LECTURES COMMUNES…récapépète !

Un petit récapitulatif de certaines lectures communes, dont Les chaussures italiennes de Henning Mankell, prévue pour le 10 septembre 2011 (ouf à un jour près, quel anniversaire…), initialement avec Anne, De poche en poche, puis sont venues (hip hip hip ) s’ajouter Somaja des Mille et une pages de Somaja, Valou des quotidiennes de Valou et nous attendons la réponse de Val bouquine… Si d’autres sont intéressé(es), elle peuvent ou ils peuvent, d’ailleurs, s’incrire chez Anne, ou ici, dans les commentaires de la page réservée à cet effet.

Il reste des places pour Clair de femme de Romain Gary, prévue le 5 juin 2011 avec Martial, notre vagabond des étoiles.

 

Mais aussi pour Les Années d’Annie Ernaux fixée au 20 août avec Anne, Des mots et des notes.

Et d’autres encore que vous pouvez consulter sur la page, Ici lectures communes !

Merci de votre attention !

LA BOITE NOIRE et autres nouvelles de TONINO BENACQUISTA

ATTENTION ! Chronique inhabituelle puisque je vais vous parler de ce recueil sous forme de lettre adressée à l’auteur, dans le cadre du concours organisé par Babélio, j’ai choisi le style décalé de la catégorie San Antonio. C’est parti pour cinq nouvelles qui décoiffent ! (Elles sont tirées du recueil Tout à l’ego).

Tonino, ouvre bien tes esgourdes !

« Que voulez-vous, en ce bas monde, certaines rencontres ne se font jamais ». C’est toi qui le dit. Donc sachant que je ne pourrais pas siroter une vodka-citron dans un rade en ta compagnie, sur un siège moleskiné rouge, j’ai trouvé ce moyen pour te causer un peu de ta Boîte Noire et autres élucubrations. Elle t’en a joué des tours cette boîte noire qui dort sous ta petite tête de goujon à ressorts. T’as vraiment un problème d’ego ratatiné. Une vieille pomme fripée que t’essaies de passer à la brosse à reluire pour pouvoir mieux te supporter ensuite, mais pas moyen. Tu tombes direct sur les pépins qui s’enfilent à la chaîne pour ton pauvre Laurent ou Alain, le reste du temps ils s’appellent tous Alain. On s’en fout, on a compris que les Alain et les Laurent sont un peu beaufs malgré leurs rêves de grandeur butés par le Syndrome de Peter. Par leur vie embourgeoisée trop vite,  encaustiquée à l’ennui. Pourtant tu croyais qu’elle allait t’en apprendre des choses, cette boîte noire, cet inconscient qu’a eu la chance de se faire un  coma accidentel et révélateur. Des petites confidences en délire à l’infirmière qui t’a veillé jour et nuit et qu’a tout consigné. T’as eu du pot mais après quand t’as relu, tes fusibles ont grillé. T’es dev’nu un obsessionnel du passé, tu voulais remonter tout  le mécanisme de la tocante, comme si ça allait te sauver de ton boulot plan-plan de VRP en photocopieuses qui vise le Concours Lépine. T’auras au moins trouvé celui qui t’as fais valser dans le décor et à qui tu dois ce coma. Permets-moi de te dire quand même que nous servir l’excuse de ta mémoire en vrac pour tester l’opium, la coke, le LSD et conclure que l’herbe c’est de la merde, on le savait déjà… Mais bon, ta naïveté m’a fait rigoler.

Dans La volière, ton oncle  casse sa pipe dès que t’arrives, tu vois, juste le temps d’expirer pour te souffler qu’il  veut être enterré près de la volière et ça te cause encore des soucis. Mais tu  rigoles pas avec la dernière volonté d’un mort, surtout ce tonton qui t’a un peu torché quant t’étais môme. Tu te transformes en enquêteur survolté et tu sauras vite que cette volière était un ancien boxon où le tonton avait ses habitudes ou plutôt son habitude qui a duré dix piges. La fille de joie s’est cassée mais le jour où t’es au cimetière tu vas vite comprendre pourquoi il voulait racheter son éternité à cet endroit. Y’a sa belle, refroidie elle aussi qui gît à côté, ça t’émeut, nous aussi et en plus tu vas te découvrir une cousine pas catholique mais à l’époque, y mettait pas de capote, tonton. Jusqu’au bout on croit bien connaître les gens et pfft ! Mon oeil !!

Après quand tu t’envoies ton bourbon, enfin trois, par un Temps de blues, en tête à tête avec un vieux serveur amidonné, on comprend ce qui va pas. Toujours ta petite vie, étriquée où tu ressasses le temps où « tu savais arrêter la pluie » et que tu scotchais les nanas avec ce truc. Parce que quand on veut, on peut, tu nous le prouves. Mais t’en finis plus de brailler comme un môme qu’a perdu son Casimir ou un ado attardé qu’a loupé un épisode d’Ally Mc Beal ! Et pourquoi ? Parce que t’as raté le coche. Tu rêvais de changer le monde (Ni Dieu, ni Maître, ah ah), de ne pas te soumettre, de jamais rentrer dans les petites cases aseptisées de la société. Et t’as dit oui, un peu d’abord et comme un merlu t’as lâché prise, t’as dis oui à tout, « même au temps qui passe ». Tu m’étonnes que ta conscience aie des ratés à l’embrayage, t’es toujours en marche arrière, c’était tellement mieux quand tu savais arrêter la pluie… Mais là où tu fais fort, c’est dans ton Transfert, comment tu nous embrouilles avec Minou, ta petite femme chérie que t’adores malgré « les cinq minutes d’avance prévisibles que t’as toujours eu sur elle », gentille, fidèle et un peu conne excuse-moi du peu. Mais têtue la bourgeoise, quand elle décrète que t’es dépressif (t’es tout le temps dépressif !), elle veut t’envoyer voir un psy. Tu veux pas, bien sûr et hop la ! Comme par magie, une belle rouquine architecte qui s’envoie des verres de jaja le soir pendant qu’elle taffe va te sortir du bromure létal où tu dormais avec ta libido assasinée par l’habitude. Et comment que tu vas y aller à tes séances de remise à bonheur ! Pendant que Minou se grille une clope en bas et t’attend, le fessier ventousé à la voiture, pour être sûre que tu la blouses pas, un oeil mort sur la belle plaque dorée que t’as eu le vice de faire installer…

Mais le pompon, tu l’décroches avec La Pétition ! Alors là, plus de boîte noire, plus d’inconscient régressif qui t’agresse, non, c’est le destin qu’a un dos assez large pour supporter tes petites peurs honteuses, tes lâchetés récurrentes, ta paranoïa névrotique qui transpirent à grosses gouttes dans toutes tes histoires à dormir debout, mais moi j’ai adoré dormir debout avec toi, même pas dormir si tu veux savoir. Parceque ton humour te sauve de ce putain de destin, du hasard dont tu te méfies malgré les signaux balisés fluo qu’il t’envoie, tu fonces dans le mur ! Tu n’ouvres pas ton parapluie, pour l’amour d’une blonde qui s’appelle Marlène en plus (t’aurais dû te douter qu’elle était au-dessus de tes moyens, c’est pas une Ginette comme moi), tu vas voler au-dessus du destin, essayer de le contourner, de l’arrêter mais tu reviendras à la conclusion que « la loi de « l’emmerdement » maximal est la plus inviolable de toutes » ! Tu veux l’immunité tout de suite sans donner de garantie, tu veux en croquer sans payer, mais tu casques et au  prix fort, tu t’y prends comme un pied de chaise bancal et là encore je dirais que les chaises bancales tiennent debout quand toi tu t’écroules sous le poids du Destin. On peut lui coller une Majuscule, il prend toute la place ici. Ton Destin de raté grandiose qui sait écrire du fulgurant quand les vies ordinaires s’enlisent dans la médiocrité. T’as pas interviewé Harisson Ford mais t’a remis de l’ordre dans ta boîte noire. Perso, c’est passé trop vite ce moment avec toi..

Allez, salut Tonino, c’est déjà fini mais je vais continuer à lire tes livres qui me filent des insomnies pleines de grâce !  Amen et à la revoyure, comme on dit chez moi, dans le faubourg !

LE TEMPS DES CERISES – sON HISTOIRE ET MOULOUDJI

 
 

(Cerise sur le gâteau -oui bon facile-, pour les amateurs de Mouloudji vous avez La Complainte de la Butte, Comme un p’tit coquelicot en bonus…)

Le temps des cerises est arrivé, et oui, elles mûrissent à grands pas, les oiseaux sont contents, nous beaucoup moins, il n’y en aura plus dans 15 jours, donc profitons-en et pourquoi pas réécouter cette vieille chanson que j’ai toujours entendu, chantée par ma grand-mère et qui m’énervait à l’époque ; ce n’était pas très rock ! Mais quand j’ai appris son histoire, j’ai appris à l’aimer !

Poème-chanson, écrit(e) en 1866 par Jean-Baptiste Clément. Au départ, il s’agissait d’une « romance » puis, lorsque la guerre de 1870 éclata, l’auteur en aurait changé le dernier paragraphe pour le dédier à Louise Michel (en 1871), alors infirmière de La Commune, avant sa déportation en Nouvelle-Calédonie. « A l’infirmière de la rue de La Fontaine-au-Roi »… Cette chanson est restée comme celle de La Commune, et le Parti Communiste l’a reprise par la suite pour les manifestations. Mais pas que…

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux, du soleil au cœur.
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court le temps des cerises,
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles.
Cerises d’amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendant de corail qu’on cueille en rêvant.

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d’amour,
Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai point sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des peines d’amour !

J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !
Et dame Fortune en m’étant offerte
Ne saurait jamais calmer ma douleur.
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur.

Photo prise le 21.05.2010, à peine mûres et elles sont déjà plus avancées, mais il pleut, donc je ne suis pas descendue dans mon jardin ce matin !! Celle du haut c’était le 23 juin 2010, quand je vous disais qu’il n’y avait plus de saison !!

TAG et TAGADA, à vos marques, prêt….!!

Image qui vient de chez Réjanie, of course !!

Aïe, aïe, ceci est mon premier tag, il vient de chez Réjanie et tenez-vous bien, hormis le fait de recevoir un symbolique Stylish Blogger Award de ses douces mains, Award qui suit bien entendu les joueuses invétérées qui poursuivront le travail, il me faut tagguer sept blogs à mon tour !! C’est très sympa de sa part et je l’en remercie. D’autant qu’il va falloir faire des choix cornéliens… et nous n’aurons peut-être jamais d’Award, c’est le moment ou jamais de se caresser l’ego  dans le sens du poil !!

Je déteste les chaînes moi aussi, mais si celles-ci nous permettent de communiquer au lieu de nous enfermer, je fais ma chochotte pour vous dire que cela me fait plaisir d’harponner à mon tour.

Mais comme l’on n’a rien sans rien ^^ …   voilà, tels les sept péchés capitaux, nous devons répondre à sept impératifs, ah ah ça se corse hein ?? Tant mieux.

1- Remercier la personne qui vous a donné ce prix (ci-dessus)  : c’est fait !!! 

2- Mettre le logo sur votre blog ;

3- Mettre le lien vers la personne qui vous l’a envoyé (ci-dessus) ;

4- Dévoiler 7 choses sur vous … (ci-dessous) ;

5- Nommer 7 blogs qui devront faire comme vous ;

6- Mettre le lien des 7 blogs (cliquer sur les noms) ;

7- Prévenir les personnes concernées ; (ça j’ai fait, et prévenu que celles qui ne répondaient pas acceptaient implicitement) ;

L’heure des révélations a sonné !! Et me voici obligée de vous révéler sept choses que je sais de moi (ou que les autres savent). Pas question de mentir ou d’éluder… ou de mettre quelques faux pour distraire le chaland !! Non, non pas cette fois !

1 – Je suis un BUG (inutile d’en rajouter, tout le monde le sait…).

2 – Je suis parfois trop franche, je dis ce que je pense et pas forcément de la bonne manière et je peux faire de la peine aux autres et je m’en veux car je n’aime pas voir mes ami(e)s pleurer. J’aime consoler.

3 – Je hais l’hypocrisie et les vitrines rutilantes qui cachent des arrières-boutiques crasseuses !!

4 – Je suis une antiquité, un chef-d’oeuvre en péril mais j’attends toujours les subventions pour le ravalement qui s’impose. J’aime la compagnie de mes consoeurs ou confrères antiques, nous avons toujours des choses à nous dire.

5 – Quand je regarde la télé, je joue au poker sur mon portable (gratuit, je précise !) car il faut toujours que je fasse deux choses en même temps, alors il arrive qu’il y ait des accidents de neurones qu’il faut réanimer, je ne me déplace jamais sans ma trousse de secours et ma trinitrine !

6 – Je suis « gourmet » (gourmette ça fait bling !) donc c’est moi qui fais la cuisine pour être sûre de bien manger. Je ne cède ma place qu’à un chef étoilé ou… à un(e) ami(e) généreuse. Et j’aime préparer aux gens leur plat préféré, quand je sais le faire, bien sûr…

7 – j’adorais marcher la nuit dans Paris, depuis que je vis à la campagne, je marche dans ma tête…quand ce n’est pas sur la tête !

Alors, voici maintenant le sept blogs qui devront se plier (ou pas) à ce petit jeu. Parceque j’aime les livres et que celles  ou ceux qui seront taggué(e)s ont un rôle dans ce livre.

POUT L’INCIPIT : George, des livres de George Sand et moi. Parcequ’elle est une de mes marraines, d’abord et qu’elle sait mieux que personne nous présenter les choses d’un oeil bienveillant mais non moins ironique quand c’est nécessaire. Et qu’elle n’a pas la langue dans sa poche ! Et j’aime ça !

POUR LE CHAPITRE I : Delphine de Delphine’s books ans more. Parce qu’elle est ma deuxième marraine, que sa sensiblité et sa culture diverse et variée donnera le la ! En plus, si quelqu’un tombait en route, elle sera toujours là pour le remettre debout. Et j’adore son monsieur de La Baliverne !

POUR LE CHAPITRE II : LiliGalipette des Lectures de Lili. Parcequ’elle est ma « fille spirituelle » et qu’une maman en apprenne de sa fille ça c’est fort ! Son style enlevé amènera une pointe de piment à l’ensemble…Et qu’elle est toujours pleine de petites attentions craquantes!

POUR LE CHAPITRE III : Syl. de Thé, Lectures et Macarons. Parce qu’elle me fait rire aux éclats, qu’elle a un coeur plus gros que son oreille droite et qu’une pointe d’humour est toujours bienvenue. Par ailleurs, je peux lui laisser les clés de la cuisine les yeux fermés…en ayant pris soin bien sûr de planquer les sucreries !!

POUR LE CHAPITRE IV : (là je contourne la règle et vous en met deux pour le prix d’un) Richard de Polar noir et blanc, parcequ’il fallait un homme quand même dans cette liste et que notre québécois préféré nous rebarbouillera le tableau de quelques noirceurs entraperçues lors de ses nuits blanches. Je lui adjoins Aymeline d’Arieste, une toute jeune étudiante consciencieuse qui sera toujours prête à rentrer dans son univers fantastique, univers qu’elle affectionne.

POUR LE CHAPITRE V : Anne, De poche en poche, car que serait un livre sans sa documentaliste préférée et incontournable ? sa curiosité lui permettra de vérifier que les autres ne font pas de « bêtises »…

POUR LA CONCLUSION : Olivia Billington de Désir d’histoires qui me paraît une évidence. Romancière, elle saura nous faire une chute magistrale (ne te fais pas mal en tombant non plus)… parcequ’elle est aussi quelqu’un de formidable dans la vie réelle !

Amusez-vous bien !! Et que celles et ceux que je n’ai pu ajouter me pardonnent, mais sept places, finalement c’est peu !!

DÉSIR D’HISTOIRES 29

Ma participation au jeu hebdomadaire d’Olivia Billington, aussi appelée Livvy et que vous retrouvez  si vous souhaitez connaître les règles. Les quinze mots imposés de la semaine sont : hélicoptère -voleur – maille(s) – sublime – sympathie -pissenlit – ébouriffé – québecois -isolé – manger – chapeau – dromadaire – joie – faim -explosion – lapin.

 

FUGUE ET BÉMOLS

Les épaules lourdes de neige et de fatigue, le Québecois s’engouffra sous un porche, la peur au ventre. La faim aussi. Deux jours de cavale, de cache-cache avec ce qui portait képi lui avaient mangé le visage de barbe drue. En se frottant la joue, il pensa à sa petite princesse qui n’aimait pas quand il « piquait ». Des larmes épaisses, qui refusaient de couler restèrent au bord des cils comme la nausée amère qui soulevait sont ventre vide. Tapi dans l’ombre, son chapeau feutre lui descendant jusqu’aux yeux, il se laissa glisser le long du   mur décrépit par une explosion de graffitis plus ou moins réussis. Un squat ! la providence se mettait-elle enfin de son côté ? Un sourire sans joie lui parcourut l’échine. Pourquoi et comment en était-il arrivé là ? Sa chute, telle une spirale ébouriffée lui remettait les yeux en face des trous. Il fallait qu’il avance encore au lieu de regarder derrière, un souvenir toujours coincé sur l’épaule, avec les yeux de sa blonde qui ne lâchaient pas les siens. Il ne put s’empêcher de jeter un oeil à sa montre, rescapée qui le narguait en lui donnant l’heure de son autre vie. Celle qui l’attendait là-bas, dans une rue animée de Montréal où dormait une femme sublime, la sienne.

En entendant vers le fond,  les rires ébréchés des occupants, il se dit que non, il ne pouvait pas s’éterniser, piège souterrain où il finirait par se disloquer complètement. Et le lieu n’était pas vraiment isolé. Bloqué dans ce Paris qu’il connaissait mal, il rêvait de déambulations nocturnes, de verres avalés sur le coin d’un zinc luisant, à refaire le monde avec ceux de la nuit, perdus dans leurs rêves trop grands d’errants désanchantés. Juste assis là, avec eux, sur un tabouret, regarder, participer ou se taire. Il aimait aussi ce qu’on ne disait pas. Les silences où son violon pinçait toutes les larmes et les rires de la terre. Sa dernière tournée à Prague était une aubaine, lui permettant d’anticiper la vie sur une année sans avoir à se préoccuper de ses finances souvent distendues. Sauf que Prague avait été le début des ennuis.

Au moment ou la troupe allait quitter l’hôtel, le Stradivarius du chef d’orchestre avait disparu et ils avaient dû rester un mois de plus pour répondre aux enquêteurs, avides de boucler l’affaire. Le gouvernement tchèque ne voulant pas s’empêtrer dans un fait divers en passe de devenir un incident diplomatique,  puisque  certains droits élémentaires au Québec ne leur étaient ni garantis, ni assurés en Europe. Il se grilla une dernière cigarette avant d’affronter à nouveau la neige et le froid qui venaient de s’abattre sur la plus belle ville du monde. Qu’il eût pu passer pour un voleur, allait encore, tous étaient suspects mais voila que Diva Calistia, la soprano avait été retrouvée morte le lendemain du vol, dans la chambre miteuse de cet hôtel de seconde zone qui les hébergeaient gratuitement. En y repensant, il frissonna de dégoût  : cette vieille peau lubrique, qu’il eût fallu dater au Carbone 14 pour savoir son âge exact lui jouait encore une mauvaise partition. Un excédé du tympan lui avait tranché la gorge et les cordes vocales pour être sûr de ne plus entendre ses stridulations matinales qui vous vrillaient les nerfs dès potron-minet. On avait hélas retrouvé son ADN sur les draps, lui qui s’était pourtant toujours tenu à distance de cet hélicoptère ambulant dont les pales du dernier lifting tournaient dans le vide et les replis du visage laid et fané. Sans réfléchir plus avant, il avait pris le premier avion pour Paris. Et aggravé son cas, tout en ne sachant pas comment il avait échappé aux mailles du filet tendu à l’aéroport.

Sur le trottoir d’en face un restaurant attira sa sympathie, quand il lut le nom sur une enseigne épileptique à force de clignoter : « Le Dromadaire Ailé » ce qui lui rappella cruellement qu’il avait faim, qu’il avait jeté son portable et qu’il lui fallait joindre absolument sa femme et sa fille. Il entra dans un décor des mille et une nuits en stuc et en toc, aussi désert que le Sahel où était né l’animal. Une jolie femme, vêtue d’une longue robe blanche exotique l’accueillit avec une joie non feinte : « Vous désirez Monsieur ? ». Encore étourdi par ce passage brusque à une température clémente, il murmura, comme s’il se sentait épié, qu’il mangerait bien quelquechose. « Pardon ? » A son regard surpris, il comprit que son accent y était pour quelque chose. Il était habitué et son surnom n’était pas usurpé. « La carte s’il vous plaît ». Il regarda brièvement le maigre menu où fleurissaient des noms inconnus. « Je commencerai par une salade de pissenlits, s’il vous plaît » dit-il dans un soupir désolé.

Richie referma les pages de ce mauvais polar, soulagé de voir sa  fille dans l’encadrement de la porte, le pouce dans la bouche et son petit lapin blanc serré contre elle. « Papa, papa, tu viens manger les crêpes au sirop d’érable ? » dit-elle en lui fourrant son lapin sous le nez. Il s’empara de l’animal, sachant qu’elle allait lui courir derrière pour le lui reprendre, c’était leur jeu préféré et elle était têtue… Il embrassa sa blonde à lui pendant que sa princesse gesticulait et se dit que la vie valait parfois mieux que de mauvais livres… 

MAL DE PIERRES de Milena Agus

Le mal de pierres ne désigne pas seulement les coliques néphrétiques, ces cailloux douloureux qui vrillent les reins, mais un mal indéfinissable et tout aussi minéral qui ronge l’âme de la grand-mère de la narratrice, le mal d’amour ou plutôt de manque d’amour. Et cette grand-mère « différente », est atteinte des deux, l’un servira à excuser l’autre et sa vie de « gentille folle » en sera à jamais marquée.

La narratrice est la petite-fille de cette aïeule transcendée malgré sa folie douce, dont elle retrouve le cahier noir à tranche rouge lors de travaux de rénovation de la maison familiale, cahier jalousement caché dans un mur. Dans ce petit roman de 139 pages, Milena Agus nous brosse à grands traits l’Histoire de la Sardaigne, de l’Italie aussi, de 1943, en passant par les évènements de 1969 à nos jours sans presque jamais nous ennuyer. Au moment où cela aurait pu, elle rebondit comme un chat et nous donne une folle envie de savoir la suite sans qu’on lâche le livre dont la fin nous laisse tout supposer sans certitudes aucunes…

Imaginez dans la Sardaigne des années 40, catholique et pudibonde, une jeune fille de presque 30 ans, incapable de prendre époux à cause de sa différence mais faisant fuir également les fiancés potentiels de ses soeurs cadettes. Elle finira par épouser un veuf, qui la prend comme elle est, pour sa beauté aussi. Elle ne l’aime pas, il le sait et ils dormiront toute leur vie, chacun « à l’autre bout du lit », sans se toucher, (allant même jusqu’à en tomber !), sauf pour des parties « sexe » très hot, même si elles ne sont décrites qu’en une page et quelques lignes, on imagine très bien la vie de ces deux là : elle, s’en voulant de ne pas aimer un homme aussi bon car il l’est et nous éprouvons d’emblée de la sympathie pour Grand-père et lui s’éclatant au bordel la plupart du temps, sauf quand elle « fait » comme les filles qu’il va voir. Le mal de pierres fait aussi qu’elle ne peut concevoir d’enfant, allant de fausses couches en fausses couches.  » C’étaient les femmes normales qui avaient des enfants, les femmes joyeuses, sans vilaines pensées, comme ses voisines de la rue Sulis. Dès qu’ils se rendaient compte qu’ils étaient dans le ventre d’une femme dérangée, les enfants fuyaient, comme tous ses fiancés. »  L’arrivée de la guerre et la démobilisation de ce Grand-père providentiel lui a permis d’échapper à  l’asile pour « calmes » où voulaient la placer ses parents, las de ses tentatives de suicide et autres bizarreries qui jetaient la honte sur cette famille respectable et respectée. On ne rigole pas avec Dieu et les apparences dans ces contrées, on fait venir le prêtre pour exorciser un mal qui ne se soignera pas ainsi, ou on cache ce qui n’entre pas dans le moule. A l’aube des années 1950, Grand-mère, mariée, partira en cure sur le continent pour soigner son mal de pierres et y rencontrera Le Rescapé, homme raffiné et beau malgré une jambe de bois gagnée à la guerre, « aux mains bonnes » dont elle va tomber éperdument amoureuse  et le restera sa vie durant.  » Elle installait toujours sa chaise un peu derrière lui pour qu’il ne la voie pas, charmée, regarder la courbe de son front, (…), sa gorge sans défense, (…) dans sa chemise aux manches retroussées d’une blancheur  immaculée (…), une dignité à en pleurer, dans ce corps offensé mais malgré tout encore inexplicablement fort et beau. »  Le Rescapé est un Gênois exilé à Milan qu’elle ne reverra plus mais qu’elle continuera d’idéaliser. Un mois après son retour, elle tombe  enceinte et garde enfin le garçon (père de la narratrice) dont on ne sait toujours pas s’il est du Rescapé ou de Grand-père… L’auteure nous promène ainsi dans la vie de son aïeule entre imaginaire et réel, reprenant le point de croix des broderies souvent lacérées de Grand-mère, remaillant l’histoire de la famille, car les personnages secondaires sont aussi très importants et elle leur accorde la juste place. La famille estime avoir payé son tribut à Dieu (implicitement) pour deux générations grâce à cette Grand-mère pas comme les autres et si attachante. Dévote mais pas bigote, L’implorant de LUI pardonner de ne pas avoir été assez bonne en retour d’un amour qu’elle pensait ne pas mériter.

Mais la petite-fille, en découvrant l’histoire soixante ans plus tard et une lettre jaunie du Rescapé, est-elle parvenue elle-même à démêler le vrai du faux, l’a-t-elle magnifiée, restituée ou réhabilitée ? A l’image de Cagliari, ville rocailleuse et chantante comme l’eau pure des torrents mais douce et sensuelle comme la plage Del Poette, l’histoire reste en suspens, point d’interrogation vivace pour la narratrice, l’auteure peut-être, et ses lecteurs qui n’en sauront pas plus ! Écrit de janvier 2004 à mai 2006.

J’ai aimé puisque je l’ai lu presque d’une traite, sauf au milieu, à un moment, les descriptions plates, l’écriture linéaire qui sied bien au texte le reste du temps manquent d’épaisseur mais Milena Agus qui a longtemps écrit des nouvelles est restée un peu coincée dans ce format, on sent l’écriture balbutiante parfois. Cependant, elle sait relancer et là, on ne lâche plus. Reste à savoir si sur un roman de 300 pages ou plus comme elle rêve d’en écrire, elle tiendra la distance. A suivre !

SUR L’AUTEURE

Née à Cagliari en Sardaigne en 1959, elle y enseigne, y vit et ne comprend pas pourquoi la célébrité devrait changer les gens. Dans la Postface d’une dizaine de pages écrites après ce livre, en 2007, pour une conférence littéraire à Francfort, elle s’y raconte mieux que dans tout ce que l’on peut trouver d’elle sur le Net. Elle nous dit qu’elle ne se considère pas encore comme un véritable écrivain, que pour  accéder à ce titre il faut avoir écrit au moins cinq ou six romans, elle ne comprend toujours pas pourquoi elle a autant de succès à l’étranger où elle est traduite en cinq langues.  Mais elle est fière de savoir qu’elle a pu faire rire et pleurer les gens (on ne rit pas vraiment dans ce livre plus porté à toucher la corde sensible). Elle nous dit qu’elle aime raconter des histoires entre réalité et imaginaire, donc pour Mal de pierres, on ne sait toujours pas où est la part de réel et où commence l’imaginaire,et ce n’est pas plus mal…mais je ne vous dis pas la toute fin non plus pour celles qui auraient envie de le lire… Il y a encore une lettre jaunie du Rescapé après, allez savoir !!« J’ai découvert que l’écriture (…) rachète le réel, et d’une façon toute particulière. (…) Ce que je raconte est en partie vrai et en partie inventé ».

Sa modestie est touchante, elle refuse les paillettes et déteste les Clubs qui polluent la Sardaigne ; considère que l’argent gagné avec ses livres est comme un cadeau de Noël ! Extrait : « Avant j’écrivais des nouvelles, et maintenant des romans. De plus en plus courts. Car j’ai hâte d’arriver à la fin (nous aussi !!). J’écris comme je mange : j’avale à toute vitesse et puis je regrette que mon assiette soit vide. (…) j’aimerais énormément écrire patiemment un long roman. » On t’attend Milena !

DESCENTE A L’HYPER U !! Et Bilan d’avril au passage…

 

Comme certaines le savent déjà, nous avons tous quelque chose de notre marraine ou de notre parrain !! J’ai la chance d’en avoir trois (la vraie, et deux virtuelles mais non moins réelles : George et Delphine).

Et qu’est-ce que j’ai en commun avec la première citée, George ?? Mes envies boulimiques de livres alors que ma PAL n’attend que mon bon vouloir pour se délester des grammes superflus… Donc comme chaque début de mois, je vais faire un plein de victuailles au supermarché du canton, mais, même si je me suis déjà fait avoir, je ne peux résister à laisser dériver mon caddie vers le rayon livres, pourtant maigrichon… J’y suis allée, déterminée, avec mon carnet à LAL et…pas un Murakami en vue, ce qui était le but initial pour commencer ma participation au challenge de Martial ! Ni Haruki, ni Ryu !! La lettre A? Comme Austen, Atkinson, culmine à 1m95, donc sans escabeau, impossible de savoir ce qui se passe dans les hautes sphères de cette étagère !! Et bien sûr pas de vendeur disponible à cette place !! Je me suis donc rabattue sur ce qui était à ma hauteur, je ne suis pas naine mais pas haute (1m63, ça limite, surtout sans talons !!). Sauf pour les « récents » comme Milena Agus qui elle était au milieu de n’importe quoi..Il y en a au moins trois qui devraient me plaire, un que j’ai déjà presque fini… Mais, bon je vous les présente :  Les Chaussures italiennes de Mankell (vu sur plusieurs blogs dont celui de Sophie57), Le voisin de Tatiana de Rosnay pour savoir comment écrit cette dame, Mal de pierre de Milena Agus (déjà bien entamé et il me plaît), J’étais derrière toi de Nicolas Fargues (vu chez Carmadou comme auteur à suivre) et Boule de Suif, suivi de Mademoiselle Fifi, parce que c’est Maupassant et que j’ai loupé l’adaptation télévisée de mardi dernier et que c’était pas cher (et je n’ai pas à me justifier, là !!). Voilà, mais il va me falloir quand même trouver Un sang d’aquarelle de Sagan et La ballade de l’impossible de Haruki Murakami, je pense que les sites en ligne où j’ai aussi mes habitudes me combleront. Rien ne vaut cependant le plaisir que l’on trouve dans les vraies librairies (la mienne est un peu loin) et même si ce n’est que l’Hyper U et son rayon anorexique et débraillé, j’y prends toujours autant de plaisir…

Maintenant, MON BILAN d’avril : Quelle idée, quand on est aussi organisée que moi !! Je retourne dans mes archives voir ce que j’ai lu !!

Cargo vie de Pascal de Duve : 192 pages, L’Autre fille d’Annie Ernaux, 78 pages, Les grand-mères de Doris Lessing, 95 pages, Le lit défait de Françoise Sagan, 300 pages, Jours Ordinaires d’Yves Simon, 74 pages, La Ferme des musiciens, 30 pages environ (Folio jeunesse), Le Chant Général de Pablo Néruda 210 pages sur 569 (relues), Le monde de Mafalda (BD), 46 pages, L’étrange histoire de Benjamin Button, nouvelle de 56 pages et enfin Les déferlantes de Claudie Gallay, 539 pages, ce qui fait 9 livres (BD, jeunesse inclus) et la moitié du Chant Général relu, soit un total de 1428 pages, si je ne me suis pas trompée. Bof bof !! Je lisais le double avant de tenir ce blog !! Pas de quoi pavaner… En même temps, je ne veux pas lire plus vite et passer à côté de mes lectures.

LA TAILLE D’UN ANGE de Patrice Juiff (Nouvelles)

Oui, deux couvertures pour ce recueil de nouvelles, absolument ébouriffant parce que celle de droite, version Albin-Michel est aussi parlante que celle (en poche) que je viens de terminer. UN COUP DE POING !

Le choix des deux couvertures avec une petite fille en noir et blanc sur fond de banlieue grise et triste est justifié. De même que le début de la quatrième de couverture qui ne ment pas en disant : « Des personnages à la Raymond Carver, solitaires et fragiles, tendres et brutaux. » Ce livre a obtenu le Grand Prix 2008 de la nouvelle de la Société Des Gens de Lettres et Le Prix littéraire des Lycéens et apprentis de la région Paca 2008.

Neuf nouvelles qui ont en commun de faire parler un enfant, un ado, ou un adulte qui est toujours le fils ou la fille de quelqu’un, perdu pour ne pas dire paumé dans la misère sociale qui suinte tout au long des pages. Les anges sont ces voix d’enfants que l’on n’écoute plus, qui se battent pour survivre en tenant une famille à bout de bras. Des anges qui ont peu ou plus de rêves, qui ne refont pas le monde car ils sont refaits d’avance. Mais  le filet d’espoir qui coule dans leurs veines devient un éxutoire au malheur.  Il y a aussi des vieillards magnifiques qui meurent encore d’amour ou tombent amoureux. L’action se passe on ne sait  où en fait, il n’y a aucun cliché sur la banlieue telle qu’on nous la présente trop souvent. Il s’agit de gens ordinaires, vivant dans la propreté d’un pavillon ou d’un immeuble de banlieue. C’est l’homme souvent à l’origine des problèmes, l’homme est un « médiocre congénital ou un salaud ». Le rapport au père est conflictuel ou inexistant, désabusé mais jamais indifférent. Petits et grands passent par des stades de haine, de rejet, de mépris mais également d’amour, l’amour indéfectible qui flirte avec la haine et les sauve  ;  cet amour va se nicher dans les bras de la mère, de la soeur, de la femme,  qui sont magnifiées, même quand elles aussi sont perdues, folles ou  caburant à la bière,  à la vodka, ou à l’héroïne. C’est forcément pas leur faute, elles ont trop souffert, elles souffrent toujours plus et pour les garçons en mal de père elles sont des soleils éclatant de victoire sur les défaites et les ravages du temps. Et nous les aimons pour ça les protagonistes de ces nouvelles qui ne baissent jamais les bras malgré leur vie dézinguée par des adultes brutaux ou inconscients. On a envie de les serrer contre nous et de les consoler, leur dire que oui, les mondes meilleurs existent, loin de leur précarité sentimentale, de la violence qui fait éclater les familles et qu’ils doivent aller au bout de leurs rêves…dans la mesure du possible… Ils ont au moins le choix d’un possible et celui-là, ils s’en emparent vite fait.

Le langage est cru, vert mais se marie à la perfection avec l’ambiance très grise de ces jours bitumés et biturés à l’alcool pour la plupart ; il  n’entache pas le style rythmé, enlevé et imagé de l’auteur, avec des envolées poétiques magistrales et un suspense habilement mené qui nous empêche de lâcher le livre avant la dernière page. Je ne vais pas vous les chroniquer toutes en détail, ce serait les déflorer mais vous laisser une phrase révélatrice de certaines d’entres elles.

LA TAILLE D’UN ANGE: (Une adolescente enceinte d’un violeur dont elle nie les torts mais dont elle veut garder l’enfant)  » J’ai regardé à nouveau la photo. Le trou noir que le bébé faisait dans mon ventre. je me suis souvenue de ce que m’avait dit le type de l’échographie, qu’il ne mesurait que quelques millimètres. Je me suis souvenue aussi de ce que papa avait dit (…). Que ce devait être ça la taille d’un ange. »

MOURIR AUSSI :  (En pensant à son père mort trop tôt)  » Combien je l’aimais. Combien je l’aime encore. Je sens sa main se crisper, serrer la mienne puis se détendre à nouveau. Un leurre sans doute. Une illusion. « 

LE DIMANCHE MATIN : Une qui est terrible !  » Papa nous tabasse tous les dimanches matin. Parce que sans ça on deviendrait des monstres. Il dit que les enfants c’est comme les animaux et qu’il faut les dresser (…). je ne sais pas pourquoi alors il tabasse maman, qui n’est plus une enfant même si elle chiale comme un bébé quand elle prend une raclée. »

 MA MÈRE EST VIVANTE : (Un adulte dont le père vient de mourir et que sa mère remplace un mois après tout en voulant l’aval de ses trois enfants).  » Voilà. Que nous avons le droit de lui refuser notre compréhension (…). Ma mère est vivante. C’est ce qui me traverse la tête à  ce moment là. Un ange passe qui a remplacé la buse de tout à l’heure et qui sanctifie les paroles de ma mère. »

CHIENNE PERDUE : (Un couple bancal a perdu sa chienne à laquelle sa femme, en mal d’enfant s’accrochait.) « J’ai peur de rentrer. Du silence dans la maison. Du vide qui se creuse entre Reine et moi. De son oeil mort. De la vitalité de son désarroi. Ou du mien. (…) J’ai peur de notre maison sans amour. Sans Ostie. Sans le minimum vital qui la rendait vivable. »

UN COEUR EN COMMUN : (Une fille qui a été séparée à la naissance de sa mère « attardée » et placée dans un asile par sa grand-mère,  découvre, à 16 ans, son existence)  » J’étais certaine  qu’il restait quelque chose en elle des huit mois de cohabitation que nous avions passés ensemble. Dans son corps intact de jeune fille mutilée. Ne serait-ce que l’ombre cicatrisée d’un souvenir. Quelque chose qui n’appartient qu’à une mère et à son enfant. Le fantôme d’un souffle. Un coeur en commun. « 

LE PREMIER VRAI SOUVENIR QUE J’AI d’ELLE: (Bouleversante ! Avec une fin qui rebondit dans un dénouement inattendu. L’histoire d’un enfant qui a 14 ans d’écart avec sa soeur junkie qu’il adore) .  » Je n’ai jamais embrassé notre mère. Je n’ai jamais embrassé notre père. Ou je ne m’en souviens pas (…) Je ne me souviens pas de notre père. Finalement.  Mais comment se souvenir de presque rien ? »

SUR L’AUTEUR

Hormis le fait qu’il soit né en 1964, et qu’il habite un petit village de l’Oise, on ne sait pas grand-chose de Patrice Juiff, si ce n’est qu’il est également comédien. Il s’est lancé dans  l’écriture en 2003 avec son premier roman « Frère et soeur », puis « Kathy » en 2006 et « La taille d’un ange » en 2008 .  En tant que comédien il a plus une dizaine  de films à son actif dont Le temps retrouvé de Raul Ruiz, Adolphe de Benoît Jacquot en passant par 2005, Autopsie d’un mirage de R. Abadia. Sans compter toutes les séries télévisées où il a joué.

Ceci est ma deuxième participation au Challenge La Nouvelle de Sabbio et je remercie infiniment Somaja, que vous retrouvez ici pour le prêt de ce recueil qui fut une belle découverte.

Viva la revoluciòn !! – dimanche poésie 7 –

EL DERECHO DE VIVIR EN PAZ (le droit de vivre en paix) de Victor Jara.

Je vous ai présenté Pablo Neruda cette semaine, je ne pouvais pas laisser passer Victor Jara, chanteur, auteur, compositeur et contemporain de Pablo puisqu’il mit en musique et chanta  nombre de ses poèmes et mourut  juste huit jours avant lui mais pas de la même façon…

En effet, lors du putsh militaire du 11 septembre 1973 au Chili, il fut emprisonné et torturé à l’Estadio Chile (qui aujourd’hui porte son nom). Il n’eût pas le temps de finir son dernier poème, le 15 septembre, les militaires l’assasinèrent après lui avoir sectionné les doigts à la hache ! Enterré à la va-vite et dans une semi clandestinité le 18 septembre, il aura fallu attendre le 5 décembre 2009 et l’arrivée au pouvoir de Michelle Bachelet pour qu’il soit inhumé au Cimetière Général de Santiago lors d’une cérémonie (précédée de trois jours d’hommages) rendue aux côtés de sa veuve, de ses deux filles, Amanda et Manuela, entourées d’une foule de 5000 personnes.

Après un parcours dans les rues de Santiago, ses restes furent apportés au Memorial de Detenidos Desaparecidos (Mémorial des Détenus Disparus). Le public présent  reprit certaines de ses chansons les plus connues (Te recuerda Amanda, Piegara a un labrador…) dans un ultime hommage.

Je ne reviendrais pas sur l’Histoire de ce pays comme sur celle de beaucoup d’autres, encore aujourd’hui qui ont connu ou connaissent la barbarie des tyrans. La courte vie de cet auteur de talent parle à elle seule. (Source Wikipédia, abrégé ). Je souhaite un bon 1er mai à tous et à toutes, même si le muguet est déjà fané dans beaucoup de jardins…