LE CHANT GÉNÉRAL de Pablo Neruda


 

Comment évoquer El Canto General (Chant Général en français) sans parler un minimum de la vie de cet auteur chilien, à la fois poète, diplomate, homme politique et penseur, profondément engagé  à gauche (il sera communiste toute sa vie allant jusqu’à justifier les dérives du stalinisme) et dont les écrits racontent plus de cinquante ans de l’Histoire de son pays mais aussi de l’Amérique latine, de l’Espagne et tant d’autres. Sa biographie très « dense » ne vous sera livrée qu’en « bribes » résumées pour l’occasion, pour ceux et celles qui s’y intéresseraient plus avant, Wikipédia est une bonne source…  

Pablo Neruda (nom de plume) est né, Neftali Ricardo Reyes au Chili en 1904 à Parral (province de Linares) et décédé à Santiago du Chili le 23 septembre 1973, à 69 ans, quelques jours après le coup d’état qui renversa Salvador Allende, le 11 septembre. Sa maison fut saccagée, ses livres brûlés alors même qu’il agonisait à l’hôpital d’un cancer du pancréas. Son inhumation, malgré la protection policière devint une manifestation contre la terreur militaire qui venait de s’installer.

Avant d’être Prix Nobel de Littérature en 1971, il a été consul dès 1927, de Rangoon, en passant par Buenos Aires, Batavia, Calcutta puis à Madrid où il se lie d’amitié avec Federico Garcià Lorca (qui aura une grande influence sur son oeuvre). En 1935,  avec le putsch de Franco et l’assassinat de son ami le 18 juillet, il se fait l’avocat de l’Espagne et se voit révoquer de sa fonction consulaire ; il écrira alors l’Espagne au coeur, publié en 1937 qui fera dire à Jean-Paul Vidal  que son chant « de sombre et solitaire devient solidaire et agissant ». Commence alors pour lui une vie d’exil qui le ramènera d’abord au Chili qu’il fuira, puis en URSS, en Pologne, en Hongrie, en Italie. Mais aussi au Mexique où paraîtra en 1950, son Chant Général, écrit dans la clandestinité et qui sera interdit au Chili. En 1957, il devient président de l’Union des écrivains chiliens tout en soutenant comme il le fera en 1964 la candidature de Salvador Allende. En 1965, il est nommé Doctor honoris causa de l’université d’Oxford. En 1969, le parti communiste le désigne comme candidat à la présidence mais il se désistera pour Salvador Allende. En 1974, son autobiographie, J’avoue que j’ai vécu, paraît à titre posthume et rejoint la vingtaine d’oeuvres de l’écrivain. En voici un extrait :

« Je veux vivre dans un pays où il n’y a pas d’excommuniés.

Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette./ Je veux qu’on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries./ Je veux qu’on n’attende plus jamais personne à la porte d’un hôtel de ville pour l’arrêter, pour l’expulser. /Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie./ Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos. / Je veux que l’immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s’épanouir. »

Le Chant Général commencé en 1938, alors qu’il était en fuite et vivait dans la clandestinité, achevé en 1948, est composé  de quinze parties regroupant 342 poèmes en une épopée lyrique où Neruda nous parle de sa jeunesse, de chroniques historiques sur l’époque pré-colombienne, les conquistadors, de l’Histoire et de ses manipulations, du cri des peuples opprimés par les dictatures, des batailles incessantes autour du pillage des richesses par les « gringos » ;  ces poèmes épiques et « prosaïques » sont  écrits dans un langage abordable même s’il savait que certains, n’ayant pas eu accès à l’école ne pourraient le lire. Ce Chant n’est pas qu’à la gloire du Chili mais à l’Amérique latine toute entière (où il est toujours un écrivain culte), et aux pays d’Europe alors malmenés tels l’Espagne, la Grèce ou l’Italie. Il émane  de ce Chant une sorte de minéralité propre aux paysages de la Patagonie, un souffle puissant qui fait déferler des images à un ryhme de cheval au galop dans une pampa aride et insoumise… Ces rapports entre l’homme et la nature lui donne toute sa force évocatrice et symbolique, en redonnant à l’être humain, l’humanité qu’il est en droit d’exiger . Ainsi le musicien grec Mikis Théodorakis ne s’y est pas trompé, lui qui l’a mis en musique si souvent (dans des chansons souvent reprises par Paco Ibanez) en ralliant les causes qu’il défendaient. Ainsi en entrée, le petit poème de « Comment naissent les drapeaux  » :

« Nos drapeaux sont ainsi pour le moment. /Le peuple les broda avec le fil de sa tendresse, il en cousit le tissu avec sa souffrance. / Il y planta l’étoile avec sa main ardente. / Il  tailla dans une chemise ou dans le ciel/ du bleu pour l’étoile de la patrie. / Le rouge naissait goutte à goutte. »

Et pour finir, une partie du dernier poème de ce livre, intitulé « Je m’arrête ici » :

« Ici prend fin ce livre qui est né / de la colère comme une braise, comme les territoires/ de forêts incendiées, et je désire /que tel un arbre rouge il continue/ à propager sa flamme claire./ Mais dans ses branches tu n’as pas trouvé/ que la colère  : si ses racines/ ont cherché la douleur elles cherchèrent aussi la force,/ et je suis cette force de pierre pensive,/ cette joie de mains rassemblées. / Oui je vais et je viens libre entre les êtres. / je vis parmi les êtres comme l’air. / De la solitude traquée,/ je sors me mêler à la foule des combats,/ libre puisque dans ma main va ta main/ et que nous conquérons des joies qui ne se domptent. (…) Ici s’achève mon Chant Général, / un livre écrit dans la persécution, en chantant sous/ les ailes clandestines de ma patrie. / Aujourd’hui 5 février de l’année/ 1949, au Chili, à « Godomar de Chena ». / J’aurai,/ dans quelques mois, quarante-cinq ans. » 

 

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45 réflexions au sujet de « LE CHANT GÉNÉRAL de Pablo Neruda »

  1. Une des plus belles œuvres de poésie et d’espoir que je connaisse ! J’aime le personnage de Neruda, sa vie, et sa façon de retranscrire tout cela dans sa poésie, et pourtant je m’y retrouve moi, mes peurs, mes espoirs, c’est une merveille !

    • C’était un sacré bonhomme ! J’ai toujours ce livre pas très loin ainsi que Résidence sur la terre. Il y a des poèmes fabuleux sans être mièvres. Beaucoup ne le connaissent pas, c’est dommage…

  2. J’ai été sevrée à Garcia Llorca… Pablo Neruda… L’autre Picasso (celui de Guernica)
    C’est émouvant de lire tout ça c’est un pan de ma jeunesse militante qui refait surface…
    Victor Jara (chanteur, acteur, auteur, guitariste si mes souvenirs sont exact) arrêté le 11 septembre 1973 qui eu les doigts coupés dans le Stage de Santiago le 15 septembre 1973 et qui dans un sursaut de survie se releva et chanta l’hymne de l’unité populaire et repris en choeurs par les milliers de réfugiés…
    de mes amies réfugiées chiliennes qui rêvaient de liberté et avec lesquelles j’ai tant pleuré chaque fois qu’un des leurs disparaissait.
    J’avais 19 ans, j’étais révoltée, mais je pensais que l’on pouvait encore changer le monde, le putsh de Pinochet a sérieusement ébranlé mes convictions
    J’en ai mal rien que de l’écrire. faudra que je fasse un sujet sur Victor Jara, il mérite qu’on ne l’oublie pas

    • Je vois que nous avons les mêmes références !! Garcia Lorca et Paco Ibanez, c’est toute mon adolescence et quand tu fais espagnol 1èere langue, on entre dans toute la littérature ibérique ! J’avais envie d’en parler depuis longtemps vu que je (re)lis souvent des passages à mes heures perdues, et c’est toujours d’actualité !! Du Chili il m’est resté Pablo…

    • Victor Jara est effectivement un magnifique sujet, mais il n’a pas eu les doigts coupés — cette version de sa mort est une fiction inventée par un écrivain, pas plus que « dans un sursaut de survie (il) se releva et chanta l’hymne de l’unité populaire et repris en choeurs par les milliers de réfugiés ». Il est mort torturé et les mains écrasées, dans un stade qui porte aujourd’hui son nom et qui n’est pas le stade national de Santiago ayant servi de prison et de lieu de torture et d’exécution durant les premiers jours de la dictature.

      • Bonjour Désirée et merci de votre passage ainsi que de ce commentaire sur Victor Jara. Personnellement je ne connais pas assez sa vie pour démêler le vrai du faux mais visiblement vous connaissez très bien le sujet…Si Réjanie repasse par là, elle en prendra note, j’en suis certaine, le Chili lui tient à coeur ! Bonne journée et merci ! 🙂

    • Productive moi ? j’ai l’impression de ramer tout le temps !! Et de ne pas lire assez… Là c’est un recueil de poèmes qui me suit depuis le lycée, donc j’y replonge souvent et je voulais parler de cet auteur qui est à l’origine de beaucoup de choses en Amérique latine et au…Chili, loin des clichés touristiques !! Bonsoir Yuko !!^^

  3. Pour nous il n’est pas simplement le nom sur une plaque de rue, de place ou sur le fronton d’une piscine ou d’une MJC 😀
    Après le post, je suis allée à un apéro de départ à la retraite (et oui il y en a ^^), J’ai fait le test dans mon entourage professionnel, la trentaine laborieuse et c’est à peu près le type de réponses que j’ai eu ^^.
    Pour moi ça fait partie de ma vie, pour eux ça ne fait même pas partie de l’histoire :(, ils connaissent Pinochet car il a fait plusieurs fois la une des journaux, mais pas Pablo Néruda 😀
    Bonne nuit

    • Je sais Réjanie, j’en connais qui lisent beaucoup de littérature chilienne contemporaine et ne connaissent pas Neruda. N’est-il plus étudié ? C’est aussi pour ça que je voulais en parler…^^

  4. Bonsoir,
    Je suis également impressionnée par ta productivité et ton éclectisme Asphodèle !
    Pour ceux et celles qui voudraient se sensibiliser à ce grand homme mais qui ne sont pas de grands lecteurs comme semble le dire Réjanie, à conseiller le film le FACTEUR avec un Philippe Noiret magistral; cela donnera peut être envie à certains de passer ensuite à son oeuvre.
    Bonne soirée

    • Merci Elisabeth, ton compliment me touche, je fais ce que je peux !! 😉 Et faire partager des auteurs méconnus, quand on les aime qui plus est n’est pas une contrainte !!^^ Merci pour Le Facteur, je n’ai pas souvenance d’avoir vu ce film, je m’en rappellerai !! 😉 Philippe Noiret en plus !!

  5. Les classiques, ironisait Oscar Wilde, sont des auteurs dont tout le monde parle mais que plus personne ne lit. Nous vous proposons de redécouvrir Pablo Neruda, ses poèmes, ses combats, son époque, sa vie.
    En un mot, nous voulons faire descendre Neruda de son piédestal, afin de vous le rendre plus proche, plus familier, plus vivant.

    En 2004, on fêtait le centenaire de la naissance du poète avec l’activité «Neruda Centenario». Ce blog s’inscrit dans la continuité de celle-ci. Son but est de mieux faire connaître l’œuvre et la vie du poète chilien auprès du public francophone.

    Promenade imaginaire, vous tombez sur une affiche, un livre ou sur le nouvel album de votre groupe favori. Nous vous invitons à faire une promenade analogue, virtuelle, à travers l’œuvre nérudienne. Alors suivez les liens avec un clic de souris…

    Bonne promenade
    http://pablo-neruda-france.blogspot.com/

    • Votre commentaire était dans les « indésirables » !! C’eût été dommage !! Merci pour la visite, je ne manquerais pas d’y faire un tour dès que possible et votre commentaire sur les classiques est plus que pertinent, Oscar Wilde aussi !! Merci de votre passage.

    • Je ne sais plus quoi faire, si je l’approuve, il « saute » comme celui de Somaja (ce matin) qui est loin d’être indésirable !! J’ai beau le relire, « aplliquer » il se remet en insésirable !! Moi et la technique, tu connais le problème !! Dans quel mail apparaît-il ???
      Tu m’inquiètes, je suis plus atteinte que je ne le pensais…

      • mdrrr.
        Lorsque j’ai mis mon 1er com, Je me suis abonnée aux commentaires, et lorsque qq’1 met un com sur cet article, je reçois une info 🙂
        Dans cette info, si la personne qui commente fait « répondre », je vois partiellement le com objet de la réponse, sinon, je vois les 1 eres lignes du billet + le com 🙂
        Pr « Araucaria », j’ai vu le com et ta réponse 😀
        Voili Voilou ce que je « vois » dans le mail

        In response to Araucaria on 02/05/2011 at 22:52:

        Les classiques, ironisait Oscar Wilde, sont des auteurs dont tout le monde parle mais que plus personne ne lit. Nous vous proposons de redécouvrir Pablo Neruda, ses poèmes, ses combats, son époque, sa vie. En un mot, nous voulons faire descendre Neruda de son piédestal, afin de vous le rendre plus proche, plus familier, plus […]

        Votre commentaire était dans les “indésirables” !! C’eût été dommage !! Merci pour la visite, je ne manquerais pas d’y faire un tour dès que possible et votre commentaire sur les classiques est plus que pertinent, Oscar Wilde aussi !! Merci de votre passage.

        • MDDDRRR !! tu veux rire, j’hallucine là !! c’est du hackage !!^^ Je ne vois rien sur mon dashboard moi !! Ni en mail d’ailleurs et j’ai beau m’inscrire à tous les fils de commentaires sur WP, NADA !! et ce, depuis que j’ai mon blog, avant no problem, je reçois juste les derniers articles et encore !! Ceux de George arrivent à 22h30 !! Je vais aller trucider le beau Matt, qu’est jamais là quand on a besoin de lui !!^^

  6. En fait on ne voit pas le commentaire d’Araucaria alors que ceux comme moi et Réjanie 13 nous l’avons bien reçu par mail puisque nous sommes abonnés aux commentaires de cet article. Bizarre bizarre^^ Bonne journée à toi 🙂

    • C’est la totale !! Il se met (après avoir séjourné en « indésirable ») « en attente de relecture » après chaque approbation, je ne sais pas quoi faire !! Et j’en suis d’autant plus désolée qu’il y avait le lien vers le site !! Une experte WordPress, HELP !! Et moi je ne reçois plus rien par mail des blogs WP auxquels je suis abonnée, encore moins le fil des commentaires !! en revanche over-blog et canalblog, je reçois tout !!

  7. Pour ceux qui seraient intéressé par la poésie épique concernant l’Amérique du Sud, je peux proposer mes propres essais, que l’on pourra comparer au Canto General si l’on veut – à mon avantage ou désavantage:

    http://www.claude-fernandez.com/orincas.htm

    Et plus généralement, mon poème épique La Saga de l’Univers » en 28.000 vers depuis le début des Temps jusqu’à la fin des Temps:

    http://www.claude-fernandez.com/saga.htm

    Claude Fernandez

  8. Il me fait frissonner… Il me renvoie en Patagonie, sa terre, mais aussi un peu la mienne, depuis que je l’ai foulée… Il me donne envie de m’exprimer sur elle à mon tour, mais tellement plus faiblement !

  9. Je suis passionné par ce poète , depuis des années,je n »ai eu sur ma main que quelques poèmes ,à cause de l’abscence des recueils dans mon pays depuis plus de quarante ans ! Hélas !

    • Saadi, alors tu dois vivre dans un pays non démocrate ! Je te souhaite de pouvoir TOUT lire un jour sur papier et d’avoir une approche plus complète grâce à Internet ! 😉

      • Je vous remercie Asphodèle .Je suis sensible à Votre présence et Votre intervention verbale ,attendue de moi.Actuellement j’ai le pouvoir de m’octroyer ce que je désire en mode de culture et instruction . Juste pour mes enfants aujourd’hui ,je leur ai parlé du sujet et voudrais bien leur présenter le poème écrit ,sur PC, moi ,je vous cache rien ,Pablo me tiens ,comme Victor , l’artisan des « Misérables » ,des « Contemplations » , des « Voix Intérieures »… J »ai tout lu, avant 1990 !et j’en ai fait lire et comprendre beaucoup de mes disciples dès la seconde moitié des 70 !Pour vous dire .
        Bien alors.
        A Vous .

  10. Pouvez-vous m »aider à trouver un poème qui parle de thème de nourriture : il s’agit d »un poème que j »avais étudier en classe de collège avec mes élèves , il parlait de poisson « la sardine »,que consommaient surtout les familles pauvres.Pablo Neruda (si c’est lui qui a écrit ce poème) a bien réussi la description et la penture de la situation qu’il désirait réaliser .Si ce n’est pas lui , je crois qu’il faut chercher chez Federico Garcia Lorca .
    Aidez-moi à trouver ce poème , par é-mail sur google ou facebook ,j’en ai besoin pour mes enfants .Je vous promets de rester en contact avec vous et de vous rebdre des services , sur n’importe quel thème vous désirez vous en informer. Je suis ancien professeur de la langue et la litterature françaises.Je reste moi aussi à votre service .N’hésitez pas ,La Culture donne l »Honnêteté et La Confiance .Je vous attends .
    Merci
    Saadi
    Kénitra
    Royaume du Maroc

  11. J’ai ine erreur d’orthographe que je vous signale : Pablo me tient , au lieu du « s », c’est par rapidité .Corrigeons ,svp ,comme avant avec quarantaine , que j »avais voulu refaire sur le même tevte mais j’ai eu un second .Désol ». ,

  12. Pablo Neruda, sa vie, c’est son oeuvre. Toujours à défendre les pauvres, les faibles. Quand on lit le chant général, parfois une larme séchappe tant le désespoir est grand de voir la douleur des oprimés. J’espère que cela a changé, mais Pablo n’est plus là pour nous le dire ? oui, j’ai appris par coeur des passages entiers du chant général et quand je vais mal, je les récite.

    • Bonjour et bienvenue Christian, j’ai lu et étudié Pablo Neruda, j’en suis tombée amoureuse à cette époque et depuis ses livres ne me quittent pas, je relis et on ne voit pas les choses de la même façon au fur et mesure des dizaines d’âge que nous prenons mais son langage est si universel qu’à chaque fois j’en sors émue et confortée dans l’idée de ce qu’est un grand homme, a fortiori un grand poète ! 😉

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