L’insoutenable légèreté de l’être – Le film.



Film revu sur ARTE hier soir, avec la même émotion qu’il y a vingt ans. Ce film (américain) paru en 1988 d’après le roman de Milan Kundera (Gallimard-1984) dure 2h51 minutes et retraduit au mieux les scènes phare du roman.

Ce film qui retrace les évènements du Printemps de Prague et de la main-mise communiste sur la Tchécoslovaquie est avant tout un roman d’amour et de mort. L’accent y est mis, plus que sur la trame politique omniprésente dans le livre.
Thomas, neurochirurgien brillant avant les évènements de 1968, vole d’un amour à l’autre avec la lègereté qui le caractérise. Ah ! Le chapeau melon de Sabina, en a fait fantasmer plus d’un (j’en suis sûre !). Jusqu’au jour où il rencontre Tereza, serveuse qui deviendra photographe, nature, vraie mais incapable de supporter les écarts amoureux de Tomas ou les relations triangulaires. La légèreté des uns est aussi lourde qu’un poids mort pour d’autres. Ils se quittent, se retrouvent dans un Prague qui n’est plus désormais celui de leur bohème. Sabina, s’est enfuie une fois de plus, égale à Thomas en cela qu’elle ne supporte pas le poids des choses ni la tragédie. Elle finira seule, au USA et au final, lourde de souvenirs légers.

Quant à Tereza et Tomas, après une escapade en Suisse, ils reviennent à Prague, Tereza d’abord seule, ne voulant plus de sa vie futile avec Tomas et malgré son amour pour lui ; Tomas la rejoindra, se voyant ainsi lui aussi privé de passeport et ne pourra plus exercer son métier, refusant de signer un document où il s’excuserait d’avoir osé, au temps des événements, s’en prendre au régime communiste. Relégué laveur de vitres, Tereza redevenue serveuse, ils s’enfuiront à la campagne.
Quand le bonheur semble enfin acquis, que l’équilibre entre gravité et légèreté semble flotter sur leur couple, c’est le destin qui les reprend. La mort a double visage dans ce film (et dans le livre) : elle s’est emparée du pays et les héros ici faits de chair et de sang meurent aussi, comme dans la vie, comme si l’aboutissement de la réflexion de Kundera n’avait pu trouver d’autre épilogue…

Daniel Day-Lewis en Tomas, Juliette Binoche en Tereza et Lena Olin en Sabina sont parfaits ! Il m’a même semblé voir Clovis Cornillac en ado pré-pubère dans un bar… et pour finir, un extrait du livre quand même, non ?
 » Ils allaient et venaient, esquissant les figures de la danse au son du piano et du violon ; Tereza avait la tête posée sur son épaule. Comme dans l’avion qui les emportait tous deux à travers la brume. Elle ressentait maintenant le même étrange bonheur, la même étrange tristesse qu’alors. Cette tristesse signifiait : nous sommes à la dernière halte. Ce bonheur signifiait : nous sommes ensemble. La tristesse était la forme, le bonheur, le contenu. Le bonheur emplissait l’espace de la tristesse ». page 393.

19 réflexions au sujet de « L’insoutenable légèreté de l’être – Le film. »

    • Tu as raison !! Moi j’ai fait dans l’ordre et le film est quand même à la hauteur du roman (dans les faits et la nostalgie qui s’en dégage), mais rien ne remplace le livre pour ce qui me concerne !! Beau moment quand même… (si tu veux je peux te le prêter !) 😀

  1. je l’avais vu à sa sortie et je me souviens très bien l’émotion ressentie… je crois même que j’avais lu le livre, mais c’est étrange je n’en suis plus très sûre, peut-être n’ai-je fait que l’envisager, un film qui a marqué ma génération, je crois !

    • Qui a marqué la mienne également ( le coup du chapeau est resté dans la mémoire des mâles !!). Mais comme j’avais adoré le roman 4 ans plus tôt, hier soir, grand moment de nostalgie et pourtant je tombais de sommeil !! 😉 A lire ou relire Dame George !! ;D

    • Tu as loupé ! J’avais peur de m’endormir mais que nenni !! L’émotion jusqu’au bout !! Tu liras le livre avant ?? C’est toujours mieux quelle que soit la qualité du film…. 😉

  2. Oui, c’était Clovis ! accoudé au zinc du bar… Les images du film étaient esthétiques, de vraies photos, quant à l’histoire… du début à la fin, j’avais le ventre noué. Film vu il y a pile 20 ans, livre lu à la suite du film.

    • Je ne me rappelais plus de ce « petit rôle’ et j’ai cru que je rêvais !! Merci de me le confirmer, il n’était pas au pogramme TV et les génériques sont toujours trop petits pour moi !! J’ai lu le livre et vu le film bien avant toi !! Normal je suis plus vieille 😀

    • Je l’avais vu à sa sortie (donc ça date) et je m’étais fait la même réflexion, manquent un peu les mots de Kundera mais l’atmosphère est vraiment la même que dans le livre !!

  3. (et oui, mais hier, soirée danse n°1 de Jen)
    Ah, tu sais (ou pas ?) que ce livre est un livre culte pour moi (premier billet sur Eden d’ailleurs)) et je trouve que le film est (presque) à la hauteur du livre, éblouissant. Bon, je l’ai en DVD (of course !!!) pour celles qui vraiment seraient très malheureuses de l’avoir manqué ! Superbe billet, et des acteurs (et actrices ! ) inoubliables.
    A plus tard

    • Si tu l’as en DVD, c’est encore mieux !! Moi j’ai le livre, jamais loin, dans mon carré V.I.P de la bibliothèque !! C’est vrai que le film est « presque » aussi bien ! J’avais lu ton billet tu penses ! Là, je suis obligée de laisser tomber L’immortalité car j’ai plein de livres voyageurs qui sont arrivés ce matin plus un d’une maison d’édition qui ne va pas tarder, donc manque de temps, je capitule !! 😦 Mais belles lectures en perspective, donc j’ai le sourire qui revient 😀

N'hésitez pas à me laisser un commentaire, il sera toujours bienvenu !

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s