L’ANNÉE DE MES PEURS de Noelle Hancock


Editions Philippe Rey – février 2012 – 21 €uros. 347 pages. Reçu dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio.

 J’ai connu il y a une dizaine d’années, une catégorie dans la génération mâtinée « Ally McBeal-Bridget Jones », des trentenaires désenchantés et régressifs qui passaient leurs soirées à jouer à la console en sirotant du Passõa (ou des cocktaileu à base de Passõa) tout en parlant de leur passé (déjà !) jusqu’au bout de la nuit. Au moins ils étaient drôles et s’amusaient beaucoup malgré leurs états d’âme suicidaires ! Il m’avait semblé que la génération Y (celle des 18-30 ans actuels)  était moins désabusée et surtout plus mature… Ben… pas tous hein ! Qu’on se le dise ! Parce que 347 pages à philosopher sur les meilleures façons, voire la meilleure façon de faire face à ses peurs et comment les surmonter, peut devenir très « gonflant »… Le livre se lit très facilement certes, le tout est de tenir jusqu’à la fin malgré les poussées d’urticaire géant qui démangent, qui démangent…. Heureusement, l’auteure, pour surmonter ses peurs a eu la bonne idée de faire appel à Eleanor Roosevelt et nous brosse en creux, un portrait généreux de cette grande dame, particulièrement intéressant et du même coup sauve le livre de la misère totale !

 L’HISTOIRE

 Noelle, l’auteure, vingt-neuf ans, se fait licencier, après trois ans de bons et loyaux services, de son poste de chroniqueuse très bien payée d’un blog people à potins (pléonasme non ?). Job qui vampirisait ses jours et ses nuits. Devant la vacuité soudaine de son existence, elle s’aperçoit qu’elle a finalement peu vécu pendant ces trois années et décide avant ses trente ans de faire un bilan de sa vie mais en allant plus loin : recenser ses peurs et les affronter carrément de face ! Sinon, comme le lui a dit son psy (forcément le psy arrive tout naturellement dès la page 20), se contenter de ne pas faire ce dont on a peur s’appelle de « l’évitement » ! « J’ai compris que, s’il est courageux  de faire une chose qu’on redoute, il est encore plus courageux de faire une chose qu’on sait effrayante ». A partir de là, elle va s’imposer une vie sociale plus intense : « La pensée  même d’avoir une vie sociale me paraissait épuisante »,  alors qu’elle a un petit copain adorable, des amis hommes gays, une meilleure amie blonde avec qui elle boit pas mal de coups, bref la vie sociale new-yorkaise type pour une trentenaire… (Je n’ai pas vu où était le problème de ce côté-là mais bon !). Ayant trouvé au moins une raison de continuer sa vie, elle ouvre un document Word dans son ordinateur, intitulé « L’année de mes peurs » (plus tard cette simple phrase deviendra un « concept » puis un livre…!), après avoir lu dans un bar la pensée du jour qui était d’Eleanor Roosevelt : « Fais chaque jour une chose qui te fait peur » et s’être procurée tous les livres de la dame dans une librairie. Encouragée à fond par son psy, (toujours) qui lui martèle : « L’évitement c’est de la peur, (…). Quand nous avons peur de la peur, nous cherchons à éviter des situations qui pourraient la susciter ». Élémentaire dirais-je si j’osais, mais en ce qui la concerne, vu que l’approche de ses trente ans est déjà une source d’angoisse, il y a du pain sur la planche…

Donc, dans l’ordre (plus ou moins…), elle va s’offrir une séance de trapèze (par la suite elle fera même un spectacle), affrontera des requins dans une cage (pas vraiment aux normes la cage quand on sait qu’un requin peut vous manger un doigt resté accroché aux barreaux), fera en plein ciel une simulation de guerre (un genre de bataille aéro-navale) en vol avec un moniteur, prendra des petits avions (avec plein de trous d’air), rechantera dans un bar karaoké, paiera très cher un hôtel miteux pour une retraite de silence un peu foireuse, fera un stand-up (dé-so-pi-lant) devant un parterre de journalistes connus, un saut en parachute qui va la révéler en partie à elle-même, écoutez plutôt comme c’est beau quand à la fin elle se le remémore : « Je sais que je me souviendrai toujours de la sensation surprenante qu’on éprouve en plongeant la tête la première d’un avion, de l’air qui envahit soudain la poitrine, et du monde qui se précipite vers vous comme pour vous dire : « Où étais-tu ? » «  Magnifique ! Donner aussi de sa personne comme l’a toujours fait Eleanor (Eleanor est désormais son gourou !) en préparant des milk-shakes aux patients l’après-midi dans un service de cancérologie. Participer quelques jours aux embaumements et aux crémations dans un funérarium (pour y apprivoiser sa peur de la mort !) et finir par grimper en haut du Kilimandjaro (offert par les parents la balade) car c’est un sommet qui ne nécessite pas de faire de l’alpinisme, on y arrive à pied en  marchant (je comprends mieux pourquoi la neige y fond si vite vu le nombre de clampins qui se promènent dessus à l’année, il n’y a pas que le réchauffement climatique !). Bref, à moitié-chemin et avant le Kilimandjaro, elle va s’attaquer aussi à ses peurs affectives. Donc pour garder Matt, le petit ami par-fait, elle veut comprendre pourquoi ça n’a pas marché avec ses ex et va demander à les revoir un par un ! Et enfin,  forte de ses expériences effectuées en un an, grâce à « sainte » Eleanor, elle se persuade que maintenant la vie sera beaucoup plus facile pour elle, avoir pu vaincre ses peurs étant une preuve de courage et d’intelligence indiscutable. « Je ne suis pas assez présomptueuse pour me croire aussi audacieuse qu’Eleanor. Mais elle m’a appris que le courage est comme un muscle. Il a besoin d’être utilisé, sinon il s’affaiblit. » ??? S’il n’y avait que le courage… (le cerveau aussi non ?).

MON AVIS ?

Euh… J’ai lu ce livre à l’hôpital, j’avoue que c’est une lecture idéale pour l’endroit, on n’a pas à réfléchir, le style est correct… Mais ce n’est pas un livre qui me restera longtemps en mémoire. Juste un divertissement agréable. Heureusement, comme je l’ai dit au début, qu’Eleanor et Franklin ont meublé un bon tiers du livre pour faire passer la pilule. Ce n’est pas vraiment de la chick-lit mais ça y ressemble. De faux airs de Sex and the City aussi, le même humour quand humour il y a et si, au final,  on est content pour elle, (quand même), ça ne va pas plus loin. Les autobiographies de célèbres inconnus qui s’auto-analysent le nombril et s’auto-infligent des défis frisant le ridicule, ce n’est pas pour moi ! Mais je suis certaines que beaucoup s’y reconnaîtront et apprécieront…

Merci à Babélio et aux Editions Philippe Rey pour cet envoi mais désolée de mon peu d’enthousiasme, je ne peux pas mieux faire !

Et je n’ai pas tout perdu, il compte pour le « Défi premier roman » chez Anne « Des mots et des notes »…

32 réflexions au sujet de « L’ANNÉE DE MES PEURS de Noelle Hancock »

    • Oui ma chère, absolument dispensable ! 🙂 Note que parfois j’ai ri devant tant de… »bêtise qui se prend au sérieux » ! Elle se prend carrément pour Carrie Bradshaw, génération Internet, c’est… j’arrête 🙂

  1. Un livre à lire à l’hôpital en quelque sorte.
    Ce billet m’aura poussé à chercher la signification du mot chick- lit ou littérature féminine. Certains éditeurs ont ouvert leur collection avec comme distingo une couverture rose. Tiens donc ! Auparavant le rose était réservé à une autre genre, quelle idée !!!
    Voilà donc un livre écrit par une femme pour les femmes sur lequel je ne me jetterai pas. 😛

    • A l’hôpital ou sur une île déserte !^^ Mais un homme peut tout à fait lire cette littérature et aimer ! Je dirais plutôt que c’est une question de maturité, comme quand on regarde jouer des enfants qui trépignent et qu’on se dit : « Vivement qu’ils grandissent »… 😆

    • Si on a peur comme elle, c’est-à-dire de tout, mieux vaut éviter de le lire avant d’entrer au bloc ! 😆 Ce n’est pas non plus « désagréable », juste très très agaçant…

    • Je pense que ce livre peut plaire aux 20-30 ans et encore pas tous ! Le sujet est traité en longueur, c’est pontifiant, heureusement qu’Eleanor Roosevelt a eu une vie passionnante, ça aide à le finir !

  2. Tu t’en es bien sortie 😉 ! Ton billet me suffira, pas de temps pour ces pseudo romans. Et je ne vais quand même pas me souhaiter un séjour à l’hôpital pour pouvoir l’apprécier, hein ? Allez, trouve-toi un bon Fitz maintenant pour remonter le niveau. bises

    • Merci So ! (soupir de soulagement) :). Même à l’hôpital on peut lire mieux à mon avis, disons que c’est tombé pile-poil ! Et avant d’entamer un bon Fitz, j’ai hélas encore une lecture « obligatoire » à finir…(voire deux !) Et je te souhaite de garder tes os intacts et de lire ce qui te plaît 😆 Biiises ♥

  3. cette histoire de génération Y me dépasse complètement ! j’entends ce mot partout en ce moment et je ne sais pas trop ce que ça veut dire^^ pour avoir feuilleté le livre en question, je ne suis pas très tentée 😉 en plus il est assez long. Je préfère carrément lire de la chick-litt au moins c’est drôle ! Bisous 🙂

    • La génération Y est la tienne puisque selon les « référencements » sérieux que j’ai lus à ce sujet, elle concerne les 18-30 ans actuels ! Mais je te rassure on peut être cataloguée générationnellement et ne pas faire partie de toutes les catégories de cette génération, Dieu merci ! Tu ne ressembles pas du tout et beaucoup que je connais à ça ! 😆 . Ce livre est une forme de chick-litt, sauf qu’au lieu de prendre du recul et d’y mettre une bonne dose d’auto-dérision elle s’est prise au sérieux, voilà tout ! En se nommant elle-même déjà, en remerciant papa, maman, Matt et etc. 5 pages de remerciements larmoyants… Certes, il y a quelques passages drôles, c’est bien écrit mais je n’ai pas été pliée en deux comme en regardant il y a 10 ans certains épisode de Sex and the city qui au moins ne se voulait pas sentencieuse comme série… Bises :)♥

    • Bah moi je ne voulais pas ça du tout et c’est ce que j’ai reçu ! Mais qu’à cela ne tienne, si tu veux je te le fais voyager ! >J’aimerais bien avoir ton avis, tu es beaucoup plus spécialisée que moi pour ce genre de littérature et tu sauras si c’est vraiment de la chick-litt ou… une autobiographie un peu mièvre de plus ! Mon mail est dans « à propos de moi » (sous la bannière), donc si tu le veux, n’hésite pas !!! 😆

    • Mais je voulais « Madame Hemingway », d’autres que j’ai coché et ils t’envoient ce qui reste à mon avis… Je ne pense pas qu’il te plairait mais sait-on jamais ? J’en ai un autre pour toi qui je suis sûre (et je l’ai pas encore lu) va te plaire puisque Eilu l’a aimé ! Je le lis et te l’envoie… Bises :)♥

        • Ouiii c’est celui-ci j’ai vu en commentaires chez Eilu qu’il t’intéressait donc…c’était prévu !^^ Si tu peux l’avoir avant… Sinon, il t’attend ici ! :lol:………..sagement………..♥♥♥

  4. Mouais… il ne cassera pas trois pattes à un canard (vendéen) comme on dit… Mais tu as bien rentabilisé ton séjour à l’hôpital. Evidemment les règles du challenge ne prévoient pas du TOUT de t’accorder des points supplémentaires dans cette circonstance et pour ce courage à aller jusqu’au bout de ce genre de livre, mais bravo, Asphodèle 🙂

    • Oh mais tu exagères non ??? 😆 Je n’ai pas demandé de points en plus d’ailleurs , ha ! Et c’était pour Babélio, donc bien obligée d’aller au bout !!! 🙂 Mais la fin du comm me rassure, merci…

        • Mareillais je ne connais pas mais vu le reste tu dois me parler des marSeillais hein ? (arrête de boire ta bière d’abbaye quand tu bosses toi ! 😀 ) Et ? Liège-Marseille ? Tu me fais le grand écart là une fois !!! Quelle souplesse ma mie, quelle souplesse 😆

  5. Comme je n’ai aucune intention d’aller à l’hôpital dans les prochaines semaines (je touche du bois) il est peu probable que je lise ce livre! Dans la famille Hancock, moi aussi je préfère Herbie et son Watermelon man… Biz de Dz

    • Non je ne te le souhaite pas en tout cas !^^ Tu es une spécialiste de jazz toi aussi donc ce nom te parlait évidemment, moi je suis une quiche ……… 😆 Bisous ! (je suis allée sur YT et je connaissais ! Mais j’ai du mal à me rappeler des noms !)

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