POURQUOI J’AIME ECRIRE ?


Après le « Pourquoi j’aime lire ? », où je vous avais confié de façon succinte pourquoi j’aimais lire, il me paraissait normal de vous avouer que j’aimais également écrire . Pourquoi ?

Je vous citerai, en apéritif, cette réflexion de Jules Renard qui en vaut bien une autre : « Ecrire est une façon de parler sans être interrompu »… Mais pas seulement….

Parce qu’écrire est une façon différente de prendre la parole, de s’adresser à autrui ou simplement à soi-même avec des mots qui, en quittant la sphère de l’oral prennent une autre dimension.

Parce qu’écrire c’est poser des mots sur notre pudeur en essayant de la désinhiber.

Parce qu’écrire, c’est être au plus près de nos émotions, de nos sentiments, pouvoir les saisir et les retranscrire pour qu’ils ne meurent pas.

Parce qu’écrire c’est la liberté de pouvoir inventer toujours et encore des histoires informulées, en laissant un droit de parole à notre imaginaire.

Parce qu’écrire c’est comme un souffle qui vient se poser sur nos murmures les plus intimes, les plus secrets en espérant qu’un jour, ils s’envolent et deviennent des soleils pour ceux qui les liront.

Ecrire c’est  savoir qu’un mot peut tout changer mais aussi tout détruire en une fraction de seconde, les mots ne sont pas que des rimes poétiques et fleuries, ils sont parfois chargés de violence comme les fusils des guerriers et il faut y prendre garde…

Les mots sont aussi et tant mieux cette passerelle entre les hommes qui nous permet d’échanger, de rire, d’aimer, d’écouter ou de nous taire.

Parcequ’écrire peut être aussi vital que lire dans une forme de complémentarité indivisible. Mais non obligatoire et systématique…

Et enfin, parcequ’écrire c’est mettre en lumière un rempart contre l’oubli insupportable, l’oubli du temps qui fane, du temps qui efface ces empreintes fragiles que sont les mots, bruissants de souvenirs trop vite enfuis. Alors nous pourrons regarder en face tout en nous retournant, notre mémoire revenue, nos espoirs d’hier et nos illusions déçues ; mais aussi nos rêves réalisés, les soirs d’été dans un jardin et l’amour qui est resté…

Pour tout cela et plus encore…

J’en profite pour confirmer ici à Livvy de Désirs d’histoires ma participation à son « jeu » qui commence le mardi pour finir en texte, le vendredi, chez les participantes et chez Livvy, il va de soi ! Je n’ai pas encore la technique pour importer son logo, mais ce devrait être fait dans la semaine à venir.

36 réflexions au sujet de « POURQUOI J’AIME ECRIRE ? »

  1. Je n’ai pour ma part jusqu’à maintenant jamais ressenti l’envie d’écrire alors que j’ai toujours dévoré les livres (ou alors un journal intime pendant quelques années, mais que d’anneries). Aujourd’hui les choses ont changé, avec ce blog, quelque chose s’est ouvert.

    • J’ai toujours écrit depuis que je sais écrire, beaucoup d’âneries aussi mais, ça devient un besoin à un moment ou un autre, peu importe qu’on soit lu !!^^Et j’espère que ta porte entrebâillée va s’ouvrir en grand !!

  2. Pour nous c’est facile d’écrire, nous ne risquons pas grand chose, nous avons acquis cette liberté, il est essentiel que nous en usions. Là où je reste impressionné c’est dans les dictatures où certains savent que les mots peuvent les envoyer en prison, voir à la mort mais ils ne peuvent s’empêcher de les écrire. Il existe un livre passionnant « l’hirondelle avant l’orage »de Robert Littell qui raconte l’histoire du poète Mandelstam qui n’a pu s’empêcher d’écrire un poème sur les crimes Staline en ayant bien conscience de ce qui l’attendait, mais c’était trop fort il lui fallait écrire ces mots:

    Nous vivons sourds à la terre sous nos pieds
    A dix pas personne ne discerne nos paroles,

    On entend seulement le montagnard du Kremlin,
    Le bourreau et l’assassin des moujiks

    Ses doigts sont gras comme des vers,
    Des mots de plomb tombent de ses lèvres

    Sa moustache de cafard nargue,
    Et la peau de ses bottes luit

    Autour,une cohue de chefs aux cous de poulet,
    Les sous-hommes zélés dont il joue

    Ils hennissent, miaulent, gémissent
    Lui seul tempête et désigne

    Comme des fers à cheval, il forge ses décrets,
    Qu’il jette à la tête, à l’œil, à l’aine,

    Chaque mise à mort est une fête
    Et vaste est l’appétit de l’Ossète.

    Mandelstam est mort au goulag.

    • Magnifique ce Robert Littel que je n’ai pas encore lu… Mais dans le Chant Géneral de Pablo Neruda on retrouve cet esprit où les mots sont des « snippers » face aux dictatures, quitte à conduire à l’exil ou à la mort. petit extrait de Maintenant c’est Cuba :
      « Cuba, mon amour on te lia au chevalet
      on te décapita,
      on écartela tes jambes d’or pâle,
      on écrasa ton sexe de grenade,
      on perça ton corps de couteaux,
      on te désagrégea, on te brûla. (…)
      Ce qui confirme le pouvoir des mots, pouvoir que nous avons la liberté de prendre, ne nous en privons pas !! Merci pour cette rencontre…

  3. Merci pour ces mots si beaux ! Je suis comme Delphine, je n’ai jamais eu le besoin d’écrire (un journal, oui, mais plus maintenant – ou pas pour le moment, qui sait ?). Mais lire, lire, lire, dévorer les mots des autres, déchiffrer sa vie grâce à leurs fictions, à leurs imaginaires : oh oui !!!!

  4. Mon rêve aurait été de savoir écrire comme toi. Malheureusement quand je dois faire un article, les mots ont du mal à se mettre en place pour donner quelque chose de cohérent. Alors je profite des mots des autres en lisant un maximum. Merci pour ce bel article.

    • C’est moi qui te remercie ! Et ne te flagelle pas autant ! Ce que tu fais est déjà très bien pour une « scientifique » qui l’assume ! Il y a des littéraires ou qui s’affichent comme tels qui ne seraient pas capable de le faire…^^Bien écrire, d’accord, c’est bien, mais le faire avec son coeur c’est mieux !!

    • Et ce n’est pas fini, repasse dans une heure, ou demain, j’ai l’intention de partager encore plus avec vous et ton superbe commentaire me fait penser que j’ai raison…^^

  5. pour moi le plaisir de lire et celui d’écrire sont liés. Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours voulu écrire, je me voyais dans une grande maison, enfermée dans une bibliothèque immense, un bureau au centre, moi écrivant… tous les bons clichés, mais cette image me poursuit depuis… Oui écrire, parce que la parole, l’oral ne parvient pas à tout dire, que l’écriture offre la possibilité de réfléchir, de choisir ses mots, de rayer, de recommencer, d’insérer… mais écrire est tellement difficile parfois !

    • Je ne te le fais pas dire ! Tant qu’on « gribouille » pour soi avec ce cliché dans la tête de la grande bibliothèque victorienne, ça va, après ça se corse !! Et le doute est le pire des vers, une fois dans la pomme…

    • Merci beaucoup Olivia, et encore j’ai fait court !! Alors, pour ma participation, je t’envoie un mail pour les détails « techniques » qui me rasent mais à un point, j’ai pu constater que tu te baladais toi avec ces détails !!!^^

  6. « Parce qu’écrire c’est poser des mots sur notre pudeur en essayant de la désinhiber. »

    J’aime ta phrase qui me rappelle que, moi si pudique, je me mettais totalement « nue » lorsque je tentais d’écrire en poésie mon mal-être ou mon amour un peu plus tard…

    Les mots m’ont quittée lorsque le bonheur est arrivé et je ne saurais même plus en coucher quelques uns sur le papier ; c’est étrange… http://mourkaetlechat.wordpress.com/2008/05/29/mots-en-exil/

    Amicalement. Muriel

    • Bonsoir Muriel !
      Merci de ta visite ! je confirme que pour écrire, sans être totalement déprimé non plus ^^, on écrit mieux en état « nostalgique », le bonheur n’est pas si facile à traduire finalement, on le lit mieux sur un visage que dans un livre… 😉

  7. La déclinaison des raisons qui vous motivent à écrire pourrait je pense être partagée par de nombreux auteurs, je pense notammment à cette intimité qui se crée entre l’écrivain et le lecteur, et qui à mon sens est inhérente à la littérature. D’autres raisons semblent plus personnelles, et je trouve votre analyse très intéressante…

    Sébastien

    • Merci ! Et encore, je n’ai fait que survoler le sujet ! En y réfléchissant nos motivations viennent parfois (et aussi) de plus loin encore… il y a également une dualité qui existe : on aime écrire sans pour cela vouloir être lu pendant des années et soudain, on passe de l’autre côté du miroir, écrire c’est s’exposer au regard de l’autre, parfois sans pudeur. Il faut se sentir prêt à ce moment là à affronter ces regards…

  8. Ecrire c’est libérer ses pensées, déposer sur le papier ses émotions, avoir du plaisir à se relire, s’exprimer sans retenues, avec l’espoir infime d’être intéressant pour quelqu’un un jour.
    C’est la meilleure des thérapies pour ce dévoiler, mais il faut oser.

    • Merci Miko et bienvenue ici ! Ce que tu dis est vrai mais pour être lu un jour, il faut déjà oser se faire publier et arrêter de douter sans cesse, ce qui n’est pas évident ! 😉 Et sans émotions un texte est pour moi une rédaction…

    • Mindounet, sèche tes larmes, tu sais écrire, et comme tu peux le constater, au fil des années et des ateliers, avec de la persévérance, on s’améliore !!! Du moins je l’espère, sinon bouh !!! 🙂

  9. Avec mes écrits, j’ai perdu de nombreux amis. Ils pensent qu’écrire est une forme d’arrogance.
    Vouloir dicter ses pensées aux autres. Moraliser le monde autour de soi. Faire le paon.
    Pourquoi écrire un roman comprenant des dizaines de pages, me disent les uns. Une douzaine de pages suffiraient largement pour relater des histoires abracadabrantes dignes de celles des conteurs de la Place de Jamâa El Fna à Marrakech.
    Le roman en soi est du pur charlatanisme prétendent les autres. Des hâbleries à queue leu leu pour ne rien dire. Une perte de temps de l’ouvrir ; l’acheter est en plus une perte d’argent.
    Et pour enfoncer le clou, nombreux sont ceux qui m’apprennent que leur tête est pleine d’histoires à écrire ; et s’il devait se limiter seulement à leur propre autobiographie, ils écriraient des livres et des livres. Mais le temps leur manquait pour écrire. Et puis, le fait d’écrire est une peine inutile car les bibliothèques et les librairies explosent de livres traitant de tous les sujets. À quoi bon ajouter un nouveau livre !
    Mes romans n’ont été lus par aucun de mes amis et je n’ose même plus parler de mes écrits en leur présence.
    Mes romans sont-ils des tombes vides ? Je ne pense pas, car ils renferment une partie de moi, une partie de mon âme. Et souvent, j’y retourne pour converser avec eux et avec moi-même pour faire le bilan de mon parcours littéraire.
    En les écrivant, je me suis instruit et j’ai appris. En les relisant, j’ai pris du plaisir et souvent j’ai pleuré. Ils font dorénavant partie de mon identité.
    Quand je converse avec mes amis sur de nombreux thèmes, j’exprime les idées renfermées dans mes bouquins sans me rendre compte. Je prenais la précaution de ne pas leur dire que ces opinions émanent de mes écrits pour ne pas les choquer et provoquer en eux, le rejet de mes propos.
    http://www.facebook.com/pages/Mohammed-Essaadi/190417324416850

    • Bonjour Essaadi et Bienvenue ici ! Tout ce que tu me dis me peine beaucoup car ne pas pouvoir parler de son activité artistique dans quelque domaine que ce soit pour moi c’est de la censure ou de l’auto-censure et es-tu sûr d’avoir les bons amis ? En général, les vrais te soutiennent et t’encouragent et t’aiment pour ce que tu es dans ton identité d’artiste… Justement, s’il n’y avait pas eu la tradition orale des conteurs de la place Djemâ El Fnâa, nous n’aurions pas eu les livres de Tahar Ben Jelloun ou ceux, dans un autre style d’Amin Maalouf ! Un livre peut être bon ou mauvais mais ce n’est en aucun cas du charlatanisme : eux qui disent cela sont incultes et considèrent encore les écrivains comme des sorciers ou des djouns prêts à leur retourner leur cerveau, quelle tristesse, indeed ! 😦
      Accroche-toi à tes rêves, à tes mots, change d’horizon et d’amis et envoie tes écrits à des professionnels pour savoir ce qu’ils valent : un jour il faut aussi se mesurer au monde, notre prose n’est pas forcément universelle mais qu’importe, elle est l’histoire de notre vie, il en restera une trace et c’est ce qui compte ! Courage ! 😉 Dès que j’ai le temps, je vais voir ta page FB (merci pour le lien)^^…

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