LE VIOLON de Pierre Béhel


Le Violon – Editions Cogitare – 204 pages. Prix éditeur :10 €.

4 ème de couverture : Elle est superbe. Surtout, elle est violoniste prodige. Il ne pouvait que la vouloir. Pour lui seul. Pour l’écouter, pour l’admirer.

Il ne pouvait que l’enlever et la garder dans sa cave. Pour qu’il puisse l’écouter à loisir.

Quant à elle, que pouvait-elle faire d’autre que jouer ?

Tout est dit ou presque, surtout après avoir lu l’avant-propos de trois pages où l’auteur nous dit comment et pourquoi il écrit puisqu’il se nomme lui-même créateur multigenre, de qui surtout il s’est inspiré, pour écrire ce « roman psychologique » : Natascha Kampusch et la violoniste coréenne, Ji-Yoon Park. Il se revendique aussi (plus ou moins) de Nabokov et de sa Lolita. Et surtout, en conclusion de l’avant-propos, la phrase qui tue : « Je laisse ainsi tout à fait volontairement à mes lecteurs une partie du travail de création ».

Sauf que quand je lis, je n’aime pas travailler et faire des efforts pour finir de rédiger une histoire à huis clos qui se perd dans les détails infimes,les descriptions interminables et survole les sentiments, le ressenti, le fond en somme. Il n’y a absolument aucune attente puisque tout nous est dévoilé dès le départ (ce qui ne l’est pas se devine aisément) car l’auteur relate en même temps cette histoire : un vétérinaire va rencontrer la Beauté un soir de séminaire. Il écoute la violoniste qui joue pour eux en soirée privée et en tombe raide dingue. Son Destin va changer. Il la suit, la kidnappe dans sa cave et va retarder le moment de la tuer. Elle va le supplier de la tuer. Point. En revanche, vous aurez droit deux fois aux filets de  truite au beurre citronné et à la compote pommes-poires, au début et à la fin. Extraits du livre : «  Je fis une recherche sur Internet à propos de la jeune artiste qui m’avait initié à la Beauté. (…) Dès cet instant, mon Destin était scellé. » Sans parler des nombreuses fautes d’orthographe, de concordance des temps, plus des majuscules aléatoires…

 » Le matin, j’allais (imparfait au lieu du passé simple) chercher mon invitée comme si nous étions un jour ordinaire. Nous prîmes un petit déjeuner semblable à ceux de tous les jours. (…) Je dis des banalités, des commentaires de l’actualité. »

A aucun moment, je ne suis entrée dans ce tête-à-tête, avec des dialogues, des Majuscules partout au début, moins vers la fin, majuscules inégales ? (Beauté, Destin, etc). Ce qui va se passer est anticipé dans le chapitre précédent. Et surtout, l’emploi de la première personne (encore expliquée en avant-propos) est, je cite : « Ecrire à la première personne permet aussi au lecteur de mieux s’approprier les sentiments du héros. Et de se glisser, après l’auteur, dans la peau de celui-ci. J’espère qu’elle vous conviendra pour les instants que vous consacrerez à lire cette histoire ».

Je cherche encore à me glisser dans la peau du personnage, entre ces lignes dénuées de toute émotion, de toute intrigue « solide ». Ce roman  ne m’a pas touchée ni émue une seule seconde. Désolée. Ou je suis passée à côté, veuillez m’en excuser. Mais n’est pas Nabokov qui veut. Le site de l’auteur est .

SUR L’AUTEUR

En revanche, en ce domaine j’ai plus à vous dire puisque en recevant ce livre, j’ai lu le dossier de présentation de ce « créateur multigenre » (photo ci-dessous).

Le dossier de présentation ( de 58 pages !!!)  s’ouvre sur une « auto-interview » de l’auteur face à lui-même où il nous explique les avantages de l’autoédition, il nous relate son parcours d’écrivain lambda sur Internet où il a commencé à écrire des feuilletons (il continuerait…mais je n’ai pas trouvé en allant sur son site http://www.pierrebehel.com). Pourquoi il se diversifie : théâtre, essais, romans psychologiques, nouvelles fantastiques et de science-fiction, contes et parodies… Vous avez le choix. Il préfère rester hors du circuit traditionnel de l’édition. Enfin, dans cette auto-interview de dix pages, à la dernière question qu’il « s’auto-pose »  : « Et si on parlait un peu de toi, sur un plan plus personnel ? » Il répond : « Je n’y tiens pas du tout. Pas en « public ».  »

Je remercie Les Agents Littéraires de promouvoir les auteurs méconnus du grand public et de m’avoir adressé ce livre. J’espère être plus positive pour le prochain !

Et j’en profite pour l’ajouter au challenge musical d‘Anne  » Des Notes et des Mots ».

33 réflexions au sujet de « LE VIOLON de Pierre Béhel »

  1. Pas tentée du coup. Et en plus si il y a des fautes, bah, c’est le genre de choses qui me gâche d’emblée ma lecture et je finis par ne plus voir que ça !

    • Je n’avais aucun a priori mais là, ce fut le pompon ! L’auto-interview vaut le détour. Il aurait mieux fait de continuer à écrire sur Internet ! C’est comme si les textes que nous écrivons pour nos ateliers étaient publiés ! Et encore sous forme de nouvelles, il y en aurait de meilleurs que ça, c’est dire !

  2. Effectivement, avec un titre pareil, tu ne pouvais pas ne pas le mettre dans ce challenge. Je m’interroge : au vu de la dernière question de son dossier d epresse, l’auteur a-t-ill développé une forme d’humour tellement poussée que nous, pauvres béotiens, sommes incapbles de la percevoir ? Ou est-il platement narcissique, voyeur et glauque comme ton compte-rendu semble le faire comprendre (pardon, je suis directe) ?

    • Moi aussi je pense avoir été directe, et tu as très bien saisi le personnage qui s’auto-congratule et se regarde un peu trop le nombril. Maintenant si ça marche avec d’autres… Mais oser éditer (même en autoédition) ce genre de rédaction mal torchée, je trouve ça honteux ! Comme si je faisais publier les textes que j’écris dans les ateliers d’écriture auxquels je participe, ni plus ni moins… Sûr que Gallimard n’est pas près de l’éditer…

  3. Bonjour, Le sujet ne m’inspire pas, alors je passe…
    « Ecrire à la première personne permet aussi au lecteur de mieux s’approprier les sentiments du héros… », Non, sans façon !

    • Oui, et surtout : « Je laisse au lecteur une partie du travail de création », ça pour laisser, il a laissé ! Travail bâclé, copie à revoir…et je ne suis pas prof ! 😉

  4. Un dossier de présentation qui vaut le détour… 58 pages, mazette! Et l’homme qui s’auto-interviewe me fait penser à Alain Delon qui parle de lui en disant « Alain Delon »… si ça n’était pas si pathétique, ça pourrait presque être comique…

    • J’avoue que j’ai hésité entre les deux ! 😉 C’est limite pathétique…Quant au livre, à l’image du reste ! Mais quelle souffrance cette lecture ! Je tenais à aller au bout pour voir si les choses allaient s’arranger, ça empire !!!

  5. des mugs à son effigie ?!!! wqouh…! Et bien, il aura peut-être plus de succès dans ce domaine (il n’a peur de rien le matou !!!) Bon, moi je te suis aveuglément sur ce coup, je zappe !

    • Je vais enfin pouvoir aller voir ça de plus près, il y a de l’orage ici !! Ordi éteint depuis 15h environ… Tu peux me suivre sans problème, pour une fois je ne mets même pas ma subjectivité en doute ! Et ses autres titres étant essentiellement de la Fantasy , de la SF ou du hot (le Violon est son deuxième roman « sérieux », dixit…), je n’explorerais pas son univers plus avant… Il est assez grand pour s’auto-promouvoir après tout… 😉

  6. Oh dis donc, des slips, mais ça devient follement romantique ici !! (Il aura au moins eu le mérite de nous faire rire, ce monsieur… et si son égo est sur-dimensionné comme je le pense, il sera très fier d’avoir fait couler autant d’encre…)

    • Comme tu le dis, c’est follement…intéressant, mieux que le mariage de Kate et William, je ne connais pas encore de GRAND écrivain qui ait osé ! Mais pour reprendre un titre de mon auteur fétiche c’est du « tout à l’ego »… Quant à faire couler de l’encre, pour ce qu’il en ressort, je ne serais pas très flattée à sa place ! Mais Nabokov l’a inspiré, heureusement ! 😉

  7. aaaah alors, si Nabokov l’a inspiré…!!!! Bon, j’ai parcouru son site, c’t’homme-là ne sait plus où donner de la tête, je vais LE zapper tout à fait (y compris les mugs!!!!) Bonjour, dame Asphodèle !

    • Oui tu as tout à fait raison, je pense que tu ne perds rien, Dame Edith ! Pour Nabokov, il n’a pas la « prétention » (dans son avant-propos qui raconte déjà le livre) de faire mieux que Nabokov, mais… Je vais demander aux A.L de ne plus m’envoyer quoi que ce soit de lui de toute façon ! Biiises

  8. en écoutant Kent, j’ai repensé à cet auteur mégalo que tu nous as proposé ici, et je ne résiste pas à l’envie de te mettre les premiers couplets…!C’est tiré de la chanson « Dis-moi, est-ce que tu m’aimeras ? » :
    Quand j’aurai dit à la radio:
     » Je suis le meilleur, le plus beau.
    Ma poésie est en promo.
    Dis-moi, est-ce que tu m’aimeras ?

    Quand j’aurai fait à la télé
    N’importe quoi à part chanter
    Par crainte de me faire zapper,
    Dis-moi, est-ce que tu m’aimeras ?

    Quand j’ n’aurai plus de corde sensible,
    Plus d’idéaux inrockuptibles,
    Quand j’aurai pété mes fusibles,
    Dis-moi, est-ce que tu m’aimeras ?

    Voilà…J’adore…
    Tu peux l’écouter là :http://www.kent-artiste.com/12videos/videos/Kent-Clip-Dis-moi-est-ce-que-tu-m-aimeras.htm
    A plus

    • Excellent ! 🙂 Mathilde Seigner aussi d’ailleurs… Oui, mais là c’est du deuxième, troisième degré au moins ! En est-il capable ? C’est moins sûr ! En tous cas, une reconversion dans la comm’ serait parfaite ! 😉

  9. Ping : Quand je « récapépète  mes challenges pour ne pas me perdre ! LC envisagées… | «

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