un fonctionnement archaïque qui donne lieu , une fois sur deux à des malentendus, des couacs invraisemblables à notre époque d’Internet. L’invraisemblance ici est égale au désespoir du héros. Tout est à la mesure de la déception initiale : les cafouillages dans sa vie privée, ses projets qui piétinent et lui qui va se décourager plusieurs fois malgré sa motivation première, condamné à suivre la loi de l’Administration à défaut de pouvoir y changer un petit clou resté accroché aux cimaises jaunies…

Je m’attendais à rire plus que ça, en fait je m’attendais à beaucoup plus, après avoir lu les critiques enflammées de la presse à sa sortie en 2010  (et même maintenant). Certes Jean-Claude Lalumière prend le parti pris de l’ironie et de la dérision face à l’absurde. Deux ou trois scènes dans le livre m’ont fait sourire : celle du pigeon mort, celle du chien de sa petite amie Aline et celle des faux journalistes… Mais le ton est plutôt sinistre et la fin ne m’a pas contredite, elle est glaciale pour ne pas dire désespérée ! Je ne vous en dis pas plus pour ne pas « spoiler ». La seule citation trouvée est celle de jeudi dernier, je n’en ai pas vu d’autres qui me plaisaient autant…  L’écriture est classique, très classique, elle se lit trop lentement à mon goût. La grisaille affichée de l’histoire  ne m’a pas emportée aussi loin que je ne le pensais, je suis restée à quai, moi aussi…

Je remercie les Éditions du Livre De poche pour leur confiance et leur envoi, c’est de ma faute, je l’avais choisi entre trois !
Je sais qu’il a été lu par Sandrine (qui n’a pas « trop aimé »)  et Sév des Chroniques assidues a moyennement apprécié récemment..  Et certainement beaucoup d’autres… Il compte également pour Le Défi Premier Roman d’Anne, ICI. Mais aussi pour le challenge Petit Bac d’Enna même si le métier n’est pas dans le titre (quoique), le livre est centré sur la carrière administrative essentiellement sur …ce front russe…

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36 réflexions au sujet de « LE FRONT RUSSE de Jean-Claude Lalumière »

  1. Ah là là, tu as été gentille… moi je crois que je n’ai pas réussi à l’être ! Vraiment pas compris ce qu’on lui trouvait à ce livre..

  2. Ton billet résume très bien ce que l’on peut ressentir à sa lecture ! C’est drôle qu’il ait eu autant de bonnes critiques dans la presse et en général. C’est l’effet « livre sur les fonctionnaires français » qui marche bien ?
    Et sans indiscrétion, quels étaient les deux autres livres que tu pouvais choisir ?

    • J’avoue que j’ai eu du mal pour ce billet car je ne savais trop quoi en dire ! J’ai été voir des critiques du Magazine Littéraire, etc, et j’ai l’impression qu’on n’a pas lu le livre sous le même angle… Ou comme tu le dis, se moquer (caricaturer tout au moins) de la Fonction Publique est peut-être un créneau porteur ! Pour les deux autres je ne me souviens plus, j’hésite entre Véra Candida ou quelque chose comme ça et le 3ème, plus de souvenirs du tout (aïe ma tête !^^)…

  3. donc le gars veut être diplomate pour voyager ? au lieu de râler sur sa vie, il n’a qu’à démissionner et partir, il n’a pas choisi ce métier pour les bonnes raisons^^ je n’ai pas vraiment envie de le lire, surtout après que tu m’ais dit la fin 🙂

    • Le point de départ c’est ça, les « Géo » de son enfance « moyenne » lui font voir le Quai d’Orsay comme la panacée ! Je ne pense pas que tu aimerais de toute façon, même sans la fin désespérée… 😉

  4. Et ça c’est un billet court? Muhahah comme dirait quelqu’un… 😉 C’est un livre que j’ai trouvé drôle en surface mais qui dans le fond est terrible, sans appel… Du coup, pas étonnant qu’on rie plutôt jaune…

    • Pour moi c’est court ! Un quart de page Word, c’est pas bésef !^^ Quand j’ai lu les critiques « littéraires » j’ai eu la sensation que les journalistes ne l’avaient lu que d’une façon, ils n’ont absolument pas jugé le fond et sont restés perchés sur la forme qui est plus ou moins drôle…

  5. Pas la peine de lire le bouquin puisque, en quelque sorte, je le vis au quotidien… Et pour ma part, ce n’est pas faute d’avoir essayer de secouer la machine… Moins on est capable, moins on en dit et moins on en fait, plus on attrape des échelons… Et en étant non titulaire, on n’a pas de plan de carrière…
    Franchement, c’est désolant. Actuellement, je m’en fiche un petit peu plus, je me détache de ce système et je réplique : « pas impliquée = pas appliquée » ou : « trouvez-moi une bonne raison d’être motivée »…

    Une remarque, l’auteur n’a pas vraiment beaucoup de choses à dire sur le sujet, si on considère le nombre de pages de son roman 🙂
    Bises

    • Je pense justement qu’il a dû intéresser pas mal de fonctionnaires (entre autres certes) qui s’ils sont caricaturés sont quand même bien là ! Et 210 pages suffisaient largement, plus aurait été indigeste, ce n’est pas le cas non plus… 🙂 Bises♥

  6. Et pourtant, beaucoup peuvent se reconnaître dans la trajectoire initiale du petit garçon.
    Mais si l’univers dépeint et le style d’écriture sont gris je comprends que tu soit déçue.
    Je me souviens vaguement d’en avoir positivement entendu parler à l’époque de sa sortie.

    • Je n’en doute pas une seconde, mais gris à ce point là (surtout les derniers mots que je ne te dirai pas bien sûr ^^) m’ont laissée au bord du livre, je n’y suis jamais vraiment entrée… Et les critiques l’ont encensé mais je ne tiens plus compte des critiques (enfin j’essaye), je préfère me faire mon avis…

  7. Ben dis donc, je l’ai échappé belle, j’ai failli plus d’une fois me laisser tenter. Remarque, pour les problèmes de sommeil, c’est peut-être pas si mal ! 😉

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