PETITS BLEUS DANS PARIS de Joëlle Leblond et Véronique Villemin

Livre Lutin poche de l’école des loisirs, 1993.

Livre vieilli à la couverture jaunie mais qui m’a ramenée, en noir et blanc, avec un fil bleu, avec nostalgie aussi, à Paris, avec comme point de départ les grands magasins où un petit garçon, Jean et sa maman font des courses. Attiré par un chat sur une boîte à musique, Jean va se perdre et se retrouver seul sur le Pont des Arts.

C’est là qu’il rencontre un pigeon bleu gentil comme tout qui se propose de lui faire visiter Paris, des quais de Notre-Dame (et ses gargouilles), en passant par Montmartre,  la Tour Eiffel…

Mais après cette visite guidée et circonstanciée, tout a une fin ! Jean est fatigué et le pigeon se propose de le ramener chez lui accroché à ses ailes, ce qui nous vaut des images aériennes (pas trop haut non plus !) de toute beauté.

Jean va retrouver sa maman qui s’inquiétait un peu quand même…

Et lorsque nous arrivons à la dernière page, c’est une photo floutée de pigeons gris et à terre que nous retrouvons, les vrais pigeons parisiens. Comme Cendrillon lorsque son carrosse redevint citrouille. Mais qui a dit que seuls les enfants pouvaient mettre des couleurs là où il n’y en a guère ? Que le rêve est parfois voilé et la réalité criarde ? Ici c’est l’inverse. J’avoue que ce petit livre plaît autant aux grands par sa « plastique » qu’aux plus petits avec cette gentille histoire. Mais je l’ai toujours re-re-feuilleté avec plaisir ce joli petit livre ! Je ne sais pas s’il est toujours commercialisé mais il a un code ISBN 2 211 029 58 2 /01 94 et il ne coûtait alors que … 36 F. Nostalgie jusqu’au bout !!

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 2 – Résultats de la collecte de mots en B

Bon, le sondage démocratique affichant un 100 % de oui, je ne dirais rien à propos des consignes qui semblent vous convenir ! Merci.

Maintenant, voici  le résultat de la collecte des mots en B qui sont au nombre de 16 :

bouquin – bien – bout – beauté – bastingage – bambochade – bravache – barbare – banc – bambou – balivernes – byzantin – borderline – bébé – blanc(s) ou blanches (s) – bain.

Bon courage, à vos plumes et à samedi pour les résultats ! Bonne semaine à vous !

 

 

Mademoiselle vit sa vie…

Ma deuxième participation au Jeu d’Eiluned , « Rendez-vous avec un mot » et le mot de la semaine était charmeur

Quand fleurissent les premiers marronniers sur les boulevards parisiens, quand tout le monde éternue en se frottant les yeux, Mademoiselle reprend goût à la vie. Elle peut enfin ouvrir le toit de son cabriolet et filer comme l’éclair aux soirées privées où sa présence suscite toujours des oh et des ah admiratifs. Elle n’en a cure, insoucieuse de cette image superficielle qu’elle renvoie ; l’ennui commence à s’insinuer dans ses veines…

Elle arrive au Florie’s sous les flashes crépitants des photographes postés ici et là, arborant pour eux machinalement le blanc parfaitement aligné de son sourire. Ce qui ne l’émeut plus depuis longtemps déjà. Elle sait la volatilité des images éphémères, elle sait l’éphémère des soirées où elle s’énivre. Et elle sait que les lendemains d’ivresse sont douloureux. Ses rêves et ses illusions noyés la nuit remontent à la surface au petit matin triste qui sonne l’heure d’un coucher solitaire. Le sommeil artificiel… encore une fuite en avant, oublier, toujours oublier. Ce qui devient vivace, lancinant et obsédant… Lire la suite

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 2 – Nouvelles consignes et récolte de MOTS EN B

Tout d’abord un grand merci à Clara, Valentyne, Gwenaëlle, Amélie, Aymeline, 32Octobre, Eiluned,  Jeneen, Jean-Charles et Coumarine  qui avez répondu présents à cette première « session » de mots en A. Comme promis, et après m’être torturée les méninges (hé oui !) pour essayer de satisfaire tout le monde, sans que j’aie à passer tout mon samedi devant Monsieur l’Ordinateur, je vous propose ceci :

LE LUNDI JUSQU’À 18 HEURES : Vous laisserez un mot commençant par B cette semaine et ce, même si vous ne souhaitez ou ne pouvez pas participer. Après 18 h, les mots laissés en commentaires ne seront pas pris en compte, sauf exception rarissime ! Dès 19h, le même lundi,  un billet récapitulatif avec les mots collectés sera en ligne. Lire la suite

THE END and…Jim Morrison

Triste anniversaire que le 3 juillet dernier puisque cela faisait 40 ans déjà que the end sonnait pour l’ange maudit, génial et

décadent des Doors, l’inoubliable et irremplaçable Jim Morrison, mort à 27 ans,  fourbu  d’alcools et de drogues. En venant à Paris sur les traces de Fitzgerald et d’Hemingway qu’il affectionnait, il  a aussi mis ses pas dans leurs verres toujours pleins et bien d’autres substances, plaçant la poésie et la mort plus haut que tout. Il a trouvé les deux, les deux se sont entremêlées pour mieux nous raconter sa légende.

Alors je ne vais pas vous refaire l’histoire, puisque même les ombres qui planent encore autour de sa mort (d’un arrêt cardiaque (?), je crois que nous finissons tous ainsi ?) en laissent plus d’un dubitatif. Ce qui n’entame en rien l’aura  sulfureuse qu’il nous a laissée, la preuve par l’image, au Père Lachaise où il repose, sa tombe est toujours fleurie quelle que soit la période de l’année. Au sud-est du cimetière pas loin des allées jouxtant la 6ème Division dédiée aux Communards de 1848.

Mais si vous aimez les Doors, Jim et leur histoire, allez lire les billets fantastiques de LiliGalipette sur les trois ouvrages ci-dessous : Jim Morrison & The Doors d’Henry Diltz, Jim Morrison ailleurs de Sam Bernett et enfin Jim Morrison, poète du chaos de Frédéric Berttocchini. Ce sont de très beaux témoignages.

  Les trois ouvrages sus-cités par ordre de présentation.

 Et comme on ne peut pas se quitter comme ça, c’est The End aujourd’hui, comme ça l’a été à l’annonce de sa disparition pour beaucoup d’entre nous. Vous noterez sur cette vidéo qu’il était un peu « fatigué » et si vous regardez celle où il est barbu, vous aurez un choc, il avait pris 50 kilos ! The end…

LES PLUMES DE L’ÉTÉ – 1

Les MOTS en A  à placer étaient :  allergie – astre – affriolant – arbre – anagramme – accident – artifice – abricot – abandon.

Le texte de Clara, ici, qui a publié jeudi ! Celui de GwenaëlleEiluned, Amélie , sont venues s’ajouter Aymeline, Jean-Charles et Jeneen dans un conte à 4 mains avec sa fille ! Mais aussi celui de Coumarine. Après le mien ci-dessous, celui de Valentyne et celui de 32OCTOBRE. D’ailleurs, à ce sujet, bah oui, il faut s’organiser, pourriez-vous, pour celles qui ont des blogs m’envoyer vos liens le vendredi soir avant 22 heures si possible que je puisse les inclure dans mon billet ? Oui ? Merci pour moi ! Sinon, vous les laisserez dans les commentaires, mais je pense qu’il serait plus convivial et pratique de les regrouper autant que faire se peut…ailes anges ou coeur brisé gif étoiles

MUSIQUE D’AÉROPORT

Aéroport 17h30. Elle est là comme tous les jeudis en bas de l’escalator, les yeux fiévreux qui fixent les passagers déversés par le vol AF732 en provenance de Boston. Légère dans sa robe d’été qui frôle sa peau hâlée, elle se laisse bousculer, balloter par la foule indifférente et pressée. Il va apparaître, elle le sait, il ne l’a pas abandonnée, pas comme ça sans un mot depuis deux mois ! Elle sort un abricot du pochon en papier qu’elle tient des deux mains comme une offrande qu’elle aimerait lui faire pour son arrivée. Elle le sait, il adore ces fruits juteux et sucrés. Elle tend l’oreille quand une voix d’hôtesse impersonnelle et suave annonce un retard sur un autre vol ; tous ses sens sont aux aguets, une douleur acide va et vient dans son ventre au fur et à mesure que les passagers se raréfient. Infiniment lasse, elle consent à s’asseoir  sur un banc aussi transparent qu’elle est redevenue, Cendrillon sans carosse, et tente de penser avec cohérence : « Je ne veux pas que tu m’attendes lui avait dit Martial en partant. Je ne suis pas quelqu’un qui revient. Tu comprends ? Ce n’était qu’un accident ce qui vient de se passer entre nous, cela n’arrivera plus même si tu m’aimes. Continue sans moi. Retourne là-bas… » Et il avait disparu, happé par l’escalator. Elle se souvenait avoir fixé longtemps ce vide qu’il habitait encore , sa chemise blanche aux manches retroussées, ses cheveux blonds, un peu longs qui lui barraient le front, sa veste sur l’épaule, son regard vert qui s’éloignait déjà dans l’absence.  

Là-bas… C’était le mas familial en Provence, les grands cyprès tristes qui le bordait, les silences du grand-père, sa main noueuse agrippée à sa canne, la peau translucide où fleurissaient des taches brunes chaque jour un peu plus, son allergie palpable dès qu’elle entrait dans la pièce, le regard détourné vers la fenêtre comme s’il cherchait à voir entre les feuilles de l’arbre, des morceaux de ciel bleu qui passaient en souriant. Elle ressortait aussitôt et lui se replongeait dans ses anagrammes ou ses mots fléchés en soupirant d’aise.  Il n’était plus à un artifice supplémentaire pour lui pourrir la vie. Qui voulait encore s’occuper de ce vieux ronchon sénile ? Elle ? Elle n’avait pas eu le choix. Elle s’était échappée comme tous les mardis. Cela avait été  plus facile que d’habitude, l’astre de la nuit s’étant fait la malle derrière de providentiels nuages. Le grand-père lui avait dit la veille que sa robe était…comment déjà ?… bien trop affriolante pour descendre au village. Elle avait souri en pensant  » C’est parfait  » !

Des heures de train plus tard, elle avait retrouvé la musique reposante du terminal B de l’aéroport. Elle aimait cette musique insipide qui la changeait des cris du grand-père. Elle ne bougeait pas, seule sur son banc, des rêves noyés d’attente et d’incertitude cognant derrière son front lisse et buté. Martial lui avait écrit, enfin il avait envoyé une carte bizarre où deux familles annonçaient son mariage à l’église Saint-Patrick de Boston, le 9 juillet prochain. Elle fronça les sourcils et réalisa qu’on était le 9 juillet. Une erreur d’adresse, une farce encore. Un rire la secoua brusquement, un rire qui cascadait et lui courait partout sous la peau. Elle tira sa robe remontée en haut des cuisses et en levant les yeux, poussa un cri étouffé tout en continuant de rire. Deux gendarmes et un infirmier venaient de l’attraper par les bras et lui disaient gentiment qu’il était temps de rentrer à l’hôpital. Elle jeta la poche d’abricots, essaya de s’enfuir mais l’infirmier lui enfonçait déjà une piqûre dans le bras. « C’est le grand-père, hein qui vous a tout dit ? », hurla-t-elle avant de sombrer.

LE TEXTE de Valentyne :

La suite de l’histoire d’Isabelle la ponette
Bonne journée
Valentyne

Isabelle, la ponette, a réussi son examen de passage auprès de Zire, la Sirène, et a répondu avec brio aux trois devinettes.
Zire lui annonce que cette nuit même elle partira faire le tour du monde.
A l’heure dite, Isabelle retrouve Zire près de la rivière.
– Où va t on, chère Zire ?
– Moi, je ne vais nulle part, répond Zire, je t’attends ici mais voici ton chauffeur qui t’emmène pour ta première escale. Grimpe sur son dos et profite bien de ton voyage !! Je te donne cette petite sacoche magique qui t’aidera en cas de difficulté. Comme je sais que tu es allergique aux abeilles, Isabelle, je t’ai mis un sérum au cas où tu te ferais piquer !
Alors après avoir salué Zire, Isabelle s’installe sur le dos d’Alpha, l’Albatros géant qui décolle sans effort avec la ponette bien calée à son bord.
– Nous partons pour les Antilles, dit il : direction Madinina
– Madinina?
– Oui Madinina, l’île aux fleurs plus connue sous le nom de Martinique
– Génial je vais pouvoir aller rendre visite à ma cousine, la ponette Josée
Quelques heures plus tard, après être passés près d’une multitudes de nuages aux formes plus étranges les unes que les autres et près d’astres scintillants de mille feux, Alpha et sa passagère se posent au milieu d’un champ d’ananas, non loin d’un flamboyant, véritable feu d’artifice de rouges, oranges et jaunes.
– Bonnes découvertes, lui souhaite Alpha, quand tu aura bien découvert la Martinique, sors de ta sacoche cet appeau et souffle dedans : un des amis de Zire viendra te chercher pour la suite de ton voyage.
Isabelle se met alors en route à son allure habituelle, : elle trottine, trottine, émerveillée par tout ce qu’elle voit : des champs de cannes à sucre, des bananiers en pagaille, des palmiers de toutes tailles: Sur le chemin elle rencontre un agouti, petit rongeur brun, qui lui paraît mal en point : une de ses pattes est dans une attelle de fortune et il avance en boitillant : « j’ai eu un accident : je me suis fait renverser par une voiture, peux-tu m’emmener à Trois Ilets ? » demande t il.
Oui, volontiers répond Isabelle, contente de rendre service, c’est là d’ailleurs que je vais pour visiter ma cousine Josée.
– Josée, mais je la connais bien, je peux t’emmener jusqu’à elle. Au fait je m’appelle Tigoua c’est facile à retenir , c’est l’anagramme d’agouti, c’est du verlan.
Et ainsi, trottinant à travers les champs, Isabelle la ponette et Tigoua l’agouti arrivent à Trois Ilets.
Tigoua lui montre des fruits et des fleurs qu’elle n’a jamais vus : « tu vois là bas ce sont des corossols, et là des pommes cannelles, toutes bosselées. L’arbre en éventail devant, c’est l’arbre du voyageur »
– Oh ces fruits là haut on dirait des abricots géants !
Enfin, les deux amis arrivent à Trois Ilets, chez Josée qui les acceuille avec joie.
–  « Zire m’a fait prévenir de ton arrivée, Isabelle  ». Josée, la ponette baie a mis son habit affriolant de Carnaval : un magnifique harnais rouge et or qui fait ressortir sa robe foncée. Le licol est vermillon, les rênes magenta. Chaque fois qu’elle secoue la tête, on entend des clochettes, à en rendre jaloux les rennes du père Noël.
– Je me suis faite belle en ton honneur Isabelle. On ne dira pas que Josée-Fine de Beau-harnais ne fera pas honneur à son nom. Mais tu dois être fatiguée , viens te reposer. Demain je te ferais découvrir l’île .
Alors Isabelle, épuisée par toutes ces émotions et par le décalage horaire, sombre dans l’abandon d’un sommeil réparateur.

TEXTE DE 32 OCTOBRE

Les jardins de l’Anagramme.

 Malgré l’astre brûlant qui allait me cuire, je me décide à aller travailler à mon potager. Trois jours que je n’y étais pas descendu, victime d’une allergie au pollen de graminées très nombreuses en cette saison.

 Ce potager, le seul qui a, en son milieu, un arbre, je l’ai obtenu de haute lutte. Et en plus cet arbre m’offre mon fruit préféré, l’abricot.

 Au départ, un lopin de terre vierge de toute culture mais pas d’herbes dites mauvaises ou folles. Il fait partie des jardins ouvriers de la ville où j’habite. Un des vingt carrés de terre attribués par les services sociaux de la ville.

 Ce coin de paradis a été laissé très longtemps à l’abandon.

Mais c’est de l’histoire ancienne, déjà vieille de plus de dix ans.

 Je venais d’être victime d’un accident assez risible car dû à ma maladresse. Toujours pressé, je m’étais pris les pieds dans la laisse de mon chien que je descendais pour sa promenade biquotidienne. J’étais tombé dans l’escalier de mon immeuble et avais les deux jambes cassées et les bras droit. Au minimum neuf mois d’immobilisation, un enfer programmé pour l’homme actif que j’étais.

 Donc je m’étais inventé plein de projets pour l’après. Cela m’occuperait au moins l’esprit pendant ces longs mois d’immobilisation.

Le projet qui me tenait le plus à cœur, avoir un coin de jardin à moi, obtenir un des jardins ouvriers de ma ville et en plus celui à l’abricotier.

 Six mois s’étaient passés depuis mon accident, et comme par artifice, j’ai obtenu un jardin ouvrier, moi qui étais à ce moment là cadre et non ouvrier dans la seule entreprise industrielle de la ville. Un passe-droit dire certains. Quelles mauvaises langues !

 Je ne pouvais y travailler étant encore très handicapé mais j’avais obtenu ce que je voulais : le principal, mon petit lopin de terre.

 Dix ans que je l’entretiens et y récolte ces vieux légumes retrouvés et que j’y ai enterré virtuellement mon secret qui commence à me peser.

Et si je m’en libérais : pour obtenir ce jardin, j’ai juste un peu menacé Monsieur le Maire de l’époque. Notre belle amitié s’était évanouie tout d’un coup.

Je pouvais juste révéler sa tendre complicité avec une certaine Charlotte, infirmière de son état et très affriolante qui s’était occupée de moi pendant mon hospitalisation.

HOMO ERECTUS de Tonino Benacquista

Publié en juin 2011 chez Gallimard, Homo Erectus est le dernier roman de Tonino Benacquista.

Définitions trouvées sur Google de l’homo erectus : homme qui se tient droit. Première espèce d’humain à conquérir le monde. Taille d’un homme actuel. Premier homme à domestiquer le feu, il invente le biface (?).

L’HISTOIRE

Tous les jeudis à 19 heures, dans un cercle anonyme d’épluchures d’âmes mâles en peine, cercle itinérant et sans nom, qui tient à la fois de la loge franc-maçonne et des Addictifs anonymes (ça n’existe pas ?), des hommes de tous bords viennent s’épancher à tour de rôle et racontent ce qui va ou ne va pas dans leur vie. Ils n’ont droit qu’à un passage sur la scène et pas de juge ou de Grand-Maître pour leur donner un conseil, un avis ou même les juger. Vous aurez compris qu’ils y parlent de leurs ratés avec les femmes, uniques objets de leurs désirs mais aussi de leurs ressentiments. « D’autres, en mal de solidarité y voyaient le dernier refuge des grands blessés d’une guerre éternelle. (…) sans rien espérer en retour sinon qu’elle fasse écho à celle d’un auditeur anonyme venu, lui, en quête de réponses. » Alors l’écho va faire son boulot et trois Caliméro en détresse vont lier connaissance, se raconter leurs déboires autour d’un verre et nous allons suivre leur histoire tout au long du livre.

Il y a Philippe, sociologue de formation adoubé philosophe « compréhensible » par la sphère intellectuelle après la parution d’un livre à succès. En contact avec  la jet-set, il va vivre une histoire avec un top-model, Mya,  classée parmi les plus belles femmes du monde. Puis Denis, serveur chef de rang dans une brasserie, à la ramasse complète depuis qu’il vient d’avoir trente ans : il semble être devenu transparent pour les femmes et suspecte même un « complot » de ces femelles visant à l’anéantir. Et surtout visant à anéantir sa sacro-sainte virilité ! Jusqu’au jour où l’une d’elles, sans lui demander son avis ou son accord va s’installer chez lui. Quant à Yves, la quarantaine alerte,  parisien moyen, poseur de carreaux triplement efficaces décide de ne pas pardonner l’affront que lui a fait sa femme adorée en le trompant avec un gogo-dancer, un soir d’ivresse. Il décide de se venger en ne côtoyant QUE des prostituées, allant jusqu’à organiser un budget pour ces rencontres tarifées où il s’esquintera à  épuiser le plus large éventail de ses fantasmes. Un ami marié et bien renseigné lui a d’ailleurs dit : «  Tu sais, l’avantage d’une pute, c’est pas tant qu’elle fasse tout ce que tu veux, c’est qu’elle s’en aille juste après. » Entre autres, car nous avons quand même droit à des scènes de sexe particulièrement détaillées…  Le ton ironique, narquois de Benacquista est bien là, le livre est très bien écrit (trop bien ?), le postulat de départ qui va aller en déployant ses branches et leurs ramifications pour décortiquer les relations hommes-femmes, sans que jamais la balance ne sombre d’un côté plus que de l’autre est intéressant et bien amené. Trouveront-ils le bonheur nos trois compères, la voie qu’ils ont choisie sera-t-elle celle de la rédemption ou de l’enfer ? Trouveront-ils surtout « du sens au sens » qu’évoque Philippe face à Mya en réfléchissant à une question qu’elle vient de lui poser ?  » La débarrasser de l’idée de comprendre  pour se donner une chance de ressentir. Être à l’écoute d’elle-même et non des injonctions contradictoires des meneurs d’opinion (…). Lui démontrer que celui qui confesse n’avoir ni l’outil ni la matière a déjà tant de convictions, de vécu, d’intuitions, qu’il suffirait d’un simple déclic pour combiner entre elles ses propres expériences, et connaître une épiphanie, une de ces illuminations qui frappent si fort qu’elles éclairent à jamais le chemin qui reste à parcourir. » Les personnages qui sont aussi variés et variables qu’une géométrie bien contrôlée sont là pour qu’un maximum de personnes puissent se reconnaître en eux, certes, affûtés à la plume ironique de Tonino. Même la fin nous réserve une pirouette laissant  supposer un prochain roman (suite or not ?) qui pourrait s’intituler « Femmes, redressez-vous » (euh…j’extrapole). Homo Erectus ne signifie-t-il pas « Homme qui se tient debout » ou par extension « Restons dressés » au propre comme au figuré… Car il est aussi question de la reconquête d’une certaine dignité chez ces mâles à terre, la dignité que se doivent un homme et une femme quels que soient les rapports qu’ils entretiennent et quoi que nous pensions, nous sommes toujours à l’affût dans notre appréhension et notre compréhension du sexe opposé : « Heureusement, les femmes sont là pour créer un équilibre. La femme est à l’écoute de l’autre, parfois jusqu’à la complaisance. La femme observe, parfois jusqu’à l’indiscrétion. La femme formule, parfois jusqu’à la jacasserie. Est-ce que tu as ton compte d’idées reçues ou tu en veux d’autres ? » Lire la suite

Vous ne connaissez pas Akinator ? Il est trop fort ! Mieux que Lisa-buzz !!!

En cette fin de jeudi pluvieuse et venteuse (dans la région tout au moins), je vous propose de lire les lignes qui suivent, de cliquer sur le lien, vous allez être bluffés !

Pensez à  un personnage célèbre dans n’importe quel domaine, mort ou vivant, qui vous a marqué et….. Répondez aux questions.
 Cliquez sur le lien et laissez vous guider. C’est assez impressionnant.
JOUEZ ! Je vous assure ça scotche !!! (connu hein quand même, un minimum !)
*PS. Attendre qu’apparaisse le mot « JOUER », sur la gauche, ne pas cliquer sur la première bulle en haut de l’écran !

C’est là :
 http://www.akinator.com

LE JEUDI, C’EST CITATION avec Romain Gary (encore !)

On ne s’en lasse pas, avouons-le et puisqu’il y a challenge officiel chez Delphine, on ne va pas se cacher non plus. Et il y a aussi lecture commune pour le 14 juillet (je vous mettrais les noms dans mon billet), donc c’est normal d’avoir envie de citer notre lecture en cours, m’enfin ! Il s’agit de  » Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable ». Non, ce n’est pas du « teasing » comme on me l’a déjà fait remarquer lors de précédentes citations juste avant le billet, c’est simplement que j’ai déjà envie de parler de ce livre, pas trop non plus, bien sûr, on attend le 14 juillet et les feux d’artifices !! (photo qui correspond relativement  bien au livre ) :

« Je sors de l’eau et commence à rôder dans l’appartement qui se vide de plus en plus à chaque minute qui passe. Il y a quatre fauteuils, un divan dans le salon et ils ont l’air béants ; chaque bibelot est touché d’absence. Tout autour de moi est moitié. Les objets les plus familiers sont devenus les vestiges d’une vie trompeuse qui aurait peut-ête réussi à faire illusion jusqu’au bout, si je ne t’avais pas connue. Sans toi, Laura, je ne me serais même pas aperçu que je n’étais pas là. On dit tant de bêtises sur la naissance ! Il ne suffit pas de venir au monde pour être né. « Vivre », ce n’est ni respirer, ni souffrir, ni même être heureux, vivre est un secret que l’on ne peut découvrir qu’à deux. Le bonheur est un travail d’équipe. Je laisse passer les secondes et les minutes et cette lente caravane est chargée de sel de bonheur, car elle va vers toi. » 

Sur une idée de Chiffonnette

QUELQUES MOTS A LA COLLE POUR L’ENVOL de Nareva

Recueil poétique illustré, Editions C Du Lourd, 56 pages, 12,90 €.

Pour le pitch, je reprendrai un passage de la 4ème de couverture et quelques mots de l’auteure dans son avant-propos :  » Quelques mots à la colle pour l’envol » est le premier recueil  poétique illustré publié  par  Nareva aux Editions C Du Lourd . Il est question de poésie en suivant le fil d’une vie comme on regarderait, assis au bord de celle-ci, un fleuve. » Et dans son avant-propos, l’auteure se présente ainsi   : « Ecrire comme l’on respire. Des mots à la colle comme des ressentis qui parsèment la vie. La correspondance des sens, c’est la mère de ma plume, celle qui peuple mes percussions à jamais emplie d’illusions. (…) La rime n’est pas orthodoxe. Le nombre de pieds n’est point calculé. (…) Cette poésie n’a pas la cadence coutumière attendue (…) ».

 Décortiquer la poésie, comme nous l’avons appris à l’école, me semble parfois être une hérésie. Apprendre ce qu’est une métaphore, un alexandrin, soit, mais dépiauter un poème ligne par ligne est un exercice auquel je me refuse.

Un poème est avant tout une envolée, une main qui ne se lève de la feuille qu’une fois le souffle expiré ; il traduit une émotion, il fixe un instant de vie attrapé au temps, il déploie les sentiments et les vibrations en corolle palpitante de fleurs qui s’ouvrent ou se fanent, que ce soit en vers où effectivement la rime n’y est pas toujours, ou en prose qu’elle ne fait pas mais qui en a souvent le ton, léger et surtout pas ampoulé. Les quarante-quatre poèmes déclinés en cinq parties  de Nareva sont tout cela. De la genèse (Inspiration, La magie de l’enfance), à la mort (La Dame aux Cheveux Blancs, La Mort par Correspondance) en passant par la vie et nos introspections sur des chemins caillouteux et souvent tortueux (Regarde-toi par la racine, Évasion), aux fulgurances de l’amour et les déclarations à l’amante, à l’amant (Que garder ?,  Doute ou Lucidité), elle nous prend par la main et nous emmène dans ses balades le long d’un fleuve, en elle, avec elle, nous faisant toucher du doigt l’infini des possibles et des illusions perdues ou à venir. En outre, il existe une vraie musicalité dans ces poèmes, des chansons pratiquement où des refrains sont scandés, litanies parfois sombres mais jamais désespérées, lucides. Au plus triste, subsiste toujours un éclat de lumière, prisme du miroir clignotant sous le soleil qui guide ses pas au fil de l’eau qui sinue et s’insinue en nous, on entend cascader les mots, résonnances musicales comme dans Sensations où le refrain mélodieux et sensuel est une ode à l’amour, à la passion quand elle se glisse sous notre peau enfiévrée :

«  S’laisser glisser sur les contours lisses du désir

Pénétrer dans son antre, aller et venir

Pour atteindre les mille et un plaisirs

C’est caresser les yeux, voir

C’est inviter le son à entrer, ouïr

C’est caresser des mains, toucher

C’est déguster du palais, goûter

C’est parfumer son esprit, sentir

C’est la vie ! ».

 Les illustrations à l’encre de chine (ou au crayon ?) en noir et blanc accentue la mélancolie des clairs-obscurs, font émerger la lumière qui se lève ou se couche, dans son poème « Merci Charles », elle remercie celui qui a su mettre du « noir, des courbes et du relief » en « correspondance » avec son univers.

Et pour finir,  un extrait de « De passage » qui nous ramène à l’essence de la vie, de la nôtre, des autres, à la vibration qui chante comme un écho mélodieux aux multiples facettes :

« Chacun son ancre, son histoire

Toujours tu reviendras à elle

La peau brûlée par mille soleils

Chacun son ancre, son histoire

On poursuit sa vie au hasard

Le crépuscule de nos jours y ramène.

Chacun son ancre, son histoire

La boucle est bouclée, il est tard

On vient y terminer le voyage, un soir. »

MON AVIS

J’aime beaucoup la poésie et je n’ai pas été insensible aux vers de cette poétesse qui signe là un premier opus bien maîtrisé, bien construit même si la rime comme elle le dit elle-même n’est pas « orthodoxe, ni le nombre de pieds, calculé », ce qui en fait le charme également et donne à l’ensemble une sonorité plus proche parfois de la chanson que du poème classique. Par ailleurs, elle ne revendique pas non plus l’autobiographie dans ses écrits mais plutôt une universalité où chacun peut se reconnaître à un moment donné de son existence, y trouver un écho et des correspondances frissonnantes dans un style fluide, musical et accessible . J’ai beaucoup aimé. A découvrir pour les amateurs du genre. La couverture est également très belle et les illustrations en adéquation avec ses poèmes. Seul léger bémol, que j’attribuerai à « l’étourderie » : une ou deux coquilles orthographiques….mais rien de bien méchant ! J’ai vu  pire et chez des maisons d’édition réputées !

SUR L’AUTEUR

Pas grand-chose sur la toile à son sujet, donc je reprends le petit encart la concernant en 4ème de couverture: Elle vit dans le sud de la France. Certains de ses poèmes ont été le support de chansons, elles est sociétaire SACEM. Passionnée par la lumière et la manière dont elle inonde la nature et les êtres, elle fait également de singulères photos d’artistes et de paysages pour CreArt  de C Du Lourd.

A PROPOS DES AGENTS LITTERAIRES

Je les remercie tout d’abord de m’avoir permis cette rencontre. Ils font la promotion de nouveaux auteurs, ce qui a tout pour me plaire, dans de nombreux domaines (romans, essais, poésie, livres numériques, etc). Je vous encourage à aller sur leur site, ici, de lire les critiques qui y sont déposées et de constater l’énergie qu’ils déploient pour assurer la visibilité de ces nouveaux auteurs. Leur lien (il est déjà dans les miens) mais je vous le donne en entier : http://www.les-agents-litteraires.fr

 

ATELIER D’ÉCRITURE pour l’été, qui est POUR ? Sondage….

Les ateliers d’écriture de Livvy et de Skriban étant fermés pour l’été, il y en a certains(es ) que la plume démange, qui se torturent les méninges sur des textes qu’elles (ils) ne pourront écrire, si, il y en a au moins une qui s’est reconnue ! Je vous suggère « Des Mots Pour L’été » comme signe de reconnaissance (youyou !). Je vous propose, exceptionnellement, jusqu’à ce que les habitudes de la rentrée reprennent, de participer à un jeu, on va dire ça comme ça, où il s’agit bien sûr d’écrire un texte avec pour commencer un mot de l’alphabet (ça ne va pas chercher loin), les intéréssé(e)s proposeront chacun(e) un mot commençant par A la première semaine, un autre commençant par B la deuxième fois, et enfin par C, etc. Soit un mot chacun(e) à laisser dans les commentaires du lundi matin au lundi soir pour le samedi suivant ; éventuellement on pourrait mettre l’atelier en place tous les 15 jours. Je vous propose donc un sondage.  A savoir, pour  celles et ceux qui préfèrent la formule hebdomadaire, qu’ il y a déjà  le « Un mot, une histoire » d’Eiluned le lundi, donc n’ayez pas les yeux plus gros que le ventre ! Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part ! J’avais aussi pensé à un thème ou un style (chacune donnerait son avis à tour de rôle) décidé le lundi également. Mais ce serait plus réducteur, à voir !

Bon, me reste à vous concocter un petit logo, ça, ce n’est pas gagné. Delphine, Livvy, y’a quelqu’un ?? (^^)

Sur ces six photos, laquelle vous paraît la plus convaincante (la n°1 étant la machine à écrire en haut) ? J’aime bien, « frustration » et la page blanche, mais aussi la plume rose, je ne sais plus, aidez-moi !! 

Pour ceux et celles qui n’ont pas de blog et voudraient participer, pas de problème, les textes pourront être laissés en commentaires le samedi ! Si toutefois ce projet voit le jour !

Toutes les photos (sauf mon encrier « maison ») viennent du site libre de droits, dreamstime.com

NI BONJOUR, NI AU REVOIR

Ma première participation au jeu d’écriture d’Eiluned, qui consiste à écrire un texte avec un mot donné le lundi pour le lundi suivant. Cette semaine, il s’agissait du mot us (oui, pas cher au Scrabble !). Voir les participants chez Eiluned dont j’étrenne le joli logo !

NI BONJOUR, NI AU REVOIR…

 Elle marche dans la nuit, les réverbères s’allument un à un déversant de l’eau claire dans les flaques sombres. Elle titube, les yeux pleins d’embruns mais la pluie qui ruisselle cache, gomme, efface. Elle parle tout bas pour elle, litanie, psaume, pelote dévidée de son âme en lambeaux. Un jeune homme la heurte, se retourne et lui crache :

–         Hé, regarde où tu marches, pauvre conne !

–         Toi, pas là…marmonne-t-elle tout bas.

–         Oh là tu me cherches ! insiste l’ado au visage vérolé d’acné purulent.

 Elle ne lutte pas, quand il lui tord le bras, elle se contente de lui jeter un regard vide, un regard qui lui fait froid dans le dos, noir, dur et surtout aveugle, deux mares sombres qui semblent ne rien voir ; il la lâche et bafouille piteusement :

–         La prochaine fois, tu pourrais t’excuser.

–         Toi, pas là…, répète-t-elle inlassablement, mécaniquement.

 Elle ne l’entend déjà plus, le bitume brillant ressemble au sang noir qui coule dans ses veines, le sang reflué, la mort qui s‘insinue peu à peu, et lui dézingue le cerveau.

Elle voit l’enseigne d’un café encore allumé et se précipite à l’intérieur. Elle  ne regarde personne, il n’y a pas foule, juste quelques allumés qui attendent que la nuit s’éteigne pour aller dormir enfin, loin de leurs terreurs réelles ou imaginaires qui se noient dans un ultime verre.

–         Vous désirez Mademoiselle ? lui lance le taulier en essuyant un verre déjà rutilant.

–         Toi, verre, liqueur, parvient-elle à ânonner.

–         Ah ma p’tite dame va falloir m’en dire plus, aboie-t-il. Tout en contournant son zinc, il s’approche d’elle les deux mains sur ses hanches rebondies. Il penche la tête pour essayer de croiser son regard baissé, son regard éteint. Elle lève enfin la tête et devant l’horreur qu’il y lit, il s’empresse de crier :

–         Robert, amène une prune pour la p’tite dame, je crois que ça va la remonter.

–         Ca va pas, vous… avez besoin d’aide ?

–         Toi, pas là, toi laisser…toi…

–         Oh oh, doucement, hé, je crois qu’on va appeler les urgences psychiatriques, elle est pas toute seule la donzelle !

–         La…don-zel-le…mourir…

–         Ouais c’est ça et moi je vais me jeter dans la benne à ordures, tu t’appelles comment ?

 Le mutisme persistant, le regard loin derrière son épaule, les mots incohérents, cette fille décidément ne connaît plus les us et coutumes de la société. Il compose le numéro des urgences, explique ce qui se passe mais avant qu’il n’ait fini, elle a disparu.

Il  sort  précipitamment,  regarde à droite, à gauche avant de voir une forme allongée près du porche. Il court aussi vite que son ventre le pousse en avant et étouffe un cri. Les yeux révulsés, tournés vers le ciel crasseux, la jeune fille aux bras bleuis, là où le sang s’est figé a jamais, n’a pas eu le temps et  la politesse de lui adresser un dernier au revoir.

MERCI A VOUS ! Timy et Chipie placés !!

Je voulais remercier toutes celles qui se sont mobilisées (et tous ceux) pour NALA . Je voulais simplement vous informer (grâce à nous ou pas ? peu importe) mais Timy et Chipie ont trouvé chacun une famille d’accueil qui, nous l’espérons, les adopteront.

Le combat n’est pas terminé puisqu’il reste encore seize chats, chatons et deux chiens à placer et à adopter ! Donc merci de continuer, dans la mesure de ce qu’il vous est possible de faire, à parler de NALA autour de vous, (pas sur votre blog, hein, merci à celles qui l’ont fait !) pour nous assurer une plus grande visibilité. Et de visiter le site, à l’occasion.

Le week-end se termine bien pour ces deux chatons et je voulais simplement vous faire partager ma joie.

Un grand merci à celles qui ont relayé sur leur blog, sur leur mur Facebook ou en envoyant des courriels à leur carnet d’adresses.

Le lien de l’association est désormais dans mes liens. Voici un « échantillon » de nos animaux à adopter.

 

 

 

HERE’S TO YOU, NICOLA AND BART…

Par Joan Baez (BO du film d’Ennio Morricone.). L’affaire SACCO ET VANZETTI ou l’innocence assassinée. Bien que leurs noms aient été blanchis, ne pas oublier que de telles injustices hantent toujours les couloirs de la mort aux Etats-Unis, est aussi une façon de s’interroger sur la peine de mort, puisque certains aimeraient qu’elle soit rétablie dans notre pays…

Dans la prison de Charlestown près de Boston (Massachusetts), Le 23 août 1927, les deux militants anarchistes, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti étaient injustement exécutés, sur la chaise électrique, accusés d’un crime qu’ils n’avaient pas commis.

Ce qu’on leur reprochait ? D’être les auteurs de deux braquages et d’avoir tué deux convoyeurs de fonds à deux dates rapprochées : l’un le 24 décembre 1919 et l’autre le 15 avril 1920. Et d’avoir empoché les 15 000 $ qui représentaient les salaires des employés d’une usine de chaussures. Malgré le manque de preuves flagrant, le 14 juillet 1921 ils sont condamnés à la peine capitale.

Cette affaire a déchaîné l’opinion dans le monde entier où des comités de défense, des manifestations ont reporté plusieurs fois l’exécution. Comme Sacco en 1923, Vanzetti est placé en hôpital psychiatrique en 1925. Le 12 mai 1926, leur condamnation est confirmée. Benito Mussolini lui-même s’en indignera et prendra  leur défense (c’est dire !).

A savoir que le contexte n’est guère favorable économiquement et politiquement ces années là aux Etats-Unis, comme en Europe. Au sortir de la guerre, il faut faire face à l’inflation galopante et juguler les grèves nombreuses qui éclatent un peu partout dans le pays. La chasse aux sorcières a commencé, face à la montée du bolchévisme, les grévistes,   l’arrivée des immigrés italiens (dont beaucoup d’anarchistes), et qui parlent à peine l’anglais. L’amalgame est vite fait. Même après que le véritable coupable se soit dénoncé du fond de sa prison, le Juge Thayer (qui n’aimait ni les anarchistes, ni les italiens, on est à Boston, hé !) ne voudra jamais rouvrir leur procès, ils resteront sept ans en prison avant de mettre cinq longues minutes inhumaines pour l’un, et sept pour l’autre à mourir d’une décharge barbare sur la chaise éléctrique. Le vrai coupable, Celestino Madeiros est exécuté en même temps.  Lire la suite

SOS NALA – 2 chatons en danger !

Je vous avais déjà parlé  de l’Association Nos Amis Les Animaux dont je suis la secrétaire* et qui essaie de sauver des chats et des chiens de l’euthanasie en cherchant des familles d’accueil dans un premier temps et des adoptants dans un second. Nous avons également beaucoup de mal à travailler dans des conditions sereines puisque nous n’avons pu obtenir de local « aux normes » alors qu’il en existe des vides qui ne servent à rien (ah ! la Mairie, l’administration et ses joies !) . Nous faisons donc circuler une pétition sur notre site, (en haut vous trouverez la page dédiée « pétition ») pour toucher le plus grand nombre et peut-être obtenir ce que nous demandons. Si le coeur vous en dit, n’hésitez pas à la signer, il ne vous en coûtera que quelques minutes !

Mais le plus important aujourd’hui, avec les vacances qui arrivent et les abandons qui vont souvent de pair, ce sont deux chatons de deux mois, Timy et Chipie qui vont être euthanasiés la semaine prochaine** si une famille d’accueil n’est pas trouvée d’ici là. Aussi, pour celles et ceux qui auraient des contacts en Vendée (même au-delà nous prenons en charge les frais de transport), je vous demande d’essayer de contacter des personnes qui seraient disposées à les accueillir, oui, au moins essayer si la cause animale vous tient à coeur. Je vous les présente mais vous trouverez d’autres informations en allant visiter le site : http://nosamislesanimaux.com Je vous rappelle également que les familles d’accueil n’ont AUCUN FRAIS à engager, la nourriture, les soins vétérinaires sont à la charge de NALA.

Timy à gauche et Chipie à droite.

MERCI d’avance de ce que vous ferez, le moindre petit geste compte !

Et pour finir je vous citerai cette phrase de Jean Anouilh que j’affectionne particulièrement : « J’aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes forces… Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m’empêchera d’être heureux… »

DEUX NUMÉROS DE TÉLÉPHONE (je vous évite de les chercher sur le site) : 06 33 34 66 53 et/ou 06 48 68 40 37. Merci d’avoir pris la peine d’aller au bout de ce billet.

* : pas la Secrétaire officielle de l’Association, mais la secrétaire scribouillarde qui aide à la rédaction de bulletins ou de Flash-Infos ! Notez la nuance, merci !

** Il est bien entendu (et je pense que tout le monde l’a compris ici), que ce n’est en aucun cas NALA qui envoie les animaux à l’euthanasie, et que nous ne sommes même pas un refuge (faute de local).

DÉSIR D’HISTOIRES 36

Ma participation hebdomadaire au jeu initié par Olivia Billington, dite Livvy et que vous retrouvez ici si vous voulez en savoir plus ou participer, à savoir que ce n°36 est le dernier de la saison. Le jeu reprendra après les vacances ! Les mots imposés cette semaine sont  au nombre de 16 : récidive – tonitruant -isolement-convention – fraise des bois – pilaire- été – pèlerine – lézarde – attirance – bulletin – sorbet aux poires – frémissement – perdition – frousse – contrepoint.

CLAP DE FIN POUR UN NOËL

Laura attendait, les yeux et le nez collés à la vitre, du haut de ses dix ans déjà emplis  de solitude, elle attendait le coup de téléphone prospecteur de sa tante qui allait sonner et rompre son isolement :  » Qu’est-ce qui te ferait plaisir pour Noël ? Je préfère te demander, plutôt que d’acheter quelque chose d’inutile »… Inutile ! Le mot était bien choisi ; il était là l’inutile justement, elle était là, la vacuité de ces adultes qui nous font pleurer en voulant notre bonheur . Ce qu’elle aurait voulu en ce temps là ? Rien. C’est ce qu’ elle avait déjà la plupart du temps, en effet.

Elle, ce dont elle rêvait c’était d’une grande table en bois, comme dans les fermes d’autrefois, avec une belle nappe blanche ouvragée, que les mains d’une femme aimante aurait brodée, entre deux couvées, entre deux tétées. Et, sur cette table, des mets simples et savoureux qui embaumeraient la maison du matin au soir, mitonnés avec le frémissement qui court sous les mains des brodeuses.  Et beaucoup de rires, des rires immenses qui résonnent longtemps, des rires qui font mal au ventre, à en perdre le souffle. Des rires de connivence pour dire le bonheur  d’être réunis ensemble autour du même amour. Et que la belle vaisselle, sortie pour l’occasion dessinent des corolles de fleurs épanouies sur la nappe immaculée. Des assiettes qui ne volent pas en éclats en même temps que les insultes que lançaient sa mère, la voix pâteuse, à la tête de son père, à l’envers de sa vie, démolissant en un soir tout ce qu’on lui avait dit du père Noël. Alors, elle s’éclipsait, personne ne le remarquait. Une pèlerine sombre sur ses épaules, elle sortait dans cette nuit que l’on dit magique. Il neigeait parfois et c’était bon ces flocons gelés sur son visage muet de tristesse. C’était bon cette douceur qui descendait du ciel ; le père Noël ne viendrait pas, elle le savait, mais au moins elle n’entendait plus ces mots horribles qu’on ne devrait jamais entendre un soir comme celui-ci. Elle se doutait que la paix existait quelque part, qu’elle DEVAIT exister pour que la vie soit supportable. Elle suivait le chemin boueux, ce chemin qui l’été cachait des fraises des bois dans les buissons. Elle éprouvait une attirance irrépressible pour les lumières qui dansaient au loin, les lumières de la petite église où des lézardes couraient sur les vieux murs,  où des gens chantaient en choeur, suivant le contrepoint de la partition  jouée par l’organiste. Lire la suite