LA FEMME GELÉE d’Annie Ernaux

 

 

 

 

Qui a dit qu’Annie Ernaux écrivait toujours le même livre ? Certes, les thèmes autobiographiques qu’elle aborde semblent un sujet inépuisable, à l’image de sa mémoire fouilleuse et introspective mais je n’ai pas retrouvé le style des Armoires Vides ni la même émotion de L’Autre Fille dans celui-ci. De son enfance à Yvetôt à son mariage, en passant par l’adolescence et ses études à Rouen, son écriture maîtrisée, juste, presque chirurgicale trace au scalpel ses interrogations, ses révoltes sur la condition féminine, sans tabous, parfois crûment, mais toujours dans la souffrance d’où émergent de rares moments de bonheur… Et on ne peut pas ne pas s’émouvoir quand ces mots nous ramènent à notre propre condition de femme, avec si peu de changements en trente ans (copyright 1981), malgré l’avalanche de lois prônant la parité, l’égalité des chances, le sexisme, etc,  et qui, comme nous le savons ne restent que théorie la plupart du temps…

LE LIVRE

Quelle surprise dans cet opus de voir l’enfance d’Annie plutôt heureuse, heureuse de son statut d’enfant unique, émerveillée par sa mère qui porte la culotte comme on aurait dit autrefois. Une mère qui ne fait le ménage (à fond) qu’une fois par an, préférant lire derrière le comptoir de l’épicerie-café un Delly romanesque laissant au papa qui tient le bar mitoyen le soin de s’occuper des repas d’Annie, de l’accompagner à l’école, bref de remplir les fonctions d’homme au foyer. Elle a donc été élevée avec ce schéma inversé, poussée par ses parents à lire, à devenir quelqu’un. «  Mais je cherche ma ligne de fille et de femme et je sais qu’une ombre au moins n’est pas venue planer sur mon enfance, cette idée que les petites filles sont des êtres doux et faibles, inférieurs aux garçons. Qu’il y a des différences dans les rôles. » Mais très vite, le regard des autres va modifier cette vision normale pour elle. Son père, « homme popote » est un anachronisme pour l’époque et sa mère n’a pas « les circonstances atténuantes » de la maladie ou de la de la famille nombreuse pour ainsi paresser, ne pas savoir faire une mayonnaise, coudre ses robes et épousseter sans cesse. Elle se sent différente, toujours, partout, par ses origines modestes d’abord, paysannes même, où le chemin à tracer est le sillon que l’on doit creuser soi-même pour sortir de ce milieu. Et ce milieu, elle en sortira grâce à l’éducation mais se perdra un temps dans un reflet de femme qu’elle ne voulait pas être.

A l’adolescence, surgissent les lectures, la lecture est déjà omniprésente depuis l’enfance, là viennent s’y ajouter entre Simone de Beauvoir et Kant, les conseils de Nous Deux ou Intimité sur ce que doit être une femme. La virginité, le mariage, les contradictions avec l’image du couple qu’elle devra former si elle se marie. Les premières règles, le dégoût, les complexes, trop plate, pas assez « gironde » dans les critères des mâles qui croisent sa route. Elle remet toujours tout en question :  » Pas facile de traquer la part de la liberté et celle du conditionnement, je la croyais droite ma ligne de fille, ça part dans tous les sens. Une certitude, l’époque Brigitte a été fatale pour ma mère, (…) ». Puis l’émancipation définitive avec le schéma parental après avoir désespérément cherché à l’excuser, le justifier auprès de ses camarades. La première expérience sexuelle qui n’a pas le goût ni les couleurs du rêve qu’elle espérait, seulement « les joues rugueuses » d’un amant sans importance. Mais le bac est sa priorité, les études, s’en sortir, réussir quoiqu’il arrive. Alors elle accepte le foyer pour jeunes filles à Rouen, les blouses roses et ce qu’une fille doit apprendre. C’est pour le lecteur, un voyage dans un temps pas si éloigné que cela (les années 50-60) où l’école n’était pas mixte (elle découvrira les garçons dans les amphis de la Faculté de Lettres de Rouen) et, où les deux mondes filles-garçons se voyaient à travers le prisme déformant de l’interdit, des conventions, du sacré et surtout du chacun-reste-à-sa-place.

Après quatre années de liberté en Fac de Lettres, les Sciences sont réservées au garçons bien sûr, vient le mariage avec Pascal, les doutes avant le mariage, des deux côtés, ils se ressemblent un peu tous les deux, à la différence que l’homme c’est lui.  » A d’autres moments, la croyance que notre malaise venait de l’incertitude elle-même, pour le supprimer, le pari de Pascal, foncer dans le mariage, on verrait après. Ma super lâcheté, l’inavouable, dans les derniers cercles de l’amour, je désire que mon ventre se fasse piège et choisisse à ma place « .

Mais l’image d’Epinal va se ternir  rapidement avec la routine, la naissance des enfants, le temps pour soi raboté à l’extrême et la carrière mise en veille pour que celle du mari décolle. Très vite, cette solitude, car elle est finalement toujours très seule, même mariée, comme si l’enfance unique lui avait laissée à jamais cette indébilité, cette incapacité à se fondre totalement dans une existence faite de clichés, de stéréotypes et surtout de s’absenter longtemps d’elle-même,  et finir par ne plus se reconnaître.

« Elles ont fini sans que je m’en aperçoive, les années d’apprentissage. Après, c’est l’habitude. Une somme de petits bruits à l’intérieur, moulin à café, casseroles, prof discrète, femme de cadre vêtue Cacharel ou Rodier au-dehors. Une femme gelée. »

MON AVIS

En plus de ce que je vous ai dit plus haut, la femme gelée, ici n’est pas  la femme glaçée par l’absence d’amour, mais gelée  au sens de figée dans des cadres, des images qui correspondent à la fois aux attentes de la société et à celles de la famille. Et pendant que sa vie à elle est « gelée », le temps passe, comme tout le monde elle a peur de vieillir et de ressembler à ce qu’elle a toujours haï. Annie Ernaux est fidèle à elle-même et très courageuse aussi de se livrer ainsi, sans pudeur, dénonçant tout haut ce que tout le monde pense souvent (bien trop souvent) tout bas. Elle ne crie pas, n’exhorte pas au féminisme, à brandir son soutien-gorge, non, le murmure en dit plus souvent parfois que les cris,  elle fait simplement le constat d’une vie de femme, prof de lettres qui eût aimé aller vers l’Agrégation (à ce stade de sa vie) si les entraves liées au statut de femme dans lequel est incluse la clause d’enfanter ne l’en avait pas empêchée. Je pense qu’Annie Ernaux aurait à certains moments, préféré être un garcon et pouvoir  décider comme un homme…sans rien lâcher de sa féminité qu’elle ne nie pas non plus ! Et oui, j’ai aimé ce roman dense, lucide, intransigeant, dépouillé dans le style et diablement émouvant.

SUR L’AUTEUR : Je vous parlerai d’elle plus longuement et certainement plus précisément après avoir lu Les Années (Lecture commune du 15 août). Mais j’en ai déjà dit un peu, après avoir lu L’Autre Fille, début avril 2011.

LA CITATION DU JEUDI – avec Annie Ernaux

Sous l’égide de Chiffonnette, un passage sur la pseudo-égalité hommes-femmes dans le travail ET à la maison ! Rien de bien nouveau, avouons le ! Extrait de La femme Gelée, d’Annie Ernaux, p.181 :

« On se fait peur, on s’affole, inouïes, les capacités d’endurance d’une femme, ils appellent ça le coeur. J’y suis bien arrivée à l’élever, le second, et faire du français dans trois classes et les courses et les repas et les fermetures Eclair à reposer, et les chaussures des petits à acheter. Qu’est-ce qu’il y a d’extraordinaire, puisque, il m’en persuade toujours, je suis une privilégiée, avec cette aide-ménagère quatre jours et demi par semaine.  Mais alors, quel homme n’est pas un privilégié, sept jours sur sept sa femme de ménage favorite. (…) Moi aussi je vais m’y précipiter dans ce merveilleux refuge des femmes-profs qui-veulent-tout-concilier, le collége de la sixième à la troisième, nettement plus peinard. (…)  » Faire carrière », laisser ça encore aux hommes, le mien est bien parti pour. « 

Mon ami l’écureuil de Maurice Genevoix

Dans la collection Hachette à partir de 6-7 ans ! Donc, je me suis permis de le lire, ayant passé cet âge fatidique et quel plaisir ! A mon avis c’est même plus un livre pour grands enfants car le style de Maurice Genevoix, de l’Académie Française comporte des termes qu’il faudra expliquer à des enfants de moins de dix ans, voire plus pour certains. Ce qui est doublement touchant, est qu’il s’agit d’une histoire vraie comme il est précisé en incipit.

L’HISTOIRE
Par une belle après-midi d’avril, l’auteur va se promener en forêt avec sa fille, Sylvie âgée de dix ans et ils font la rencontre d’un écureuil, pas sauvage (très peu) qu’ils vont pouvoir approcher, caresser et même entendre parler. « Autre chose encore m’émouvait. L’écureuil, maintenant nous parlait. Je veux dire que par intervalles, il poussait une sorte de grognement, guttural et léger : c’était comme un salut à notre adresse, accompagné d’un coup d’oeil amical, la tête tournée sur le côté, un peu penchée, pour mieux encore nous regarder, toujours d’un oeil ». L’écureuil va se lover dans les plis de de la doublure de soie du manteau de Sylvie, et au moment du départ les…suivre en bondissant joyeusement. Ils le ramènent donc chez eux, le nourrissent mais le soir, l’auteur a conscience qu’il lui faut rendre l’animal à la nature, que le garder chez eux est impossible. Et cette séparation sera vécue comme un déchirement malgré la nécessité évidente de replacer l’animal dans son milieu naturel. Il retourne donc le relâcher sur l’arbre où il était apparu et le coeur gros, s’en va. Les jours qui suivront, il reviendra inlassablement dans l’espoir de retrouver la petite boule soyeuse qui les a tant émus, lui et sa fille, sans succès… « J’ai scruté avidement les branches. J’ai appelé longtemps, en imitant à fond de gorge (j’étais tout seul, je n’avais pas peur de paraître ridicule) le doux grognement que je n’avais pas oublié. Mais les branches n’ont pas frémi ; nul écho ne m’a répondu. Tout ce qu’il avait à me dire, l’écureuil me l’avait déjà dit « .

MON AVIS ET / SUR L’AUTEUR
Cette histoire étant vraie, quand on sait que Maurice Genevoix, prix Goncourt 1925, auteur de romans « régionaux » (entre autres !) tel Raboliot, qu’il est également un peintre précis et amoureux de la nature, plus particulièrement de la Sologne, cette histoire bien écrite, illustrée par Michel Charrier, aquarelliste subtil ne peut qu’enchanter petits et grands… La version que je possède est de 1988 (oui ce ne sont pas mes photos, Matt, le webmaster de WP n’entendant pas mes appels !), mais je suppose que Maurice Genevoix né en 1890, l’a écrite bien avant… Et je la dédie à un petit écureuil qui se reconnaîtra s’il passe par là !

L’insoutenable légèreté de l’être – Le film.


Film revu sur ARTE hier soir, avec la même émotion qu’il y a vingt ans. Ce film (américain) paru en 1988 d’après le roman de Milan Kundera (Gallimard-1984) dure 2h51 minutes et retraduit au mieux les scènes phare du roman.

Ce film qui retrace les évènements du Printemps de Prague et de la main-mise communiste sur la Tchécoslovaquie est avant tout un roman d’amour et de mort. L’accent y est mis, plus que sur la trame politique omniprésente dans le livre.
Thomas, neurochirurgien brillant avant les évènements de 1968, vole d’un amour à l’autre avec la lègereté qui le caractérise. Ah ! Le chapeau melon de Sabina, en a fait fantasmer plus d’un (j’en suis sûre !). Jusqu’au jour où il rencontre Tereza, serveuse qui deviendra photographe, nature, vraie mais incapable de supporter les écarts amoureux de Tomas ou les relations triangulaires. La légèreté des uns est aussi lourde qu’un poids mort pour d’autres. Ils se quittent, se retrouvent dans un Prague qui n’est plus désormais celui de leur bohème. Sabina, s’est enfuie une fois de plus, égale à Thomas en cela qu’elle ne supporte pas le poids des choses ni la tragédie. Elle finira seule, au USA et au final, lourde de souvenirs légers.

Quant à Tereza et Tomas, après une escapade en Suisse, ils reviennent à Prague, Tereza d’abord seule, ne voulant plus de sa vie futile avec Tomas et malgré son amour pour lui ; Tomas la rejoindra, se voyant ainsi lui aussi privé de passeport et ne pourra plus exercer son métier, refusant de signer un document où il s’excuserait d’avoir osé, au temps des événements, s’en prendre au régime communiste. Relégué laveur de vitres, Tereza redevenue serveuse, ils s’enfuiront à la campagne.
Quand le bonheur semble enfin acquis, que l’équilibre entre gravité et légèreté semble flotter sur leur couple, c’est le destin qui les reprend. La mort a double visage dans ce film (et dans le livre) : elle s’est emparée du pays et les héros ici faits de chair et de sang meurent aussi, comme dans la vie, comme si l’aboutissement de la réflexion de Kundera n’avait pu trouver d’autre épilogue…

Daniel Day-Lewis en Tomas, Juliette Binoche en Tereza et Lena Olin en Sabina sont parfaits ! Il m’a même semblé voir Clovis Cornillac en ado pré-pubère dans un bar… et pour finir, un extrait du livre quand même, non ?
 » Ils allaient et venaient, esquissant les figures de la danse au son du piano et du violon ; Tereza avait la tête posée sur son épaule. Comme dans l’avion qui les emportait tous deux à travers la brume. Elle ressentait maintenant le même étrange bonheur, la même étrange tristesse qu’alors. Cette tristesse signifiait : nous sommes à la dernière halte. Ce bonheur signifiait : nous sommes ensemble. La tristesse était la forme, le bonheur, le contenu. Le bonheur emplissait l’espace de la tristesse ». page 393.

C’EST LUNDI QUE LISEZ-VOUS ?

Sur une idée de Malou, reprise par Galléane.

Donc, je viens de finir Les Mouches de Jean-Paul Sartre qui était à la suite de Huis Clos et j’ai entamé La Femme Gelée d’Annie Ernaux, tout en sachant que je peux dévier d’un moment à l’autre et entamer quelque chose en parallèle ! Bah oui, j’aime bien, sauf quand un livre ne me le permet pas et se lit d’une traite en une nuit par exemple ! Ce qui n’est pas souvent le cas, hélas! Et après, je vais penser à entamer La Délicatesse de David Foenkinos pour la LC du 25 juin !!
P.S : Pardon, mais WordPress nous met des codes à la place des photos quand nous tapons un billet aujourd’hui, donc s’il y a doublon, c’est la faute à Matt qui ne parle qu’en anglais today… Il est de mauvais poil, c’est sûr pour nous faire un coup pareil !! Hé, Matt, remets-nous la barre d’outils à l’endroit, steuplaît, déjà que j’ai du mal, alors…

CLAIR DE FEMME de ROMAIN GARY

 

OU L’AMOUR AU-DELÀ DE LA MORT…

 Ce livre, vous l’aurez deviné est bien plus qu’un coup de cœur, c’est le cœur entier qui se dissout entre les lignes, qui frissonne, rit aussi, car le sujet grave est traité avec une autodérision exceptionnelle. Parce que  les mots nous collent à la peau comme une larme retenue, translucide et qui ne veut pas couler de notre paupière refermée, un instant de grâce que nous voulons prolonger, pour ne pas arriver à la fin, comme les deux héros Michel et Lydia qui roulent doucement dans la nuit parisienne de peur d’arriver quelque part. Surtout elle. Lui sait ce qu’il  a à faire et ce qu’il veut malgré son ivresse. Soûl d’alcool et aussi soûl de malheur. « Même si nous étions dans l’étreinte comme deux souvenirs », la mort ne lui a pas tout pris. Et la mort imminente de Yannik, sa femme, don double, sa patrie, doit continuer à travers une autre, tel qu’elle le lui a demandé et tel qu’il le lui a promis. Comment ne pas imaginer Jean Seberg dans les quelques pages où il nous parle de cette douceur blonde, cet « éclair de femme » et peut-être, l’amour tel qu’il aurait dû être entre eux. Et le titre aurait pu être « Eclair de femme » tant il en parle de cet éclair. Mais il dit aussi cela de l’amour : «Et je ne vous dis pas qu’on ne peut pas vivre sans amour : on peut et c’est même ce qu’il y a de si dégueulasse. Les organes continuent à assurer la bonne marche physiologique, et le simulacre peut se prolonger longtemps, jusqu’au moment où la fin du fonctionnement rend le cadavre légitime ».

L’HISTOIRE

Une fin d’après-midi pluvieuse, Michel, pilote de ligne en congé sans solde est débarqué brusquement d’un taxi (et de sa vie) rue de Varennes. Il heurte Lydia qui tombe là à point nommé pour régler sa course, car il n’a que des dollars sur lui.   Ils vont s’agripper l’un à l’autre tels deux naufragés et se raconter par bribes leur histoire tout en poursuivant une course échevelée dans des univers cosmopolites d’un Paris qui abrite leur nuit interminable à la lumière de néons indifférents. Ils vont se prendre, sans passion et mettre le doux nom « d’entraide » sur leur relation balbutiante. Ils se lâchent un moment, le temps pour Michel de rencontrer Señor Galba, clown triste dans un cabaret de seconde zone. Et nous avons droit à une scène d’anthologie tragi-comique où un caniche teint en rose va danser un paso-doble avec un chimpanzé… « Le numéro de ma vie » dira Señor Galba en vantant cette prouesse pathétique pour Michel qui s’aperçoit que l’homme, cardiaque, a peur de mourir avant son autre caniche, Matto Grosso,  qui le suit du coin de l’œil en permanence, il a peur de la smrt, ce mot russe qui désigne si bien la mort par sa sonorité vipérine. Il sympathise avec lui et en oublie son sac de voyage dans sa loge où il s’est alcoolisé un peu plus. Après, Il retrouve Lydia, seule depuis un an, elle a quitté son mari devenu aphasique jargonneux (les pires logorrhéiques puisqu’ils parlent sans cesse par onomatopées incompréhensibles) et qui cherche « à l’aimer encore plus depuis qu’elle ne l’aime plus ». A savoir que sa petite fille est morte dans l’accident qui a rendu son mari infirme. Ils vont donc à la soirée d’anniversaire que donne Sonia pour son fils adoré, la belle-mère juive et russe, un sourire implacable vissé sur la face, malgré des yeux qui disent la pire cruauté. La réception, grandiose est une mascarade décadente de sourires ouverts sur des dentiers, du caviar à la louche et de faux tsiganes qui font se pâmer les vieillards présents, enchâssés dans leurs souvenirs et leurs bijoux, témoins d’une grandeur passée et fanée. La belle-mère est une publicité pour un dentifrice tant son sourire ne désarme pas, Michel demande en douce à Lydia si elle l’enlève pour dormir ! Elle croit encore que les juifs ont le malheur dans les veines et jubile d’avoir repris son fils à Lydia, victoire mesquine sur ce malheur qu’elle béatifie alors que Lydia veut rester vraie, vivante et agnostique. Michel se moque de tout et tout le monde met sur le compte de l’ivresse ses réparties pleines d’humour.

« – pirojkis (ce sont de petits pâtés), troïka, volga, koulibiak… » et Sonia le prend aussitôt pour un russe !

Lydia sait que Yannik a demandé à Michel de partir pour abréger sa leucémie, qu’à l’heure où ils dérivent dans Paris, elle est peut-être passée à l’acte. Lydia interroge et il répond : « pourquoi puisque je l’aimais tant, ne me suis-je pas allongé à ses côtés ? «   «  Mais elle voulait rester vivante et heureuse et cela veut dire maintenant vous et moi ». Il veut donner une chance à l’impossible, recréer l’image indéfectible du couple, « où tout ce qui féminin est homme, tout ce qui est masculin est femme » en continuant l’amour, la femme avec une autre, perpétuer Yannik, ce qu’elle voulait  au cours de ce qu’il appelle « les hasards d’une dérive et d’une main tendue ».

Mais plus la nuit avance, quand on croit qu’il va tomber, au fur et à mesure que l’alcool coule dans ses veines, plus l’humour et l’amour, comme un voile de pudeur posé sur l’indicible lui fait raconter Yannik : « Un jour elle m’a dit : jusque là et pas plus loin. Ce n’était pas seulement le refus de souffrir : c’était un goût de plénitude. Elle avait trop le goût de la plénitude pour lécher les restes dans l’assiette. « Pas question, tu parles comme si tu étais le seul à aimer. S’il est une idée qui m’est insupportable, c’est de mourir en emportant avec moi ma raison de vivre  (…). Alors promets-moi. Promets-moi de ne pas faire de ton chagrin une facilité, une dérobade. (…) Nous avons été heureux et cela nous crée des obligations à l’égard du bonheur ».

Il regarde déjà Lydia avec amour, ses cheveux qui ont blanchi trop vite, ses petits sillons autour des yeux sont autant de signes rassurants, comme s’ils avaient déjà vécu vingt ans ensemble. Mais elle qui ne sait plus ce qu’est l’amour a peur, terriblement peur d’être érigée soudain en cathédrale, elle qui ne côtoie que son deux-pièces de 80 m2. Il lui propose juste d’essayer, de partir à Caracas comme il le prévoit depuis deux jours sans parvenir à franchir la salle d’embarquement, il ne veut pas lui faire habiter une vérité qui ne serait pas habitable : «  Le néant ne m’intéresse pas, précisément parce qu’il existe ». Il veut qu’elle partage sa vie par « fraternité », afin de profaner enfin le malheur, de lui tordre le cou une bonne fois pour toutes. Donner une chance à l’impossible, plutôt que de cogner leur malheur comme deux coques de noix  dérisoires sur un océan déchaîné, il veut l’essence de l’amour dans ce qu’il a d’absolu. Alors il lui rapporte les derniers mots de Yannik : «  Je ne veux pas partir comme une voleuse ; il faut que tu m’aides à rester femme ; la plus cruelle façon de m’oublier, ce serait de ne plus aimer. Dis-lui… »  Et, comme pour lui-même il ajoute : « le sens de la vie a un goût de lèvres. C’est là que je prends naissance. C’est de là que je suis. »

Lydia entend-elle vraiment, partagée entre l’envie d’être enfin une autre, d’échapper à sa belle-famille et de ne pas être cette cathédrale,  trop haute pour elle. Elle veut, quand l’aube viendra, commencer par le début, par le bas, redescendre du clocher sacré où il l’a placée. Ramper vers lui plutôt que de descendre d’un trône en Majesté. «  Et quelle femme accepterait d’être seulement un temple d’où l’on vient adorer l’Eternité »…

Alors, iront-ils plus loin ensemble ? L’aube leur sera-t-elle fatale ? Yannik s’est-elle suicidée ? Señor Galba a-t-il échappé à la smrt ? Autant de questions que l’on se pose jusqu’à la fin et auxquelles je ne répondrais pas, pour vous laisser un peu de ce livre que je me retiens de citer en entier ! Mais je ne peux m’empêcher de vous en mettre celle-ci que je trouve particulièrement belle, bien que le livre en regorge comme il déborde d’humour ! Précipitez-vous dessus et consommez-le doucement, comme on savoure un grand cru, comme on serre un enfant dans ses bras, avec tendresse et délicatesse. Parce que Romain Gary nous donne ici aussi, une belle leçon de tolérance, d’humanité face à l’inhumanité de la mort et le tout enveloppé avec précaution, comme s’il ne voulait pas se répandre mais plutôt s’épancher, murmurer alors qu’un cri déchirant, un seul lui traverse l’âme, un éclair de femme…

«  Aimer est la seule richesse qui croît avec la prodigalité. Plus on donne et plus il vous reste. J’ai vécu d’une femme et je ne sais pas comment on peut vivre autrement ».

Coup de coeur exceptionnel !

LC avec Martial, le vagabond des étoiles et Marie.

UNE RENTRÉE « LIT-BIZ » ? Comme d’hab…

RENTRÉE LITTÉRAIRE & BUZIIIINESS !

 

Ah ah ! Il y a déjà des échos dans la presse spécialisée de la rentrée littéraire de septembre (fin août pardon !). Pour ceux qui n’auraient pas lu le petit encart dans la revue LIRE et qui nous annonce cela comme un scoop, je vous laisse regarder ! On prend les mêmes (ou presque) et on recommence ! A quand un article sur la rentrée littéraire des premiers romans et des petites maison d’édition ?? Hein, à quand ? Même de gros articles, je pense, afin que ces auteurs parfois talentueux ne soient pas écrasés sous le rouleau-compresseur des habitués des salons mondains ! Il y en a de bons, il ne faut pas non plus mettre tout le monde dans le même sac, je le concède et le souligne (ayant aussi des auteurs que j’aime dans le lot, vers le bas…), mais quand même… Les premiers en lice sont  (roulements de tambour et yeux… han ! ébahis !)  :

Les habitués : Amélie Nothomb avec Tuer le père (20ème roman) chez Albin-Michel ; Eric-Emmanuel Schmitt avec La femme au miroir chez Albin-Michel également ; Emmanuel Carrère et Limonov (P.O.L) qui serait un « roman biographique sur l’opposant russe fondateur du parti-national Bolchévique » ; Frédéric Beigbeder et un roman sur ses auteurs cultes : Premier bilan après l’Apocalypse chez Grasset (je croyais que c’était un rebelle lui !)  ; Mazarine Pingeot avec Pour Mémoire (Julliard) serait « son livre le plus intime » ; Marie Darrieusecq et un roman sur l’adolescence : Clèves (très à la mode la Princesse en ce moment, mieux qu’une référence proustienne visiblement…) chez P.O.L.

Les plus discrets : chez Actes Sud, nous avons Lyonel Trouillot qui revient avec la Belle Amour humaine, « l’histoire d’une jeune occidentale qui arrive en Haïti sur les traces de son père ». Jean Robin s’est rendu jusqu’en Californie  pour nous écrire Le ravissement de Britney Spears (mouais, y’a des fans !) chez P.O.L., Patrick Pluyette va nous faire passer Un été sur le Magnifique (Seuil) et Antoine Choplin prendrait un virage à 90° pour tout nous dire sur Le Héron de Guernica (Le Rouergue).

Egalement présents (mais pas de titres donnés) : Yasmina Khadra, Eliette Abécassis (tiens George, ta copine !), Charles Dantzig, David Foenkinos (miam), Eric Fottorino, Michel Schneider, Sorj Chalandon, Lydie Salvayre, Eric Reinhardt, Laurence Tardieu,  Brigitte Giraud, etc. (Je ne sais pas comment interpréter ce « etc » et ceux qui y sont apprécieront !).

Chez les auteurs étrangers, (ça sent bon ! ) : Paul Auster et Sunset Park chez Actes Sud, Jonathan Franzen avec Freedom chez l’Olivier mais aussi, très attendu, Haruki Murakami (ça va Martial ??) avec IQ84 chez Belfond et l’espagnol Arturo Pérez-Reverte avec Cadix ou la diagonale du fou (Seuil) dont l’arrivée est prévue le 29 septembre. L’uruguayen Carlos Liscano fait aussi son retour avec Le lecteur inconstant chez Belfond et enfin l’écossais John Burnside avec  Scintilliation chez Métailié.

Et quand même, pour finir et faire honneur à un auteur « premier roman », David Vann qui publie son deuxième roman Désolations chez Gallmeister après l’énooorme succès de Sukkwan Island qui s’est écoulé à 133 000 exemplaires et a obtenu Le Prix des Lecteurs de l’Express. L’essai sera-t-il transformé ? 

Vous avez déjà des préférences ??

Les photos, libres de droit, viennent de

LA CHANSON D’HÉLÈNE et Romy…

La chanson du film  » Les choses de la vie  » avec Michel Piccoli et Romy Schneider,  de Claude Sautet est une chanson oubliée aujourd’hui, voire méconnue… Je vous invite à l’écouter, car demain c’est « billet »… Et une chanson aussi belle est un avant-goût, même s’il ne s’agit ni du même film, ni du même livre ! Revoir Romy est toujours un plaisir…

Ce soir nous sommes septembre et j'ai fermé ma chambre
Le soleil n'y entrera plus
Tu ne m'aimes plus
Là-haut un oiseau passe comme une dédicace
Dans le ciel

Parlé:
Je t'aimais tant Hélène
Il faut se quitter
Les avions partiront sans nous
Je ne sais plus t'aimer Hélène

Avant dans la maison j'aimais quand nous vivions
Comme un dessin d'enfant
Tu ne m'aimes plus
Je regarde le soir tomber dans les miroirs
C'est la vie

Parlé:
C'est mieux ainsi Hélène
C'était l'amour sans amitié Il va falloir changer de mémoire
Je ne t'écrirai plus Hélène

L'histoire n'est plus à suivre et j'ai fermé le livre
Le soleil n'y entrera plus
Tu ne m'aimes plus

 

DÉSIR D’HISTOIRES 33

Texte écrit pour le jeu de Livvy , que vous retrouvez ici, qui consiste à écrire « quelque chose » en y incluant les mots imposés de la semaine et qui sont au nombre de 17 pour cette moutûre : non – sobriquet – randonnée -mélancolie – bonjour – ivresse – strigiforme – parapente -pluie – doux – bord – soleil – ennui – bonheur – antichambre – sortilège – morphing .

Cette semaine, je vous propose une « suite de Mal de chien », de désir d’histoires28. Je vous remets la fin du dernier paragraphe, histoire de renouer avec l’ambiance…

MAL DE CHIEN (2)

(…), un autre bruit se superposa, elle entendit des rires, des verres qui trinquaient, des voix étouffées et joyeuses… Elle s’agenouilla, les deux mains plaquées sur sa tête qui éclatait : rêvait-elle encore ? Le cauchemar continuait, elle ne devait pas écouter, le médecin le lui avait bien dit. Les réponses qu’elle ne voulait pas entendre se terraient derrière la porte, prêtes à lui sauter à la gorge, la mort n’était jamais loin quand elle arrivait à destination, la renvoyant inlassablement à d’autres mirages, d’autres vies où elle n’avait fait que passer. Elle n’était pas folle, la lettre venait bien d’ici. La poignée rouillée l’attirait comme un aimant. Elle sonna.

Personne ne vint lui répondre, la poignée céda sous une simple poussée dans un grincement qui ressemblait à un sanglot étouffé. La vaste pièce, baignée de lueurs bleutées croulait sous les meubles, fantômes de drap blanc qui se taisaient depuis longtemps. Le coeur battant, elle se dirigea d’instinct vers un secrétaire en bois de citronnier, arracha le drap et recula devant le nuage de poussière qui chatouillait ses narines. Une liasse de lettres entourées d’un ruban parme dépassait d’un tiroir resté entr’ouvert. La mélancolie la gagnait. Edith prit la première lettre mais son geste resta en suspens, un bruit de pas à l’étage lui fit lever  les yeux. Un homme d’un certain âge, vêtu comme au siècle dernier, de larges mains posées sur le bord de la rampe, la regardait sans rien dire.  Ses gros yeux strigiformes, rentrés vers l’intérieur comme pour mieux se repaître de sa propre négation la transperçaient. « Encore une hallu » songea-telle en frissonant.

– Bonjour Edith, je ne  t’attendais plus…il y a si longtemps !

Elle fit tomber la chaise, glacée jusqu’aux os et parvint à bredouiller :

– Vous…vous êtes… Matthieu ? C’est vous qui m’avez écrit…

Mais la vision spectrale venait de disparaître dans un nuage de poussière, une myriade de particules dorées à sa suite, tel un sortilège malfaisant. Elle vit une carafe ancienne contenant un liquide ambré. Elle se rua dessus et but à même le goulot étroit, regrettant déjà l’ivresse qui montait et déformait ce qui l’entourait. Vaincue elle alla ouvrir les volets disjoints où s’enroulaient des rosiers et du lierre  ; elle resta là, debout à regarder le jardin parfumé de juin ; elle s’imagina à Capri, avec ce Matthieu inconnu ; ils faisaient une randonnée vespérale  sur les sentiers de chèvres de l’arrière pays après avoir passé une après-midi à regarder s’élancer les amoureux de parapente. Un sourire éteint se figea sur le coin de ses lèvres et elle repensa au sobriquet que lui donnait le médecin : « Caprice ». Elle le détestait ce Docteur Mabuse qui jouait avec son cerveau malade depuis quelques mois. Avec son air faussement doux, il lui donnait à lire des pages de son destin, mutilées de contresens. Qu’il se chargeait de  traduire comme il le voulait. Elle savait au fond d’elle que le désespoir, si proche du bonheur parfois, ne reviendrait pas. Relégué dans l’antichambre de ses désillusions, classé au bureau des sanglots perdus. Sous l’effet de l’alcool, les barreaux invisibles de sa cage s’enfonçaient dans sa chair trop tendre, s’écartaient, se distendaient et se refermaient , tel un morphing halluciné. Une pluie fine commençait à tomber et, de son jeu avec le soleil venait de naître un magnifique arc-enciel.  Elle revint dans la pièce, les yeux levés vers le palier de l’étage. L’homme qui s’était changé descendait les marches sans bruit, un sourire obséquieux posé comme un masque sur sa face lunaire : – Vous n’êtes pas Edith, mon petit, votre place n’est pas dans cette maison, venez, je vais vous raccompagner.

– Mais, non ! Non ! La lettre…

– Quelle lettre ? De quoi parlez-vous ? Edith repose dans le cimetière voisin, voyons, cessez ce jeu, je vous en prie, c’est grotesque !

– C’est impossible ! Je m’appelle Edith Dutilleul et j’ai…

– Il suffit maintenant ! Débarassez-moi le plancher où j’appelle la police !

Edith se tordit la cheville près du bassin vidé qui rendait à la fontaine sa solitude de statue grecque. Au loin, elle entendit des sirènes. Elle courut et disparut à nouveau dans la forêt. Elle ne retournerait pas chez le médecin. Elle attendrait, elle ne voulait plus de ces cachets bleus qui la perdaient chaque jour un peu plus. Où était donc Matthieu ? Sa route était loin d’être finie…

Jean Seberg et Romain Gary…l’amour à mort…

Oui, je sais que je vous rebats les oreilles avec Clair de Femme depuis une semaine et le billet est prévu pour dimanche, lecture commune oblige, donc je ne vais pas encore vous en citer un morceau, je vous citerais d’ailleurs une grande partie du livre… si je m’écoutais. Je crois que j’ai chopé le Delphine’s syndrome ( elle comprendra !).

Mais cette histoire d’amour est tellement belle que j’ai voulu en savoir plus sur celle que Romain Gary a vécue jusqu’à sa mort, avec Jean Seberg, alors qu’ils étaient officiellement divorcés depuis 1970, qu’ils vivaient chacun dans une aile de l’appartement du 108, rue du Bac à Paris, où Gary s’est suicidé le 2 décembre 1980, dix-huit mois environ après son suicide (présumé) à elle.

Ils avaient 24 ans de différence d’âge, elle était née en 1938, lui en 1914 et leur rencontre en 1958 au Consulat de France à Los Angeles fut un coup de foudre. Elle était récemment mariée à un jeune avocat français qui la suivait à Los Angeles sur le tournage d’un film. Romain Gary, alors consul organisa une soirée où le couple fut convié. Leurs regards se croisèrent et ils ne se lâchèrent plus… Pour l’anecdote, en pleine réception, Romain Gary demanda au mari de Jean de lui prêter ses mocassins, oui,  il voulait essayer les mocassins du mari (être un peu à sa place pour l’image), sauf que le mari lui a vraiment prêté ses pompes, que Gary  les lui a rendues, mais il a gardé Jean pour toujours ! Enfin, presque.

Dix ans ans d’amour vont suivre mais en 1968, Jean alors moins courtisée par le 7ème art, s’engage politiquement aux USA, aux côtés de Jane Fonda (entre autres) pour de multiples causes, dont celle pour l’égalité des droits civiques pour les noirs, mais aussi  Cuba, elle arbore des tee-shirt à l’effigie du Che et se met le FBI à dos. Elle prendra un amant, perdra sa fille et Diego le fils qu’elle a eu avec Romain Gary ne la consolera plus jamais. Elle aurait fait sept tentatives de suicide et toujours Romain a été présent, ne l’a abandonnée. Quand ils l’ont retrouvée morte, il a pris la parole en public, accusant le FBI de sa mort, FBI qui s’est excusé… Je ne connais pas suffisamment l’histoire pour vous en dire plus là-dessus. Mais elle était très fragile, névrosée et Gary, tout excentrique qu’il fût n’a jamais supporté les attaques qui la visaient.

Quand lui-même s’est suicidé, il a laissé un mot où il y avait écrit : « Ne cherchez pas ! Rien à voir avec Jean. «  Je sais qu’il avait accordé une interview où il disait qu’il ne serait jamais vieux, qu’il s’arrangerait avec le Monsieur là-haut pour ne pas avoir à vieillir. C’était un homme de parole, il l’a tenue. Mais lui, qui toute sa vie s’est costumé dans des tenues improbables, ce jour là, il s’est déshabillé, ne gardant que son caleçon. Comme s’il avait pu enfin se libérer des masques qu’il avait dû endosser toute sa vie. La mise à nu finale a été son ultime clin d’oeil.

C’est bien lui qui a dit  » L’humour est une affirmation de la dignité, une déclaration de la supériorité de l’homme face à ce qui lui arrive « . Et oui, c’était un homme au grand coeur, certes, un humaniste et un démocrate « jusqu’au-boutiste » mais également un esprit subtil, d’une intelligence bien au-dessus de la moyenne.

Ce petit clip avec Jean Seberg où le texte est hélas, pour certains, en espagnol,  a des accents doux-amers qui ne laissent pas indifférent…et je vous l’avoue, j’ai pleuré…

 

BILAN DE MAI, BILAN DE SANTÉ…

L’heure du bilan lectures a sonné !! Je n’ai jamais l’impression d’avoir lu grand-chose et finalement, cela correspond à mon rythme de croisière !!

Donc pour mai, au menu, il y a eu :

La taille d’un ange de Patrice Juiff : 188 pages ; Mal de pierres de Milena Agus : 153 p. ; La Boîte Noire et autres nouvelles de Tonino Benacquista : 123 p. ; Boule de Suif suivi de Mademoiselle Fifi de Maupassant (prêté et pas noté) : 120 p. environ ?     ; Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattauer : 348 p. ; Bacalao de Nicolas Cano, renvoyé et je n’ai pas noté, 200p environ ? ; Huis Clos de Jean-Paul Sartre : 143 p. suivi par Les Mouches (pas chroniqué) : 98 p. ; Les Mystères de Pompéi de Cristina Rodríguez : 398 p. Et enfin, en dillettante (quand le finirai-je ?) j’en suis péniblement à la page 150 de l’Immortalité de Milan Kundera, je ne le compte pas dans le total…

CE QUI FAIT UN TOTAL imprécis de 1700 pages puisqu’il m’en manque deux avec le nombre exact !! Ca vous étonne ?? 8 livres plus des « entamés » , plus des suites non chroniquées…

Maintenant bilan de santé de mon blog qui aura 3 mois le 12 juin :

Ce matin, mon tableau de bord indiquait 2198 commentaires, 8404 vues et 86 billets, celui-ci étant le 87ème (je m’appliquerai pour le 100ème). Le pic de visiteurs a culminé à 237 vues le 14 mars (jour de l’ouverture !!) et en moyenne j’ai 150 vues par jour, en comptant les jours « up » et ceux plus « down ». Je pense qu’il y a des expertes en statistiques qui viendront me dire si c’est bien ou pas ?? Si je dois continuer ou mettre la clé sous la porte ?? Moi, je m’amuse bien et je remercie encore George et Delphine de m’avoir poussée à ouvrir ce blog !! J’espère continuer à ne pas (trop) vous décevoir ! C’est comme les stats, il y a des jours avec et d’autres….moins… Merci à vous !!

Pour la petite histoire, car c’est le coin de mon tableau de bord que j’aime le plus, ce sont les critères de recherche : Nicolas Cano et Bacalao arrivent en tête depuis 15 jours maintenant, suivis de Pablo Neruda, d’asphodèle en littérature, d’un diamant plus gros que l’hôtel Ritz et ce matin sont apparus  : « les chansons des partisanes qui sont révolutionnaires » et « la liberté que j’ai tant aimé »… Amusant… Je ne vous dis pas tout… Suite le mois prochain…

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