Un diamant gros comme le Ritz (nouvelle) de Francis Scott Fitzgerald

Nouvelle de 60 pages ( en bas à gauche, mon pauvre  exemplaire avec Benjamin Button) tiré du recueil éponyme qui en compte 27 (en haut à gauche), écrites entre 1922 et 1937. Un diamant gros comme le Ritz fut écrite en 1922 en France à l’Hôtel Eden Roc sur la « riviera », où il séjournait alors avec son épouse, Zelda.

Scott Fitzgerald nous surprend ici avec une fiction « fantastique » mais où se glissent avec fluidité et flamboyance les passages de sa vie qui l’ont blessés à jamais. Notamment dans son rapport à l’argent, lui, l’adolescent frustré de n’être pas né riche, d’avoir évolué dans un milieu modeste ; son père après avoir fait faillite a fini commis voyageur, jusqu’à ce que sa mère touche l’héritage de sa riche famille irlandaise et l’envoie dans les collèges les plus chics de Saint-Paul, capitale du Minnesota puis à Princeton où son orgueil l’isolera de ses congénères estudiantins et sa constitution chétive l’écartera de ses rêves footballistiques. Il écrira alors des pièces de théâtre et des articles pour le journal de l’Université. Un diamant gros comme le Ritz nous fait passer dans un globe temporel inaccessible où la débauche de richesse est prétexte à démontrer  que même  l’immense fortune ne peut acheter Dieu, qu’elle ne dure qu’un temps et cette vision hédoniste poussée à l’extrême rendra plus cruelle le retour à la réalité.

L’HISTOIRE

John Unger quitte la petite ville de Hadès (Mississipi) où sa famille de la bourgeoisie locale s’est saignée pour l’envoyer dans le meilleur lycée de la côte Est et de l’Amérique : Saint-Midas, près de Boston. Là, il rencontre Percy Washington, un jeune homme beau, élégant et taiseux qui le prend en amitié et l’invite à passer les vacances dans la demeure familiale. Avant leur départ, il l’a prévenu  que son père était plus riche que tous les riches du monde réunis et qu’il possédait  « un diamant plus gros que l’hôtel Ritz-Carlton ». S’ensuit un long voyage en train jusqu’au Montana, puis un parcours mystérieux de nuit en boghei (petit cabriolet décapotable) jusqu’à ce que la route devenue enfin praticable fasse apparaître une Rolls faite de diamants, d’or et autres pierres précieuses. Nous entrons là dans la partie fantastique où le père de Percy Washington (descndant de Washington himself, bien sûr) les accueille dans un château incroyable, tout de marbre extérieur et de cristal, de pierreries, de plumes de paon à l’intérieur où vaquent plus de deux-cent cinquante domestiques « nègres » (descendants des vingt-cinq esclaves amenés par le grand-père) au service de cette étrange famille. Un luxe auquel goûte bien vite John en même temps qu’il découvre l’amour  avec la soeur de Percy, Kismine qui n’est jamais sortie de ce château et pour cause. Tous ceux qui l’ont découvert ont été tués ou emprisonnés dans une cage dorée (vraiment dorée) pour ne pas révéler l’existence de cette fortune bâtie à côté d’une montagne qui n’est qu’un diamant brut (rien que ça !). Oui, mais voilà, il existe les avions,  seule possiblité pour découvrir ce paradis et un professeur d’italien ayant réussi à s’enfuir les fera venir. Le père Washington luttera jusqu’au bout, en exterminant quelques-uns à coups de canons,  mais pas tous. Je ne vous raconte pas la toute fin, simplement ces derniers mots de John qui s’enfuit avec une Kismine ravie de devenir pauvre dans la vraie vie  : « – C’était un rêve dit John tristement. A présent je n’en suis plus si sûr.  Peu importe, passons quelque temps à nous aimer , vous et moi, un an peut-être. C’est une forme d’ivresse divine que nous pouvons tous connaître. Il n’y a de diamants que sur terre, des diamants et peut-être aussi le pauvre pouvoir de la désillusion. Celui-là, je le possède et je n’en fais pas grand-chose.(…) C’est un grand péché que d’avoir inventé la conscience . Perdons la pendant quelques heures. (…) »

MON SENTIMENT

Même dans une petite nouvelle « anodine », Fitzgerald est magistral de talent, qui plus est une nouvelle « fantastique », genre que je ne lui connaissais pas et qui m’a enchantée une heure, une heure bien trop courte. J’ai hâte de lire les 26 autres qui composent le recueil, sachant que dedans j’y trouverais l’écrivain que j’aime tant mais aussi un peu plus de l’homme qui n’a fait que s’inspirer de sa vie pour écrire.

Mon « SOURICEAU »…

Pas pu m’inscrire au R.A.T pour cause de visites familiales dûes aux vacances scolaires, mais ce dimanche, j’ai une plage horaire libre de 14 h jusqu’à 20/21 heures ce soir, aussi je me lance dans la nouvelle « Un diamant gros comme le Ritz » (F.Scott Fitzgerald, pas le livre entier, je me suis encore fait avoir…), je poursuis les dix pages entamées hier soir de « Accordez-moi cette valse » de Zelda Fitzgerald » que m’a offert LiliGalipette et peut-être continuerais-je Les Déferlantes de Claudie Gallay (je bloque à la page 98 depuis 15 jours !!) et… et… on verra… le temps s’est mis à grisonner, parfait pour ce mini-challenge personnel !! Et un bouquet de pivoines et de lilas du jardin, bien sûr, ce blog mérite son titre, ha ha !! C’est parti !!

15 H 15 : Je viens de finir les 58 pages de la nouvelle « Un Diamant Gros Comme Le Ritz » de F.S.Fitzgerald. Excellent !, je m’en vais prendre un petit café, lire après déjeuner c’est s’exposer aux baillements de la digestion… Et je reprends mon Zelda à la 11ème page…

17h30 : ERREUR : Je me suis fait vraiment avoir ! les 117 pages comprennent « L’étrange histoire de Benjamin Button » suivi de « Un diamant gros comme le Ritz »! Bon à 16h30 c’était avalé mais petite interruption (1heure ) de « voisinage-papotage-tea-time » pas prévue, je vais m’y remettre mais pas Zelda qui fait 424 pages et j’aimerais « savourer »… et annoter pour mon billet. Je replonge donc dans mes Déferlantes à la page 98, espérant qu’elles vont me faire enfin décoller !! D’ici 20h,  sait-on jamais ?

20 HEURES : Fin du « souriceau » et bilan approximatif : 117 pages de Fitzgerald (trop court), 148 page des Déferlantes (trop long) et le Tome 5 de Mafalda (BD) ( Le monde de Mafalda) :47 pages + les images, hein ? Ce qui fait à peine 312 pages dans une après-midi « contrariée ». Je ne suis pas sûre, au final que ce principe soit fait pour moi (lire avec un chronomètre) ou alors n’étant pas préparée, je n’avais pas assez de livres « prenants »…

Je me suis amusée quand même…Heureusement que j’ai eu mon tea-time avec ma meilleure amie, finalement !!

DIMANCHE C’EST POESIE – 4

La poésie nous est souvent contée en chansons. Et celle-ci devrait être l’hymne national de tous les pays du monde, mais on n’y est pas… En souhaitant qu’elle vous plaira autant qu’à moi…qui ai la chance de voir ces arbres de ma chambre…et une vision apaisée du monde, ça fait du bien !! Bon dimanche à tous  avec le grand Gilles Vigneault et ses comparses Robert Charlebois et Félix Leclerc !

ENCOURAGEMENTS AUX « RATTEURS »

Il en est actuellement qui, accroché(es) à leur thermos de café, de thé ou de cola (c’est tout j’espère !!) s’abîment les yeux en faisant tourner les pages…avec une passion que je leur envie ! Si, si, ze suis zalouze !! Ne pouvant y participer je voulais les assurer de mon soutien moral et peut-être demain essaierais-je (bien que non-inscrite) de me lancer un challenge personnel, on verra !! En attendant je leur ai trouvé un compte pour enfants, mais que sont-ils (elles) sinon de grands enfants à chercher dans les livres ce que la vie nous raconte ? Bon READ-AU-THON…

Tout spécialement pour Anne (des mots et des notes), qui a choisi Bourriquet pour l’accompagner aujourd’hui, elle trouvera dans cette vidéo, « La comptine du Ane-thon », je préfère le Hanne-thon, mais je respecte son choix…(sourires)…

DÉSIR D’HISTOIRES 25

photo d’un site que vous retrouvez

Voici ma participation au jeu d’Olivia Billington, qui consiste à écrire un texte à parir de mots imposés.  Voici les dix mots pour ce Désir d’histoires 25 : bonjour, poudrer, immobilisation, montagne, bourlinguer, cochon, louanges, périodique, balade, neige. Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait purement fortuite.

DERRIÈRE LA VITRE

Magali entra avec fracas dans le café minuscule de la rue Bouffe-Tard et confuse, alla s’asseoir à une table isolée près de la baie vitrée. Elle posa ses deux sacs plein de livres, tout droit sortis du Salon du même nom dont elle venait de s’échapper, les pieds encore meurtris par le piétinement incessant dans les allées interminables.

– Bonjour Mademoiselle, vous désirez ? Le garçon de café la dévisageait sans gêne aucune et cela acheva ses nerfs tendus comme la corde stridente d’un violon désaccordé . – Un café ! aboya-t-elle. Le serveur rondouillard s’inclina, un sourire narquois sur sa face luisante avant de s’éclipser. Elle attendrait avant d’aller se poudrer le nez, elle ne tenait pas à recroiser ce regard humide de vieux cochon en mal d’amour… Elle pensait à ses amis Georges et William qu’elle avait quittés sans prévenir, profitant d’une séance de dédicaces que Georges attendait depuis la veille. Elle était sûre qu’il ne la chercherait pas avant une bonne heure. Et William, faisant tout comme Georges, elle voulait croire à ce moment de solitude bienvenu. Retrouver ce quartier qui l’enserrait de souvenirs heureux, même la chanson de la pluie qui battait contre la vitre lui parlait encore et toujours de Lucas. Cévenol comme elle, ils avaient grandi ensemble puis étaient montés faire leurs études à Paris, avaient vécu cinq ans  dans ce quartier proche des Facultés avant que l’appel de la montagne ne s’empare à nouveau de Lucas. Une montagne lointaine, inaccessible mais qui convenait à son sujet de thèse.  Il devait revenir six mois plus tard. Un an avait passé et elle n’avait plus de nouvelles. Enfin, si…un soir de décembre au retour d’une balade frileuse, un coup de téléphone  et des mots qui s’éloignaient au fur et à mesure que l’homme parlait : »Un terrible accident…neige trop molle…avalanche, on ne l’a pas encore retrouvé…gardez espoir… » Trois mois de silence venaient de passer, elle s’étourdissait, travaillait d’arrache-pied mais un vide insondable  l’habitait, un vertige qui l’empêchait de se pencher sur son avenir. Elle avait bourlingué entre-temps, rien n’y faisait ou plutôt ne défaisait cette histoire. Son portable vibra. Georges ! « Alors ma belle, mais où es-tu ? Nous te cherchons depuis une heure ! Tu as rencontré quelqu’un?… »  -Pas du tout, je ne suis pas loin, mentit-elle, attendez-moi près de la station de métro, j’arrive…Voui, voui, bisous bisous « .

En se levant, elle paya cher l’heure passée sans remuer un cil,  son immobilisation de statue grecque réveilla quelques raideurs ; elle trébucha et en s’accrochant à la table voisine elle y vit un périodique ouvert à une page où s’élançait une montagne immaculée de neige sous un soleil trop blanc et sous un ciel trop bleu. Elle lut rapidement l’article qui accompagnait la photo et s’écroula lourdement sur la chaise la plus proche. Les mots chahutaient sous ses yeux, c’était une farce : au Népal, la montagne venait de rendre un corps comme la mer capricieuse ramène les marins disparus les jours de tempête. Elle sortit en courant du café, oubliant ses précieux livres, héla un taxi et lança triomphante : « Roissy Charles-de-Gaulle,  s’il vous plaît ».

Elle préférait ne pas penser à ses amis qui allaient devoir l’attendre plus longtemps et ne chanteraient pas ses louanges ce soir… Elle songeait déjà à ce qu’elle allait bien pouvoir  leur dire…

HUMEUR DU JEUDI en chanson…

Les lilas embaument, il fait beau, et réécouter cette  chanson de Jeanne Moreau est toujours un plaisir… Ah ! Le temps du lilas…ça c’est Barbara mais pas moyen de l’importer !! Ainsi va le tourbillon de la vie ! On voit même Françoise Sagan au début sur la droite…

LE LIT DÉFAIT de Françoise Sagan (1977)

OU QUAND LE BONHEUR REJOINT LA PASSION…

 

 

 

 

 

 

Roman écrit en 1977, soit vingt ans après « Dans un mois, dans un an » d’où elle exhume deux personnages secondaires, Edouard Maligrasse et Béatrice Valmont mais en situant l’action cinq ans après leur rupture… Pour notre plus grand bonheur !

Edouard Maligrasse ne croit pas à sa chance quand le hasard le remet en présence de la « belle et violente » Béatrice et surtout s’étonne de l’aimer comme s’il n’avait pas souffert, prêt à endurer à nouveau les tourments que sait distiller la belle : jalousie, infidélité, indifférence affichée et assumée et j’en passe. L’action commence et finit dans une chambre aux draps bleus, aux rideaux bleus, à la moquette bleue, Béatrice dormant, le bras replié sous sa nuque sous l’oeil amoureux d’Edouard.

Il eût été ennuyeux de passer 300 pages dans cette chambre à regarder se prendre et se déprendre ce couple improbable au départ mais qui va gagner en densité au fil du récit. Et c’est mal connaître Sagan qui encore une fois, en profite pour laisser parler Françoise à la fois par la bouche d’Edouard qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau depuis qu’il est devenu un auteur de théâtre reconnu, « théâtre intellectuel » aux prises avec ses doutes quant à son talent en ce domaine et par celle de Béatrice, antipathique, énervante, capricieuse mais intelligente (elle a lu Proust, Paul Valéry et beaucoup de Série Noire) et qui sait se montrer attendrissante quelquefois…entre deux sorties mondaines obligatoires et deux amants facultatifs. Car c’est bien de théâtre dont il s’agit dans ce roman, le théâtre d’auteur,  et celui de  Béatrice, désormais célèbre actrice « de boulevard », deux mondes qui s’opposent mais se rejoignent dans les mêmes codes du snobisme parisien. Les deux « théâtre » en prennent pour leur grade : celui d’auteur où huit cents mondains s’ennuient en se pâmant comme les dix critiques accourus voir la dernière pièce à la mode, incompréhensible mais vitale pour alimenter les dîners en ville.  C’est Béatrice, sortie de rien, qui réhabilitera (un peu) ce théâtre de boulevard boudé de l’intelligentsia par son talent réel qu’elle découvrira,  mêlé à sa « vocation » d’actrice. Et chacun ne veut mélanger sa partie à celle de l’autre, en cela bien résumée par le triste Jolyet que l’on retrouve ici atteint d’un cancer en phase terminale, il fraternisera avec Edouard pour le « protéger » de Béatrice en disant à cette dernière : « Il y a une grande différence, c’est que toi, en jouant, tu cherches à t’oublier. Alors que lui, Edouard, en écrivant, il cherche à se trouver. De plus, toi (…), tu as des échos, des preuves immédiates de ton talent : les silences de la salle et ses bravos, tu as des plaisirs immédiats et physiques, sensuels même, qu’un écrivain n’a jamais. Sauf parfois, à l’aube, quand il a l’impression de découvrir ce qu’il savait déjà, mais c’est un plaisir abstrait et inconnu des autres. »

En se cherchant, le timide et un peu fade Edouard (malgré son charme), cherche aussi à garder Béatrice telle qu’elle est, libre, sensuelle, infidèle et féroce. Un jour, alors qu’elle le trompe une nouvelle fois, voici ce que l’auteure (Béatrice) en pense :  » Car c’était bien la seule circonstance où un homme et une femme se retrouvaient à égalité, puisque soumis à la même délicieuse nécessité : celle de se rejoindre. » Ce jeu du chat et la souris n’est ni blanc ni noir chez Sagan, mais tortueux, douloureux pour celui qui aime toujours plus que l’autre. Alors certes, Béatrice est théâtrale, ne sachant jamais quel « jeu » elle doit adapter à la situation mais la témérité, la persévérance et les ruses  d’Edouard, son amour sincère et gratuit (valeurs qui lui sont totalement inconnues) viendront à bout de sa carapace  surjouée.  Son succès mondial et l’argent qu’il gagnera ne seront peut-être pas tout à fait étrangers à cette reddition…L’amour aussi :  » (…) ; Edouard, abasourdi, chancelant de bonheur, pensa très vite qu’il ne pourrait jamais, au grand jamais, s’habituer à elle, ni par conséquent se déshabituer de l’aimer ».

MON SENTIMENT…

J’ai eu un peu peur au départ, au début de la passion réciproque (si si) des deux amants de m’ennuyer, et très vite, à l’image des bolides qu’elle affectionnait tant, Sagan nous entraîne dans le tourbillon parisien habituel, plus axé sur le monde du théâtre mais très intéressant en faisant même un clin d’oeil à « L’orage immobile », roman qu’elle ne publiera  qu’en 1983 et qui, dans le livre, est une pièce à succès… Enfin, quand les sentiments des deux amants terribles glissent vers le bonheur à deux et non plus à trois comme le concevait aisément Béatrice, ne se privant pas de tromper Edouard sous son nez, on y retrouve la Sagan des « Bleus à l’âme », elle s’épanche par la voix d’un des deux, certes, mais on sait qui nous parle et on aime entendre inlassablement cette petite musique qui décidémment n’arrive pas à rayer bien que le disque ait été mis plusieurs fois sous le vieux saphir… « Comme si la mémoire était, tout autant que l’intelligence, délibérement insoumise aux mouvements du coeur ».

Nota bene : ceci était ma quatrième participation dans le cadre du Challenge Françoise Sagan organisé par George et Delphine.

LES GRAND-MÈRES de Doris Lessing

Ou comment se fait-on avoir au rayon  livres de poche d’un supermarché ???

Vous voyez cette jolie couverture « aguicheuse » avec « Prix Nobel de Littérature 2007″ qui claque comme un gage de qualité ? Doris Lessing, qui plus est, on se dit, allons-y ! Sans prendre la peine de lire la 4ème de couverture… Juste en dessous « Les grand-mères », vous voyez aussi tout comme moi le mot « roman », hein ? Quelle mascarade !! Je ris encore de m’être fait avoir comme une bleue et ça m’apprendra aussi à ne pas mélanger les livres et les salades, quoique…les deux se mélangent allègrement dans ce « roman »… Bon, je vous en parle quand même, maintenant qu’il est lu !!

Tout d’abord,  ces malheureuses 95 pages eussent mérité le titre de nouvelle plutôt que roman ; sous cet angle là, l’impression d’avoir été flouée serait amoindrie. C’est une correcte longue nouvelle et un mauvais petit roman. Cela peut arriver aux meilleurs… Surtout quand la fin et le début ne font qu’un…Oui, j’oubliais, la fin est dite, même développée dès le début, donc la chute  est….bof !

Roz et Lil sont amies depuis l’enfance et quand je dis amies, c’est siamoises, jumelles de coeur. Elles vivent tout pareil dans un paradis bleu où tout n’est que luxe, calme et volupté, passant de leur maison enchantée à la plage juste après la route, sirotant des jus de fruits, se baignant et bronzant dans leur tout petit bikini, insolentes de beauté qui défie le temps (comme dans les meilleurs romans vous dis-je !). Elles vont bien sûr se marier en même temps, faire un fils la même année, réussir dans leurs carrières, oubliant parfois qu’elles sont mariées, ce qui va faire fuir le mari de Roz et fort à propos, celui de Lil décèdera, laissant nos deux inséparables enfin seules avec leurs fistons. Le fils de Roz, Tom et celui de Lil, Ian sont évidemment, comme leurs mères, indissociables depuis l’enfance. Mais voilà que les deux muchachos atteignent l’âge de dix-sept ans, qu’ils sont beaux et blonds à tomber, avec « cette aura poétique » qui les fait ressembler à de « jeunes dieux ». « Il arrive que leur famille ou leurs amis soient intimidés par ces êtres qui ont l’air de visiteurs venus d’une atmosphère plus pure ». (vapeurs…). Tadam !!  L’inconcevable va se produire, les deux fils vont se faire déniaiser par la mère de l’autre avec un naturel déconcertant, et chose toute aussi naturelle, l’aventure de ce quatuor va durer jusqu’à ce qu’ils aient presque trente ans. Là, Roz, la plus énergique décide qu’il est temps de mettre fin à ce jeu, qu’elles vieillissent, qu’elles vont être de plus en plus vieilles et qu’il leur faut fonder une famille, qu’elles soient enfin de vraies grand-mères dignes et respectables !! Enfin, voyons !

Cela se fera, dans la douleur car les bambins sont très amoureux (les mamans aussi), ils se marieront et procrééront par nécessité et pour oublier l’impossibilité de leur premier amour mais pas l’objet de cet amour, à jamais en eux, indélébile (han, re-vapeurs).

Ah ah ! Mais c’est sans compter sur les deux épouses, pièces rapportées mais soudées, amies de faculté qui décident un jour de monter leur affaire à elles deux, comme pour se démarquer de ce clan où elles se sentent un peu exclues malgré tout, bien qu’ayant accouché d’une fille, l’une après l’autre. Petites-filles dont les grand-mères s’occupent volontiers tout en continuant leurs activités professionnelles respectives. Mais voilà qu’un jour Mary, la femme de Tom et bru de Roz tombe sur un paquet de lettres que Lil et Tom se sont écrites durant des années. Patatras ! Le beau rêve de ressembler aux belles-mères tourne au cauchemar écoeurant pour ces jeunes femmes trop bien élevées.  Elles s’enfuient loin de ces deux « monstres » à jamais, leurs filles sous le bras ! Et c’est fini !! Vous attendiez plus ? Moi aussi, mais bon, je vous avais prévenu, c’est une nouvelle, pas un roman et les nouvelles peuvent se permettre de finir en queue de poisson…pas ce qui est vendu comme un « roman ».

Livre écrit en 20o3, quand on sait que Doris Lessing est née en 1919, elle avait donc 84 ans. Qu’elle ait voulu bousculer, comme elle a su le faire dans ses oeuvres précédentes, les codes de la morale bien-pensante, en voulant parler de la différence d’âge dans le couple, différence que l’on accepte chez l’homme et qui  pour la femme, on a inventé le nom charmant de « cougar » soit, que l’amitié fusionnelle à la limite de l’amour homosexuel chez les deux héroïnes soit légèrement abordé et bien que le mot ne soit jamais prononcé, peut-être l’inceste, encore soit, mais qu’elle nous offre cette bleuette pour adolescentes enfiévrées, non !! Pas Doris Lessing ! L’idée était bien trouvée mais aurait dû figurer dans un recueil de nouvelles. Vous l’aurez compris, ces Grand-mères ne me laisseront pas un souvenir impérissable et ne me feront pas réfléchir plus avant sur ces formes d’amour qui ne choquent plus grand-monde à notre époque ! Je n’ai même pas envie de vous en dire plus sur Doris Lessing qui pourtant le mérite, ayant un autre livre d’elle dans ma PAL, j’espère revenir vous en parler avec plus d’émotion. Et lui rendre les honneurs qui lui sont dûs.

 

L’AUTRE FILLE de Annie Ernaux

Paru aux Editions NIL, dans la Collection Les Affranchis en 2011. Cette collection est présentée comme cela en incipit : » Quand tout a été dit sans qu’il soit possible de tourner la page, écrire à l’autre devient la seule issue. Mais passer à l’acte est risqué. Ainsi après avoir rédigé  sa « Lettre au père » , Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir. Ecrire une lettre, une seule, c’est s’offrir le point final, s’affranchir d’une vieille histoire. La collections « Les Affranchis  » fait donc cette demande à ses auteurs : « Ecrivez la lettre que vous n’avez jamais écrite ».

Annie Ernaux s’acquitte très bien de cette lettre, parfaitement construite littérairement pendant 78 pages où elle exhume (pour la dernière fois ?) un pan de son existence qui a conditionné une grande partie de sa vie de femme et même, comme elle le dit elle-même, sa vocation d’écrivain : « Je n’écris pas parce que tu es morte. Tu es morte pour que j’écrive, ça fait une grande différence. »

L’HISTOIRE

Yvetôt 1950. Petit village de Normandie où la famille Duchesne passe les     vacances d’été. Annie a 10 ans tout juste et joue autour de sa mère et d’une cliente « plus chic » que les autres en villégiature, rue de l’Ecole et va entendre, par hasard (?) « le récit ». Car il y a un avant et un après le « récit » dans cette lettre où l’auteure décortique ses sentiments de façon psychanalytique. Sa mère, en se tamponnant les yeux, raconte la mort par diphtérie, en 1938 de sa soeur aînée, béatifiée à jamais à l’image du portrait de Sainte-Thérèse de Lisieux qui trône dans la chambre des parents (et où elle dort également). Mais les derniers mots vont tomber comme une pluie acide et brûlante, grêlant à jamais la mémoire de la petite Annie :  » Elle était plus gentille que celle là »… Car personne (ou alors bien plus tard et encore…) ne lui a jamais parlé de cette absente  qui pèse ce que pèse le poids des secrets informulés. Ses parents ne la mentionneront jamais par la suite et à un moment, où le doute s’installe, où elle croit que ses parents savent « qu’elle sait », le secret devient encore plus sournois :« Il se faisait de plus en plus tard pour rompre le silence, le secret était trop vieux (…) Il me semble que je vivais bien avec. » Ce gouffre de non-dits, plus l’impact de la petite phrase assassine du « récit » vont être déterminants dans la poursuite de sa vie. Quand elle s’aperçoit, les années passant, que cette soeur est « indestructible en eux », et qu’il lui faudra toujours vivre en parallèle avec non pas une présence mais une absence, une béance où toutes les suppositions, les projections s’engouffrent et bouleversent son cheminement personnel.

Elle ne cite ses parents que par « lui » ou « elle » dans cette lettre, leur renvoyant par effet boomerang le « celle-là » qu’elle a entendu à dix ans. Elle met volontairement une distance comme un ultime reproche à leur encontre, trop « bigots », trop « peuple », elle qui s’est élevée par le savoir, en faisant de brillantes études sans jamais renier Lillebonne où elles sont nées toutes les deux dans le café-épicerie où elle a grandi (avant Yvetôt), protégée, couvée comme du lait sur le feu. Mais en marquant toujours sa différence, en imposant sa présence de vivante :  » Tu n’as d’existence qu’au travers de ton empreinte sur la mienne. T’écrire, ce n’est rien d’autre que faire le tour de ton absence.  Décrire l’héritage d’absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d’écriture ». Alors oui elle est passée par toute une palette de sentiments contradictoires, ne voulant pas entrer dans la « douleur » de ses parents, douleur qui en l’excluant, l’aurait rendue vaine. Tout ce qu’elle n’était pas, jusqu’à ne pas vouloir être enterrée près d’eux en Normandie. « L’autre fille, c’est moi, celle qui s’est enfuie loin d’eux, ailleurs ».

Il y a des mots terribles dans cette lettre, d’amour, de haine, on ne sait plus trop tant elle-même a eu du mal à se situer dans sa propre histoire. Dans les dernières lignes, ce passage, où encore elle explique : « Peut-être que j’ai voulu m’acquitter d’une dette imaginaire en te donnant à mon tour l’existence que ta mort m’a donnée. Ou bien te faire revivre et remourir pour être quitte de toi, de ton ombre. T’échapper. Lutter contre la longue vie des morts « . Comme une réponse au récit entendu soixante ans plus tôt et qui ne lui était pas destiné…  C’était en octobre 2010.

SUR L’AUTEUR

Annie Ernaux est née à Lillebonne (et non à Yvetôt comme il est dit dans Wikipédia), le 1er septembre 1940,  puis grandira à Yvetôt où ses parents, d’origine modeste et après avoir été ouvriers tiennent un café-épicerie. Elle fera de brillantes études à Rouen, sera institutrice puis professeur certifiée avant d’être agrégée. Elle est à la retraite aujourd’hui. Nous retrouvons ce café-épicerie dans beaucoup de ses romans tous autobiographiques. Parmi eux « La Place », récompensé par le Prix Renaudot en 1984, Les Armoires vides en 1974, La femme gelée, L’évènement et Les années, en 2008 récompensé par le Prix Marguerite Duras, le Prix François Mauriac et le Prix des Lecteurs de Télérama. Plus un nombre d’écrits divers conséquent… (Source Wikipédia, abrégé).

Dimanche Léonard Cohen

 

 

 Avec la douceur revenue mais pas de soleil aujourd’hui, les tulipes s’épanouissent dans mon jardin. Il y fait encore un peu triste et dans ces moments là (ça n’arrange rien c’est clair !), j’aime écouter mon vieux copain Léonard Cohen, sa Suzanne aussi célèbre que son Blue raincoat ou So long Marianne, j’ai préféré ne pas écouter Hallelujah, c’eût été trop pour mon âme sensible !! Aussi, je vous laisse avec Suzanne… Et ce qui est bien avec ce chanteur, c’est son élocution parfaite, je comprends tout !! Ei il a le mérite d’avoir aussi écrit. J’ai d’ailleurs The Favorite Game dans ma PAL, en anglais, je vais demander à Delphine de me le traduire !!

Bon dimanche à tous et à toutes !

CARGO VIE de Pascal de Duve

Pour ne pas oublier ceux que le SIDA a emporté trop tôt et qui, comme cet auteur, décédé à 29 ans, en 1993, n’ont pas eu le temps de terminer une oeuvre ou de réaliser  leurs rêves…

SUR L’AUTEUR

Pascal de Duve est un écrivain belge né à Anvers le 5 février 1964, mort à Paris, à l’âge de 29 ans, le 16 avril 1993, il y a bientôt juste dix-huit ans. Il quitte la Belgique en 1987 pour enseigner la philosophie à Paris, bien que sinologue au départ et diplômé également  en égyptologie. Son premier roman, IZO connaît un succès mondial immédiat. (Source Wikipédia, abrégé).

Son deuxième opus, Cargo Vie paraît en 1993, il l’a écrit du 28 mai 1992 au au 22 juin de la même année, se sachant condamné à court terme et l’intitulera également « Vingt-six jours du crépuscule flamboyant d’un jeune homme passionné ».

SUR LE LIVRE

Petit livre de 116 pages qui se lisent comme un journal de bord, chargé d’émotions, de pudeur et de rage éparpillées en notes  de ce jeune homme intelligent et sensible qui avance vers la mort et nous conte une partie de sa dernière histoire d’amour avec un certain E. à qui va son mépris de l’avoir quitté dès l’annonce de sa maladie, s’adressant à Dieu, aux siens et à lui-même dans ce dernier voyage dans « l’Espace-Temps » qu’il sait privé d’avenir.

Il embarque le 28 mai sur un cargo mixte, un « bananier » à destination des Antilles et retour au Havre. « Ce n’était pas un voyage comme les autres, c’était mon voyage unique, dans l’espace et dans le temps ». Il emmène avec lui la Bible, le Coran et un recueil de nouvelles de Stefan Zweig pour « s’évader ».

Voyage d’apprentissage avec la mort, apprendre à la tutoyer comme il le dit, déverser ses rancoeurs mais aussi dans cette souffrance physique qui l’accompagne chaque jour, rendre à la vie, toute sa beauté. « Je me livre à la mer pour combattre l’amer (…) ».

Et il en est ainsi durant ses confessions, sa brûlure de ne plus vouloir aimer après avoir été la victime de l’amour inconscient et non protégé  : « Je ne serai jamais un « héros » taché de sang. Tout au plus aurais-je eu l’occasion d’exercer mon courage grâce à un sang taché ». Mais aussi en s’adressant à E., ce dernier homme qui l’a quitté en le sachant atteint : »E., sous les gants de ton mutisme honteux, tu as les mains sales ».

Il essaie de se détacher du monde dans ce Cargo encore plein de vie, de turbulences et de marins. Invariablement tout le ramène à la vie et à la foi (on adhère ou pas sur ce chapitre…) où ils sont trois « passagers » seulement, chacun avec leur cheminement. Ce qui le fait se positionner entre la jeunesse et la vieillesse ainsi : « Et puis, il y a moi, jeune et vieux à la fois, synthèse trinitaire parfaite. (…); et jeune je pense l’être par la vie , en moi d’une espérance : celle de vivre de plus en plus intensément  l’épilogue de mon existence. »

Pour conclure sur cet ouvrage émouvant, d’autant qu’écrit aux débuts de la connaissance du VIH, je laisserai la parole à l’auteur en citant cet extrait de la page 96 :  « Sida mon amour. » Comment oser ce cri passionné ?  Si je n’étais que « banalement  » séro-positif, jamais je ne me serais permis ce qui eût été de l’indécence ; jamais je ne me serais arrogé le droit de proférer ce qui eût été une insulte aux personnes atteintes. Mais voilà, je suis à un stade avancé de la maladie, je connais ses souffrances physiques et morales. Et c’est ainsi que la provocation devient espoir . Frères et soeurs d’infortune, ne négligez pas de puiser dans les ressources  qu’offre cette maladie à votre sensibilité. Ouvrez les yeux pour vous émerveiller des grandes choses et surtout des petites, toutes celles dont ceux que la Mort ne courtise pas encore, ceux pour qui la Mort est lointaine et abstraite ne peuvent véritablement jouir comme nous le pouvons. Sidéens de tous les pays, grisons-nous de ce privilège,  pour mieux combattre nos souffrances que je ne veux nullement minimiser. »

Et la dernière phrase est une citation de Nietzsche : » Je t’aime, Ô Eternité ! »

Livre de vie et de mort certes, mais à remettre entre les mains des « très jeunes » qui oublient souvent de se protéger lors de soirées arrosées et pour combattre l’indifférence dans laquelle tend à tomber cette « saloperie » malgré le Sidaction et autres mises en garde, banalisées…

DESIR D’HISTOIRES 24

 Voici ma deuxième participation au jeu d’Olivia Billington (Livvy) avec les mots imposés suivants : shampooing, libellule, théière, silence, soleil, unifier, olive, enthousiasme, excellence, attachement, lion, ville, acide, chantilly, in extremis.  Quinze mots cette semaine , et je vous propose la suite et la fin du texte de la semaine dernière…

LES VALSES ANCIENNES (suite et fin)

Alors que ses pieds renouaient avec la terre ferme, les contours du visage se dessinaient, corolle offerte au soleil imperturbable et complice. Il l’aurait reconnu entre mille ! Hanna, sa muse, son amour inachevé, le versant heureux de son âme lui revenait. Ils avaient tant dansé sur la place du village… Hier  ? Pourquoi avait-il jeté son éphéméride, seul repère qui lui restait dans ce monde désincarné ?

Il s’approcha des arbres à grandes enjambées, apaisé par le calme soudain. Il cueillit une olive au passage et la savoura en fermant les yeux. Une olive ? Etait-ce bien réel ? La couleur des yeux d’Hanna, l’olive verte et juteuse, les symboles se multipliaient. Il chuchota presque : « Hanna, c’est bien toi ? Tends tes mains vers moi, dis-moi que tu vas unifier les deux mondes… » Les feuilles argent de l’oliveraie frémirent et elle apparut enfin, rêve intact encore voilé par le silence immobile de ses lèvres closes. Il fut contre elle en un instant, violemment, tel un lion trop longtemps prisonnier de la cage inhumaine où gisaient ses blessures. Avec un sourire en coin, elle lui reprit la capeline et la remit sur sa longue chevelure rousse qui brûlait de lueurs vénitiennes. Une libellule égarée vint s’y poser, clin d’oeil heureux au désir qui renaissait. Leur long baiser décrocha les étoiles oubliées dans l’absence, rien que pour eux. « Yvo…pourquoi si longtemps…sans toi ? » Il ne put répondre, la serra plus fort contre lui et ils continuèrent à marcher ainsi, au-dessus du temps, en haut de la plaine qui s’assombrissait. Il comprit soudain qu’il avait basculé dans une folie acide et vaine depuis le départ inexpliqué d’Hanna. Le monde n’avait pas changé, lui seul le voyait ainsi à travers le prisme violent de son désespoir crépusculaire.

La nuit tombait sur la Toscane de leur enfance. Du haut du promontoire rocheux, ils virent s’allumer une à une les lumières de la ville voisine, danseuses fragiles de cette réalité encore incertaine…

Soudain, le sifflement de la bouilloire ramena Yvo à la réalité. Il se leva avec enthousiasme, arrachant gaiement la feuille qu’il venait de taper sur sa vieille machine à écrire. Il saisit in extremis la théière brûlante pour s’y réchauffer les mains, fit couler le liquide ambré dans sa tasse culottée par les ans, y ajouta un nuage de chantilly pour le plaisir. Il était temps d’aller prendre un bain, de savourer le shampooing familier aux odeurs de sauge et de lavande mêlées en écoutant la musique d’une valse ancienne…  

Il jeta un dernier regard depuis la baie vitrée et se dit que non, décidémment, il aimait trop ces deux là,  son attachement était  viscéral et il lui faudrait finir leur histoire, il voulait l’excellence. Demain peut-être ? Il avait tout l’été devant lui…