LE CAMION BLANC de Julie RESA


Décidément George sait toujours me faire découvrir des pépites des Editions Buchet -Chastel et en m’offrant ce court roman de 90 pages (ou plutôt longue nouvelle) (avec le trop classe marque-page du café-restaurant Les Éditeurs), lu en une heure ce matin après mon café, je me suis régalée ! Une lecture pile-poil pour « Un jeudi, un livre » qu’elle anime également ! Son billet, ICI, m’avait diablement tentée et elle m’a fait la jolie surprise de me l’envoyer…(soupir) (de contentement…).

C’est l’histoire d’une petite bourgeoise mal sa peau, kilos en trop, laisser aller post-partum qui vient de perdre sa maman et séjourne le temps de son congé maternité dans sa maison d’enfance pour tenir compagnie à son père malade, lui-même préoccupé par ses activités de conseiller municipal en pleine campagne électorale. Ambiance !

Un matin en se levant, un camion blanc bouche la vue dégagée qu’elle a depuis sa grande maison sur SA rue, la rue des Cèdres, dans un quartier résidentiel. Camion garé là en toute légalité mais qui va devenir son obsession au point qu’elle va tout essayer pour le faire dégager. Et quand je dis tout, ça va loin… En se rendant au cimetière où elle va tous les jours parler à sa mère, elle rencontre le jeune Muñez, propriétaire du camion et est doublement agacée par ce jeune homme simple, sympathique, père de famille heureux malgré l’étiquette de « beauf » qu’elle lui colle au passage. Jalouse simplement d’un bonheur familial simple et sans histoires. Alors qu’elle… en proie à ses doutes sur la façon dont elle devient mère, sur sa vie de couple future déverse sur le camion chaque jour son trop-plein d’angoisses et d’aigreur…  » A la fois déçue qu’il soit encore là et rassurée de l’y voir encore. Comme une explication à sa mauvaise humeur ». Las…Elle n’aura pas le dernier mot et sera prise au piège de ses propres combines ! Et pourtant « Elle n’avait pas l’habitude que la réalité lui résiste. » !

Au-delà du spleen de cette jeune femme (insupportable par ailleurs) en plein baby-blues, il y a en filigrane la chronique des rapports sociaux dans un village de province avec ceux qui habitent la « up-town » et ceux de la « downtown ». Sont décrits sans concessions les habitants d’un quartier cossu, occupant la première place dans la hiérarchie sociale du village (dont l’édile lui-même) et ceux qui travaillent pour se mettre à la hauteur, voire occuper le terrain sanctifié des riches pour en faire profiter les classes moyennes. La découverte de la maternité survenue en même temps que le décès de sa mère, plus les chamboulements qui s’opèrent dans ce village où rien n’était censé changer un jour lui font faire une double remise en question où elle va y laisser quelques plumes « Cette fois la messe était dite.
Elle le savait depuis la mort de sa mère.
Rien ne serait jamais comme avant.
Dès le lendemain, les pelleteuses commencèrent à en finir avec son enfance ».

Tout cela dit en quatre-vingt dix pages, fort bien écrites, d’une plume juste et sensible, sans prétention ni effets de style inutiles m’a beaucoup touché. Vivant aussi dans un village, j’en ai reconnu quelques images fort à propos… et je vous le conseille si vous avez l’occasion de le voir passer ce Camion blanc !

Ma participation, bien sûr à « Un jeudi, un livre » by George ! Et au Challenge petit bac d’Enna pour la catégorie « objet » (camion) et « couleur » (blanc), hop là, déjà quatre lignes de remplies sur 10 ! Mais aussi, « énième » participation pour le Défi Premier Roman d’Anne, car il s’agit du premier roman de l’auteure sorti pour la rentrée littéraire 2010, le deuxième est paru le 9 février dernier chez Buchet-Chastel également. Merci George pour cette belle découverte !

Publicités

29 réflexions au sujet de « LE CAMION BLANC de Julie RESA »

    • Non, ici le camion blanc cristalliserait plutôt tout ce qu’elle reproche à sa vie et en devenant l’obsession de son mal-être ne va que précipiter sa dépression… Mais livre très intéressant car court et percutant (comme je l’ai déjà dit^^) ! 🙂

  1. Je suis très heureuse qu’il t’ait plu et j’aime beaucoup ta vision sociale de ce roman que je n’avais pas su mettre en relief ! c’est bon de partager un livre pour mieux le comprendre! Je suis dans « le colonel Chabert », le pauvre homme… encore quelques pages à tourner après mon déjeuner ! bises !

    • Vraiment Merci ! Malgré le sujet, il m’a fait un bien fou ce matin (vite lu) et si j’ai vu le côté social c’est peut-être que je me suis sentie concernée (c’est exactement ça dans les villages de cambrousse !^^). C’est ce que j’appelle une vraie lecture commune ! 😉 Courage pour ce pauvre Colonel (je l’ai lu il y a bien longtemps…) et à tout à l’heure ! 🙂

    • Euh…je ne te le conseille pas vraiment pour l’instant ! Nan, plus tard mais pas maintenant ! Il te plaira sûrement… Je te le ferai voyager mais pas de suite ! 😉 Bizzzz

    • Pourtant j’ai lu le thème chez l’éditeur tout à l’heure et il m’a tentée ! Mais bon, c’est vrai que son style incisif, presque froid peut ne pas plaire ! J’ai aimé ses analyses courtes mais pertinentes ! Sur 90 pages, on n’a pas le temps de s’ennuyer non plus !^^

  2. Me voilà, me voilà ! Bien sûr que je vais te répondre, tu ne crois quand même pas que je vais te laisser tranquille ! Ce petit roman a l’air bien intéressant !! C’est chez Brize, je crois, que j’ai lu un article aussi. Bon, je le note, je t’inscris en classe supérieure et je bois une Orval à ta santé , pour fêter ce passage ! (je te signale en passant que ce n’est pas de la bière de moinillon, c’est de la bière de père abbé, pour le moins)

    • Muhaha ! Je me disais aussi !^^ J’ai trouvé très juste, elle tape là où ça fait mal même si bien sûr les personnages secondaires ne sont pas étoffés plus que ça ! En peu de pages, elle fait passer beaucoup de sentiments, d’émotions où on se reconnaît aisément… Non, aujourd’hui je suis à la diète (pas tous les jours ho !) Mais on peut fêter ça au Perrier-citron hein ? ça te va ? N’empêche tu vois, je termine mes challenges, ou je les prolonge !!! Et je te laisse avec le pépé-abbé-tout-vieux-tout-moche ! 😀

  3. Ce matin, j’ai pensé (encore) à toi car je me suis fais un Kado : « les heures souterraines » 🙂
    Ton camion blanc cartonne moins que ton sac ! 20 com au lieu des 75 pour ta double performance de tag et mots imposés de la 56e chez Olivia !
    Ca me rassure 😆
    Bises XXL

    • C’est souvent comme ça : un tag attire toujours plus de monde qu’un billet « sérieux », va comprendre !^^ Là j’ai quand même placé les mots donc je suis contente, sinon ça me ferait plutôt pester !!! 😆 Je n’ai encore rien lu de De Vigan mais j’ai une amie qui a beaucoup aimé « Les heures souterraines », plus que son dernier… même ! J’attendrai ton billet avec patience… 😆 Bises ma belle (le Prix Soène attire du monde, je ne vois que ça !^^)

  4. C’est le genre d’ambiance qui me tenterait bien, et même si ma préférence va souvent aux gros bouquins dans lesquels on a le temps de s’installer, et qu’on a de la peine à quitter, de temps en temps un petit récit, court et à l’écriture percutante, je ne dis pas non.

    • Si tu ne dis pas non, je peux te l’envoyer, il te fera passer une petite heure fragile dans l’ambiance un peu sclérosée des petits villages… Mais tu connais non ? 🙂 Tu me dis ? Par MP, car j’ai du mal à tenir à l’ordi en ce moment…Biiizzz

  5. Ping : Nouveau Challenge :” Défi cent pages” chez la Part Manquante ! |

N'hésitez pas à me laisser un commentaire, il sera toujours bienvenu !

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s