FREAKY FRIDAYS de Brigitte Aubert


Freaky Fridays de Brigitte Aubert – Collection Vendredi 13 des  Éditions La Branche (elb) 15 €, 221 pages, 8 janvier 2012. Et ma note : 4/5.

Quatrième opus de cette  collection dont les livres ont en commun le thème du Vendredi 13 ! La présentation et la couverture sont très soignées, j’aime beaucoup le style épuré mais…convaincant, l’oeil qui nous fixe, l’oeil de Moscou ? Hé hé, on n’en est pas si loin. Vous faire partager ma lecture aujourd’hui était une évidence ! Ne soyez pas superstitieux, vous risquez de croiser le pire… Et méfiez-vous des mamies en robe-blouse à qui on donnerait le bon Dieu sans confession !

Le pire, Mamie Hélène, gentille retraitée d’origine anglaise qui vend ses gâteaux en Normandie, dans son « p’tit coin de paradis », croit l’avoir vécu l’année précédente, un vendredi 13,  quand elle a perdu Joe, son époux bien-aimé, un italo-américain qui avait choisi ce petit coin de France afin qu’ils y coulent des jours paisibles. Mais voilà, un après, le vendredi 13 la poursuit et elle l’appréhende malgré ses « morigénations » intérieures. En allant livrer un cheesecake enrubanné, confectionné avec amour pour Gaëtane, la cadette handicapée mentale des Duvauchelle, ses voisins paisibles et friqués (dont elle n’aime pas le côté voyant), Mamie Hélène assiste malencontreusement au massacre en règle de la famille entière, jusqu’au bébé dans le parc et à la domestique qui faisait le service. Elle a juste le temps de mettre Gaëtane à l’abri dans la niche du chien et de prendre ses jambes à son cou en réfléchissant à toute vitesse. N’a-t-elle pas laissé sa carte de visite sous le papier doré du gâteau ?  Quelle est donc l’origine de ces tueurs implacables à l’accent slave prononcé ?

 Rentrée chez elle, sa modeste maison jouxte la somptueuse demeure Duvauchelle,  nous assistons alors à une transformation époustouflante de Mamie Nova en Super Jaimie ! Ses vieux réflexes, elle les tient d’un passé où avec Joe, ils ont été barbouzes, agents secrets plus ou moins reconnus par leur pays, l’Amérique… Toujours est-il qu’elle va vite comprendre qu’elle a affaire à la mafia russe, que ça ne rigole pas et malgré l’argent que Joe a caché dans la quille de leur bateau au Havre (ironiquement baptisé Vendredi), elle décampe, change d’identité tout en décidant de mener son enquête bien entendu. On ne se refait pas… et elle s’inquiète pour Gaëtane, cette enfant pas comme les autres pour laquelle elle s’était prise d’affection.

Perruques, tenues à l’opposé de ses robes-blouses, lentilles de couleur,  forme olympique pour une sexagénaire, elle constate cependant quelques mauvais plis dûs au manque d’activité des dernières années, mais globalement, elle sait se battre, se défendre et semer ses poursuivants. Et surtout elle s’appelle Vera di Angelo, nom qui n’est pas sans rappeler une autre mafia… Une histoire dans l’histoire qui nous tient en haleine jusqu’au bout !

Je ne peux pas trop vous en dire pour ne pas déflorer le livre, c’est un polar, français et de bonne facture. La plume est alerte, le style enlevé, pas un seul temps mort, nous tournons les pages en frissonnant parfois pour savoir comment elle va s’en sortir cette lady aux faux airs de grand-mère. Surtout un vendredi 13 :  » Les Robinson et Vendredi 13. Stop ! Les vendredis 13 ne sont pas plus dangereux que les autres, le hasard se fout des dates. Et le destin ? Il n’y a pas de destin. Juste des croisements d’aléas. (…) Parce que ça impliquerait que le destin des Devauchelle était de mourir pour que je puisse assister à leur exécution et me faire poursuivre et qu’en suivant ce genre de bout de ficelle de raisonnement on remonte très vite à la création du monde. Donc stop ! » Elle va en croiser des aléas tout au long de sa cavale pour échapper aux tueurs qui ont bien sûr repéré la carte sous le cheesecake. Mais si Joe, le mari trépassé est aussi présent à chaque page, ce n’est pas que par amour, ce n’est pas un hasard total… De situations loufoques et improbables en scènes bien croquées sur certaines dérives des grandes holding politico-financières, Brigitte Aubert nous embarque manu-militari dans ce polar bien mené, sans temps mort et souvent drôle, grinçant même !  J’ai aimé le ton décalé, justement,  qui la rend parfois touchante ! J’ai aimé aussi la façon dont elle sème ses poursuivants et les réflexions prêtées aux russes à propos de la France :  » On ne pouvait même pas fumer. Ras le bol aussi de la France, un pays de petits vieux en train de compter leurs fruits et légumes en faisant des stocks de médicaments. des libertins qui viraient puritains. Un très mauvais dérapage ». Il y a du vrai non ? J’adhère complètement !

Après ma lecture, en me renseignant sur l’auteure (le regard qui tue !), j’ai appris qu’il ne s’agissait pas d’une débutante.  » Née en 1956, Brigitte Aubert a publié une dizaine de romans pour la jeunesse et plus de vingt romans pour adultes, maîtrisant avec un talent redoutable de nombreux genres : suspense psychologique, aventure, espionnage et épouvante. Elle obtient le Prix Michel Lebrun 1996, ainsi que le Grand Prix de littérature policière en 1997 pour La Mort des bois. Ses livres sont traduits dans plus de dix-sept pays. »

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25 réflexions au sujet de « FREAKY FRIDAYS de Brigitte Aubert »

  1. Rien de pire qu’un libertin qui met un cierge pour sauver son âme..entièrement d’accord, heureusement que toutes les mamies ne deviennent pas grenouilles de bénitier.

  2. Bon alors, elle est pas mal cette Mamie Hélène ! Pas toujours crédible sans doute, mais pas de temps mort pour se poser ce genre de questions, la plume alerte de B. Aubert nous emmène rapidement dans cette histoire

    • Sûr que pour la crédibilité c’est limite mais le ton décalé et la vitesse du style nous embarquent sans faillir, c’est là l’essentiel ! Agréable découverte et de l’auteure et de la Collection !^^

  3. A lire tes derniers mots j’en conclus que tu ne connaissais pas Brigitte Aubert un des grands noms de la litterature policiere française.
    Si tu veux te regaler lis « la mort des bois  » c’est sur!!! suivi de « la mort des neiges  » (j’avais un peu moins apprecié à l’époque que le 1er mais c’est du bon quand meme) ou alors ses romans historiques bien documentés.
    Il y en a d’autres, tres decalés parfois…
    tu me tentes…je viens de lire un polar d’un bloggueur dont je tairai le nom et ne dirai rien sur la qualité de son roman .sur mon blog..alors j’aspire à du mieux!!
    Bisous

    • En polars français je suis une « quiche » !^^ J’ai noté celui dont tu me parles et en ce qui concerne les blogueurs « écrivains », ce n’est pas toujours une réussite. Sauf parfois, moi j’ai été agréablement surprise, j’en parle lundi ! 😉

    • J’ai vu ça oui ! Les partenariats ont parfois du bon, je ne sais pas si je serais allée vers ce livre de moi-même ! Un chose est sûre, j’en reprendrais bien une part 🙂 Bises Richard

  4. La mort des bois : à lire toutes affaires cessantes !! Michel Quint, qui a publié aussi chez Vendredi 13 (rhooo tu as bien choisi le jour !!), m’a expliqué que ces livress ont destinés à devenir des scénarions de cinéma.

    • Toutes affaires cessantes ? Comme tu y vas !!! Malheureusement je ne peux pas me payer ce luxe « de tout cesser »… 😦 Je la relirais un jour bien volontiers, j’ai noté quelques titres dans mon carnet. En sachant que je ne lis pas au même rythme que toi, hélas… Ce sont de bons scénarios, je verrais bien Balasko dans le rôle de cette mamie 🙂 Collection à suivre…

  5. Ca a l’air drole et decale. Une mamie barbouze, c’est une idee assez originale. J’aime l’extrait que tu as choisi sur les francais, c’est tellement vrai… Ca ferait un super scenario d’un film policier.

    • hum, mouiii on peut le voir comme ça ! C’est violent mais jamais sordide ou glauque, le ton reste léger, cocasse, on frissonne mais en ayant un petit sourire au coin des lèvres : jubilatoire !^^

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