LA BALLADE DU ROSSIGNOL ROULANT de F.Scott Fitzgerald


Le Livre de Poche, inédit de 1924, Jacques Tournier ©1993 pour la traduction française sous l’égide de Frances Scott Fitzgerald, la fille Francis. 127 pages.

Une pépite ! Un inédit où l’on en apprend encore sur la vie du couple maudit ! Dévoré en deux heures à peine, avec plein de photos inédites, mais je ne vous garantis pas la qualité, elles ne sont déjà pas très bonnes dans le livre !

C’était encore le temps où Fitzgerald trouvait l’inspiration dans les moindres recoins de sa vie avec Zelda. C’était le temps du bonheur conquérant et des illusions devant soi. C’était en 1920, juste après leur mariage…

Zelda se réveille un matin avec une folle envie de pêches roses et jaunes et de biscuits comme on en mange dans son Alabama natal…Fitz y voit une nostalgie et lui propose de prendre la route à bord de leur vieille Marmon d’occasion, juste achetée, marque prestigieuse mais la leur est « asthmatique » et va être rebaptisée Rossignol…

Du Connecticut où ils se sont installés à Montgomery, ville natale de la Belle du Sud, ils vont parcourir 2000 kilomètres en une semaine dans des conditions burlesques. De crevaisons en roue qui éclate, jusqu’à la batterie qu’ils vont perdre, le voyage est concentré sur l’état de marche de Rossignol. Leurs escales vagabondes  finissent toujours au » Meilleur Hôtel de la Ville ». Mais qu’importe les mésaventures ? Zelda ne veut que « rire et s’amuser »... et Fitz aussi…

Quand après une étape éprouvante, ils arrivent à l’hôtel, c’est pour demander « une salle de bains avec chambre ». Ils avaient l’hygiène respectable. Quand Zelda décide un dimanche de s’habiller en blanc et de porter des knickerbockers, on va la regarder de travers dans l’état conservateur de Caroline du Nord qu’ils sont en train de traverser, ce qui fera dire à Fitz :  » Le puritanisme imbécile du « pauvre Blanc », qui me désespère, aujourd’hui encore, et me fait trembler de colère muette. (…) car nous savions que les knickerbockers blancs de Zelda  nous condamnaient à n’être que des « sportifs dilettantes » aux yeux de ces paysans prétentieux qui nous toisaient avec mépris ».

Ce qui avait commencé comme un périple aventureux que permet l’insouciance de la jeunesse :  » Et nous nous disions que c’était encore à notre portée, que nous pouvions encore nous protéger de l’ennui, des regrets et des larmes qu’enfante l’univers lorsqu’il reste immobile », va se terminer  par une réflexion (déjà) en filigrane sur la volatilité inexorable du temps qui passe et ne se rattrape plus :  » Nous revivions notre passé, notre vie d’il y a deux ans, la même atmosphère qu’à Montgomery, si grave pour nous, si heureuse. Nous respirions notre mémoire. (…)  Et quand Zelda respire enfin l’air de Montgomery : « Elle pleurait parce que tout était comme avant, et parce que rien ne l’était plus. Elle pleurait sur ses trahisons et sur les trahisons du temps. »

Oeuvre mineure certes, mais où transparaît déjà l’auteur de Gatsby et de Tendre est la nuit, une ombre furtive ici qui va se déployer avec le temps. Mais c’est si touchant de les voir heureux, gais, ensembles soudés sur leur bonheur qui les quittera trop vite. Car on connaît la suite…

Merci encore à Jeneen qui décidément veut me » faire lire les écrits les plus improbables de cet auteur ! Et bien j’aime aussi ! Ma participation, enfin surtout mon soutien indéfectible à George dont j’inaugure le jeudi lecture ( Un jeudi, Un livre) avec son très beau logo… Ce livre de 127 pages s’y prêtait à merveille !

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32 réflexions au sujet de « LA BALLADE DU ROSSIGNOL ROULANT de F.Scott Fitzgerald »

  1. Tu as suivi un stage de lecture rapide, Asphodèle ?
    Je ne sais pas pratiquer un tel exercice. Mon cerveau est lent à assimiler ce que mes yeux voient.
    Moi, je me frotte au Jeudi, c’est citation avec Chiffonnette, à ma façon !
    Bonne journée et bises d’O

    • Euh…non pas de stage ! Mais il y a des livres qui se lisent en deux heures ! Il va falloir que je le fasse ce billet sur la lecture rapide ! Question de concentration, beaucoup ! Je vais aller voir ta citation tu penses ! Bises 🙂

  2. C’est finalement un genre très américain que le voyage en voiture, prendre la route… cela donne le road movie au cinéma….nous notons ce titre, quel beau titre!

    • Je n’ai pas employé ce terme sciemment, même s’il convenait car ce voyage d’une autre époque méritait mieux ! Mais ils aimaient déjà la vitesse et ce livre nous éclaire sur un versant de leur vie un peu resté dans l’ombre : le bonheur …

  3. Ce livre a l’air très intéressant, j’ai lu les citations (entre autres bien sûr) avec plaisir ! Je suis heureuse de t’accueillir dans mon Jeudi 😉

    • Très intéressant quand on s’intéresse au couple vu que leur vie est indissociable de l’oeuvre de Fitz ! Et je trouve ton jeudi bien douillet, il méritait qu’on s’y attarde… 😉

  4. Au moins je sais que chez toi je peux toujours assouvir mon désir de Fitzgerald quand ecla me manque et que je ne peux pas le lire 😉
    Je ne connaissais absolument pas cet ouvrage et comme tu le dis si bien, c’est rare de voir ce couple dans le bonheur.
    Sinon, un peu H.S niveau livre, mais je connais une fille qui est le sosie absolu de Zelda, et franchement, c’est troublant !!

    • La Fitzmania me reprend ces temps-ci et aller vers ses oeuvres peu connues est une façon de mieux appréhender celles qui sont dans la lumière ! Un sosie de Zelda ? Intéressant ça…mais je te comprends, ce doit être troublant… 😉 (une photo, non ?…)

        • En même temps je m’en doutais un peu…Mais en la coiffant et en l’habillant en Zelda sur une photo corrigée sépia dans Picasa ? Et tu la mets dans un billet sur Fitz ? Non ? Bon, je n’ai pas de bonnes idées aujourd’hui ! 😉

    • Merci encore Dame Edith ! Tu vois, je l’ai consommé sur place sans attendre et je ne le regrette pas ! Comme je le dis dans mon billet, ce n’est pas une oeuvre majeure, certes mais on en apprend un peu plus sur la vie du couple en temps de bonheur, ce qui en soi est un exploit, vu que ce qui intéresse, hélas est plus souvent le malheur qui lui contribue à la légende… Je lis Flo et ses Fragments du Paradis même si je ne commente pas souvent !

    • C’est un classique de la littérature américaine, un pionnier en son temps mais ce qui en fait une partie du « charme » c’est qu’il s’est beaucoup servi de sa vie privée (et de sa femme) dans spon oeuvre. Un talent crépusculaire flamboyant ! Bon, je suis fan donc peut-être pas toujours objective… 😉 Mais je ne suis pas la seule, ce qui me rassure !

  5. Je n’ai lu de lui que Gastby le Magnifique, que je n’avais pas aimé, sans doute parce que c’était une lecture « imposée », ton article me donne en tout cas envie de redonner sa chance à cet auteur.

    • Je veux croire que c’est une erreur !!! Cela dit, c’est aussi un univers Fitzgerald, un tout, avec du bon et du moins bon ! Mais globalement, il a marqué toute une génération et a lancé Hemingway, entre autres… Lis Tendre est la nuit, ça devrait te plaire !

    • Tout à fait ! Et plus je me penche sur le sujet, plus je découvre (ou on me fait découvrir) des inédits écrits pour des journaux à l’époque (ils ont tous commencé comme ça) mais la fille de Scott a eu le mérite de faire un beau travail d’archives…

  6. Je le veux ! Je le veux ! Je vais mourir si je ne l’ai pas (bon c’est légèrement exagéré !).. J’ai trouvé dans une brocante le pirate de mer ! Je suis pressée de le lire !
    cet été j’ai lu Zelda de Jacques Tournier : c’était magique ! =)

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